Une minute de silence était gardée après le paseo en mémoire de Joselito "El Gallo" disparu en 1920, le 16 mai date étant déclarée Jour international de la Tauromachie. La plaza de Las Ventas annonçait la seconde corrida de La Quinta de l'actuelle San Isidro, pour les matadors Manuel Jesús "El Cid", Álvaro Lorenzo et le jeune Manuel Diosleguarde qui confirmait son alternative. Ce fut aussi la confirmation du moment compliqué que connaît la ganaderia d'origine Santa Coloma avec des toros décastés, mansos, aux combats médiocres. C'est le toricantano qui eut le seul lot qui permettait de se justifier devant des charges compliquées. Parmi les quatre autres exemplaires, un fut renvoyé au corral - le 2ème - pour faiblesse.
Manuel Diosleguarde reçoit le toro de la confirmation par véroniques et demi-véronique, en avançant aux tercios. La charge est vive. Le toro est peu combatif au cheval lors de deux brèves rencontres. Le jeune Salmantin
confirme des mains de "El Cid" en présence d’Álvaro Lorenzo face à "Vendaval" , portant le numéro 30, né en 10/21 et pesant 542 kg. Brindis au public. En début de faena, la charge est brusque et appuyée à droite. Le torero est débordé par les hachazos sur cette corne. C’est à gauche qu’il lie au centre une série forcée, mais complète, en essayant de baisser la main. Dans la série suivante, il enchaîne une série de naturelles dominatrices en "templant" la charge. Une série à gauche, un ton en dessous de la précédente, annonce que les limites du toro sont atteintes. Pinchazo, puis entière trasera et tendida portée avec conviction. Palmas au toro.
"El Cid" voit son premier de La Quinta renvoyé au corral pour faiblesse. Dommage, il "humiliait" avec classe. Le sobrero de José Manuel Sánchez (encaste Murube-Urquijo) haut sur pattes et cornalón, charge distrait et abanto lors des premiers lances de Manuel Jesús. Sous le fer, le toro combat par coups de tête lors des deux passages. Quite forcé par véroniques d’Álvaro Lorenzo car le bicho vient au pas sans "humilier". Excellente deuxième paire de banderilles de Raúl Caricol qui aurait mérité de saluer. Après la cérémonie de restitution des trastos, "El Cid" débute par tanteo dans lequel le toro confirme son attirance vers les tablas. Les premières séries droitières sont donc données au centre. Le toro se dégonfle à vue d’œil. Le passage gaucher est fade, accompagné d’un desarme. "El Cid" insiste avec professionnalisme sur la corne droite dans un ensemble insignifiant à charge du bicho. Bajonazo. Plusieurs descabellos.
Le second de "El Cid" donne des signes de mansedumbre précoces et rechigne à charger la cape de son matador. Au cheval, le toro fait sonner l'étrier une fois, puis pousse sur les reins lors du second passage. Au tiers des banderilles le toro est désintéressé, tardo et probón. Le sujet est complexe lorsque "El Cid" s’avance muleta en main. Sur la corne droite, le matador tente la noria pour retenir un toro qui veut fuir. Les deux partenaires terminent en terrain de toriles où on doit se rendre à l’évidence que la faena est impossible. Le toro refuse de combattre. Pinchazos et demi-lame déficiente. Sifflets au toro et silence.
Álvaro Lorenzo fait face au 3ème qui obéit dans les véroniques appliquées du matador. La pique se rompt à la base de la puya lors de la première rencontre ce qui explique le triple passage au cheval pour un combat bref et médiocre du toro. Quite de Diosleguarde par tafalleras et media-verónica. Ovation à Iván Garcia pour sa prestation au second tiers. Le matador torée rapidement à droite avec aplomb. La seconde série est fade à l'image de la charge. Le toreo en ligne dans la troisième série ne fait pas l’unanimité. Baisser la main n'est pas une option car le toro est faible. Sur la corne gauche, le Tolédan tâtonne puis revient à droite. Une voix s'élève "vaya morucho!" ce qui est avéré. Épée habile, tendida et trasera. Pitos au toro.
Le second d’Álvaro Lorenzo bondit et lance un derrote dans la cape de son matador. Mal piqué, il se comporte en manso donnant des coups de tête et en restant parallèle au peto. Au second passage, il tourne autour du cheval. Quite engagé de Diosleguarde par chicuelinas et revolera face à une charge ayant tendance à se serrer sur la cible. Après un bref tanteo, le matador prend la droite pour des derechazos à mi-hauteur, donnant la sortie par le haut. À gauche, le bicho est gazapón et relève la tête à mi-passe. Álvaro insiste sur les deux cornes, muleta à hauteur de la charge. Difficile dans ces conditions de connecter avec les tendidos. Épée habile, caída, trasera et tendida.
Manuel Diosleguarde reçoit le dernier exemplaire de La Quinta au centre, où le toro s'est campé, avec une brega de corne à corne qui engage la charge du bicho. Le toro pousse avec verve sous une première pique mal portée. Il tarde à retourner pour une brève seconde ration, trasera, dont il sort suelto. La faena débute par un tanteo qui révèle que le toro "colle" à gauche. De la droite le toricantano lie une série courte qui fait réagir le public. Dans la suivante, il opte pour un toreo fuera de cacho. La tentative à gauche, passe par passe, gère avec aplomb les derrotes. Retour à droite pour une première partie de série en tenant son terrain. Puis le toro raccourcit sa charge et la série se termine en deux temps. Pinchazo hondo. Avis et descabellos. Ovation.
| Manuel Jesús"El Cid": silence aux deux. Álvaro Lorenzo: silence aux deux. Manuel Diosleguarde: saluts; un avis et saluts. Température printanière. Nouvel no-hay-billetes 22.964 spectateurs. |
René Arneodau



