Juan Pedro Domecq, une fois n’est pas coutume, a proposé un lot qui a tenu debout et a bougé suffisamment pour permettre à Diego Urdiales et à Andrés Roca Rey de développer leur toreo respectif. Toreo précieux, et profond par moments, pour le torero d’Arnedo. Superficiel mais efficace pour le Péruvien. Le Mexicain Bruno Aloi a manqué sa confirmation en laissant une sensation médiocre. Selon la tradition, cette corrida de la Presse compte avec présence du Roi d'Espagne Felipe VI. Après le paseillo, est joué la Marche Royale, hymne national Espagnol.
Le Juan Pedro de la confirmation de Bruno Aloi, corniapretado, ne respecte pas les lances sur la corne gauche mais plane sur la droite. Après avoir trébuché, le bicho entre au cheval sans verve et est piqué en arrière. La seconde pique tout aussi mauvaise est poussée. Quite du Mexicain par tafalleras et revolera dans un minimum de terrain.
Bruno Aloi confirme des mains de Diego Urdiales, en presence d’Andrés Roca Rey, face au toro "Rasqueo" de Juan Pedro Domecq, numéro 49 né le 12/20 et pesant 553 kg. Brindis au Roi Felipe VI. Au centre Brubo Aloi, muleta dans la main gauche, "cite" pour estatuarios, pase del desdén et passe de poitrine. À droite il "cite" de loin et le toro tarde à charger et gratte le sol. Toutefois lorsqu’il charge, le bicho répète dans des derechazos en ligne sans appuyer sur la charge. La série suivante est désordonnée, le promu ne s’imposant jamais. Toujours en position marginale, le Mexicain tire des lignes. Les naturelles ne transmettent rien. Tout est fait depuis un position al hilo avec des passes rectilignes. Pinchazo en prenant le large, suivi d’une épée dans le flanc. Encore plusieurs pinchazos avant une entière concluante avec avis.
Le premier de Diego Urdiales, après avoir bougé dans tous les sens, permet à son matador une longue série de véroniques dominatrices et profondes jusqu'aux medios où la demi-véronique de cartel arrache un dernier ¡olé! Face au cheval, le toro manque de combativité et continue abanto. Un long quite par véroniques d’Urdiales est un peu moins réussi que le passage initial. Andrés Roca Rey réalise un quite par chicuelinas, espaldinas et media verónica. Après le retour des trastos, Urdiales dedie la mort de son toro au Roi. Le tanteo de départ est suivi de trois séries de derechazos en embarquant les charges sur le voyage, avec des trajectoires de fuera para dentro, accrochant la embestida avant que le toro ne termine de se retourner. La charge est vive et fébrile à la fois. Le passage gaucher est, quant à lui, profond car le placement est meilleur et les naturelles sont terminées derrière la hanche. La suite sur cette corne va notablement a menos comme la charge du toro. Espadazo. Oreille sur pétition majoritaire.
Le second d’Urdiales, cornalón, ne traverse pas la cape mais cherche à l’accrocher au passage. Le matador propose une longue série de véroniques dont une et la demie sur la corne droite ressortent notablement du lot. Après une pique sans relief, Urdiales réalise un quite, a más, avec des véroniques profondes de ¡olé!. La seconde pique est brève. Brindis au public. Le long des tablas Diego Urdiales exécute des ayudados en doblones, avec trincherilla de cartel, pase del desprecio et passe de poitrine. Les derechazos, tout en douceur , n’imposent pas de trajectoire au toro qui avance en sautillant. En changeant de terrain, le matador lie deux séries plus exigeantes, grâce aux trajectoires, imparfaites dans le remate. La première tentative à gauche est abandonnée lorsque le torero est mis en difficulté. La suivante est liée avec des naturelles profondes. Les droitières qui suivent vont a menos à l’image de la charge du toro. La faena se termine par un passage accéléré en ayudados debout d’abord, puis genou en terre. Espadazo en décomposant les temps, l’épée étant desprendida effective ne nécessitant de descabello. Avis. Palmas au toro et oreille sur pétition majoritaire.
Andrés Roca Rey affronte un premier Juan Pedro auquel il a du mal à servir des capotazos liés car le bicho offre des charges toutes différentes. Le toro pousse lors de la première pique en carioca et combat par à-coups pour la seconde. Au centre, ARR propose un quite par gaoneras, revolera et brionesa, ensemble délivré avec décision. Brindis au Roi. La faena démarre par estatuarios, pase del desprecio et pase de pecho. Au centre ARR "cite" à droite, à distance, pour des derechazos al hilo et tirés en ligne. Les suivants, avec des trajectoires plus courbes, sont parfois accrochés. À gauche, il "cite" devant, et tire les muletazos loin, en ligne, courant la main. Le bicho met aussi le torero en difficulté, ce que ce dernier résout par molinete. ARR réitère sur cette corne, en terminant les naturelles par le haut sans dominio. La suite à droite est conditionnée par le toro qui devient arrêté. Avis. Espadazo.
Le cinquième est reçu par Andrés Roca Rey en une longue série de véroniques, pieds joints, et larga de recours qui a le mérite de donner au toro l'envie de charger. La pique en carioca voit le toro trébucher en sortie du peto. La seconde pique est formelle. Le quite par véroniques appliquées de A RR, donne l’impression qu'il teste l'animal pour la faena. Bruno Aloi entre également en quite par tapatias et brionesa. Brindis au public. Aux tercios. le Péruvien "cite" à genoux, muleta à droite. Le toro s’arrête. ARR insiste et réalise deux cambios dans le dos qui enflamment les tendidos. Debout, il enchaîne les derechazos al hilo et en ligne. La tanda suivante est plus enroulée. Les naturelles, également exécutées al hilo, sont terminées en courbe. La faena devient un exercice pour déclencher la charge et faire tourner le bicho autour de l’axe du corps y compris la noria. Les derechazos s'accumulent avec division d'opinions. Pinchazo et entière contraria. Oreille sur pétition majoritaire avec division lors de la vuelta.
Bruno Aloi reçoit le sixième Juan Pedro par delantales, véroniques et brega finale parce qu’il ne maîtrise pas les charges. Le toro entre cinq fois eaux piques car lors de quatre d’entre elles, la hampe s'est brisée au contact. Ignacio Martín salue pour ses deux passages aux banderilles. Brindis personnel. La faena d’Aloi débute en tablas par doblones terminés par le haut. Les derechazos suivants, "cités" al hilo, n’ont aucune intensité. En terrain rapproché, le Mexicain poursuit face à une chargemolle du toro. Le passage gaucher n’apporte rien de plus. Une indolence certaine se dégage du matador face à une charge éteinte. Le toreo sans estoque en passant la muleta dans le dos est un recours sans effet. Demi-épée trasera et tendida portée en sautant. Une autre épée contraire et trasera. Avis et silence.
| Diego Urdiales: une oreille; un avis et une oreille. Deuxième Puerta Grande de sa carrière à Madrid pour le torero d'Arnedo. Andrés Roca Rey: un avis et silence; un avis et oreille. Bruno Aloi: un avis et silence: silence. Nouvelle corrida à guichets fermés: 22.964 spectateurs. Chaleur estivale: # 33ºC |
René Arneodau




