Madrid 24/05/2026 - Oreille pour David de Miranda et toros d’Alcurrucén aux comportements variés.

David de Miranda

Alcurrucén a proposé un lot tout en nuance avec des exemplaires bien présentés, d'autres pas,  et avec des comportements irréguliers, les meilleurs ayant de bons moments mais perdant leur entrain en cours de combat.  De Miranda a coupé une oreille pour une prestation qui aurait pu être meilleure.  La terna de toreros, aux conceptions très différentes, et qui étaient attendus, n’a pas justifié les espoirs des aficionados.

Fortes

Le premier Alcurrucén pour Fortes est bas et rondelet.  Il embiste avec réserve dans la cape avec des pauses pensives.  Lors du premier passage en varas il pousse a menos.  La seconde pique est purement formelle.  De Miranda réalise en quite des saltilleras, une gaonera et une revolera.  Le toro n’a cessé de gratter  depuis son entrée en piste.  Brindis au public.  Les doblones et le bref toreo droitier manquent d’intensité.  Les derechazos cités dans l'espace du toro, souffrent d’une imbestida sans final où le toro tire un derrote .  Dans la série suivante Fortes oblige par le bas, parvenant à corriger le derrote antérieur.  À gauche ce qu’il manque en intensité à la charge, Fortes le compense par des naturelles lentes et profondes passant au raz de la taleguilla, muleta légèrement retrasada.  De nouveau, derechazos depuis un placement très exigeant ne transmettent malheureusement pas au public.  Avis.  Pinchazo et épée basse. Descabellos.  Sifflets au toro. Silence.

Le second de Fortes est reçu par des véroniques, lentes et templées, données en gagnant du terrain.  La charge est noble et longue.  Le bicho s’emploie à mi hauteur sous la première puya.  La mise en suerte de Fortes, par tafalleras, est originale. Le toro retourne au cheval de loin et pousse brièvement.   Fortes lance sa faena par doblones et toreo debout.  Les deux séries à droite sont liées et efficaces.  À gauche les naturelles pures, avec des toques subtiles, font monter d’un ton le trasteo, particulièrement dans la première des deux séries.  Le toro ne répète pas toujours.  Le passage droitier suivant est d’un total engagement dans les cites avec pecho, genou en terre.   Malgré la baisse de régime du bicho, Fortes tire une dernière série droitière tout aussi pure dans le concept.  Pinchazo, épée cruzada dans le flanc, pinchazo, avis et autre épée cruzada. Deux descabellos.  Palmas y pitos au toro. Silence.  

David de Miranda

David de Miranda reçoit avec difficulté son premier adversaire, un autre toro gras et spectaculairement armé, cornipaso de la corne droite.  Parfois le toro galope de loin, souvent il s'arrête.  L’épreuve des piques est désordonnée au premier passage.  Au second le bicho sort seul.  Victor Hernández réalise des saltilleras à toro distrait, sortant loin de la suerte, qui charge néanmoins de loin à chaque cite.  De Miranda répond par chicuelinas brusques et larga de remate.  Un autre quite de Hernández (qui a demandé la permission à De Miranda) est réalisé par tafalleras et brionesa. De Miranda, à son tour, répond par gaoneras ajustées mais brouillones.  Brindis au public.  De Miranda cite aux tercios pour estatutarios, donnés un par un d’abord, puis enchainés et terminés par desprecio et pecho de olé !.  Le toro charge avec intensité dans les derechazos liés.  De Miranda reste fuera de cacho dans la serie suivante et paye le prix en étant mis en danger.  Dans la série suivante les passes s’enchaînent sans profondeur, en ligne.  À gauche des toques por fuera et les accrochages de muleta accompagnent les premières naturelles. Les suivantes, données par le bas, sont nettement meilleures.  Une autre série, pieds joints, est moins intense mais depuis une position engagée. Le dernier passage gaucher gère la baisse de rythme du toro par un arrimón, dans les cornes, qui fait son effet.  Les bernadinas sont on ne peut plus serrées.  Entière trasera et caída en couvrant la tête. Pétition majoritaire et oreille que critiqueront les puristes.

Le quinto accepte trois lances de De Miranda puis s'éclipse.  Le matador doit aller chercher le manso au centre et bregar.  L’animal est reticent, mais place la tête dans la cape avec profondeur lorsqu'il charge.  Le toro pousse en discontinu au premier voyage au cheval.  Il se fait prier pour la seconde pique, puis sort seul. Le toro met Hernández en difficulté pour la mise en suerte lorsqu’il  veut entrer en quite. Il réalise finalement des medio faroles et caleserinas.  Victor del Pozo réalise deux poses de banderilles supérieures, fort exposées, pour lesquelles il salue.  Le toro est tardo mais répète une fois qu’il demarre. De Miranda lie des doblones  suivi de droitières dans un même terrain, cités al hilo ou fuera de cacho, mais toujours avec des trajectoires de fuera para dentro.  Le passage a gauche est court et abandonné pour revenir à droite où une série profonde est proposée. Retour à gauche où le toro ne répète plus et le torero doit forcer les toques.   À ce stade c’est un arrimón à droite que réalise le torero, à toro parado.  Les mondéñinas en arrimón complètentla faenaPinchazo et entière avec avis.  Salut avec division. 

Victor Hernández

Le premier de Victor Hernández met le frein à main dans la cape et fuit vers la querencia.  Le toreo de cape se limite à une brega.  Le bicho boite des pattes arrières et ne s’emploie pas sous le fer.  Chicuelinas de Fortes, millimétrées à gauche, terminées par une revolera.  Grande paire de banderilles de Marcos Prieto qui passe inaperçue dans le vacarme de protestation pour la boiterie du toro.  Les estatuarios manquent d’intensités car la charge est affectée.  Les droitières citées al hilo ou fuera de cacho n’ont aucune profondeur.  À gauche le bicho avance au pas ce qui rend les naturelles fades.  Hernández insiste sur les deux cornes et la faena s'enlise dans la fadeur.  Entière trasera et desprendida.  Sifflets au toro. Silence.

Le dernier Alcurrucén charge sans classe dans les véroniques brusques de Hernández.   Le toro sort rapidement et seul de la première puya.  Il pousse sur une corne et donne des coups de tête au second passage.  Yelco Álvarez salut au second tiers.  Brindis au public.  Hernández débute par doblones qui font tituber le toro.  À droite le matador tire des lignes droites, sauf dans l’avant dernier muletazo et lors du pecho qui eux sont en courbe.  Dans la tanda suivante tout est en ligne.  À droite encore, le principe des lignes droites reste le même comme dans le final à gauche.  Lors des naturelles suivantes, le toro n’humilie pas et le torero doit arracher les passes.  Un passage à droite montre que le concept du toreo en ligne est bien ancré chez le torero. Vient un arrimón muleta dans la main gauche.  Quelques naturelles accrochées précèdent une entière trasera, desprendida et tendida.  Deux avis et descabello. Silence.

René Arneodau 

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