Le lot de Domingo Hernández a déçu tant par sa présentation que par son comportement. Des toros mansos, sans race qui ont tronqué les espoirs du public et des toreros.
Le premier de Domingo Hernández pour Alejandro Talavante est hésitant et tardo. Une fois fixé, il permet au matador une série de véroniques lentes donnée avec les vuelos. La charge est suave. Le toro est inactif lors de la première pique et pousse brièvement à la seconde, sortant seul les deux fois. Le trasteo de muleta débute par des droitières et des trincheras légères alors que la charge est déjà éteinte. Le bicho entre dans les derechazos et tire des derrotes pour retirer la toile. Il s'arrête en fin de première série et s'arrête. A. Talavante insiste à gauche où un désarme le convainc d'abréger. Entière portée avec précaution, trasera, desprendida et tendida. Sifflets au toro et Silence.
Le second de Talavante, acucharado de cornes, passe avec envie, mais aussi avec faiblesse, dans les véroniques. Bien piqué une première fois, le bicho s’emploie. Lors de la seconde pique il donne des coups de têtes sans pousser. Talavante débute par des ayudados électriques terminés par un toreo de main gauche plus "templé". Les derechazos sont mécaniques au rythme que le toro impose. Dans la série de naturelles qui suit, le torero a du mal à trouver les clés de l'énigme et le toro devient tardo. Talavante abandonne. Demi-lame tendida et descabello. Sifflets au toro. Silence.
Andrés Roca Rey affronte un premier toro flaco, lavado de cara, mais aussi montado. L’animalito évite le combat et cherche les tablas. Le Péruvien le fixe essentiellement sur la corne gauche. Ce manso, abanto évite l’épreuve du fer. Entre temps ARR vole quelques véroniques distantes sur le voyage. Le matador qui n’est pas un lidiador, peine à diriger l'action. Finalement, le toro prend une pique en terrain rectifié. Quite de Pablo Aguado par véroniques profitant de la charge ouverte. Brindis TV. La faena débute par un toreo alterné, par le haut et par le bas, jusqu’à une vuelta de campana du toro. Les derechazos sont liés avec mando dans le style maison, c’est à dire tirés en ligne. La seconde série monte de ton, mais se termine avec un desarme. La musique est protestée. Poursuivant, alors que sa muleta est accrochée, ARR opte pour des virevoltes de recours. Dans la seconde naturelle, le toro ne respecte pas le toque por fuera et manque l’emporter. Les naturelles sont fades exécutées sans dominio. Entière trasera, desprendida et tendida. Silence.
Le second de Andrés Roca Rey est maigre et haut sur pattes. Il charge les véroniques avec fébrilité. Mal piqué, le torito fait ce qu’il peut lors des deux piques réglementaires. Quite d’Aguado par delantales et demi-véronique, le tout en douceur. ARR "cite" muleta dans la main droite et réalise des doblones suivis de derechazos depuis une position fuera de cacho postérieurement tirés vers l’intérieur. Les deux séries suivantes sont plus ajustées et font réagir les tendidos. Musique. À gauche, le toro impose le rythme et le torero résiste. Les derechazos suivants dominent la charge en la maintenant à distance sauf dans les remates qui sont serrés. Un nouveau passage à gauche travaille le placement pour provoquer la charge qui s'amenuise. Les derniers muletazos réalisés en "toquant" por fuera, à partir d'une position fuera de cacho, font rugir les tendidos sol. Entière tendida et delantera qui ressort seule. Oreille sur pétition majoritaire.
Le premier de Pablo Aguado offre des charges distraites dont profite le matador pour dessiner des lances avec temple. Le bicho est d’abord épargné au fer, sur ordre. Le deuxième passage est conventionnel. A. Talavante réalise un quite facile par véroniques, le toro passant sans véritable intention. Aguado réplique en compensant le manque d’entrega du toro par des chicuelinas parfaitement coordonnées à la charge. Iván García brille et salue au second tiers. Le début de faena, par le bas, alternant droite et trincherazos est interrompu par une vuelta de campana. La série droitière qui suit conduit le manso à rompre et fuir. Aguado vole quelques naturelles sur le passage en querencia du toro. L’effort est récompensé à droite avec deux série complètes en retenant le fuyard. Pinchazo et entière en place. Pitos au toro et silence.
La corrida se termine par une prestation en demi-teinte de Pablo Aguado, cape en main, pendant laquelle la charge du bicho va a menos. Tête relevée, le toro prend une première pique. Sous la seconde il pousse. Aguado est déjà en place, muleta en main, lorsque se termine le second tiers. Il débute par doblones distants. Les derechazos "cités" de fuera para dentro recueillent des palmas de politesse. Les passes sur cette corne se suivent avec indolence laissant cette fois le public sans réaction. Avec la main gauche le trasteo ne décolle pas. Aguado insiste sur les deux cornes jusqu’à ce qu’il reçoive une forte voltereta. Dans l'émotion résultante, les derechazos suivants reçoivent des olés et la musique démarre tardivement. Le cœur des aficionados est gagné à base de recours plus que de toreo fondamental. Ayudados et kikiriki précèdent deux avis et une entière trasera et tendida. Pétition et vuelta.
René Arneodau

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Inutile de perdre votre temps à me « modérer »; sans doute les veroniques de Morante qui se terminent dans les airs sont-elles plus à votre goût ; quant à sa tauromachie « fuera de cacho » depuis des années, elle ne semble pas gêner ses adorateurs.
Il est évident que ce journaliste était de mauvaise humeur en particulier à l’endroit de Roca Rey auquel il ne fait grâce d’aucun reproche. Écrit avec la puntilla à la main.
Désolant. A fuir !