a du cycle isidril réunissait pour des novillos de Montealto, reconnu élevage de la sierra madrilène, les jeunes novilleros Tomás Bastos du Portugal, Martín Morilla qui faisait sa présentation à Madrid et Álvaro Serrano qui s'était fait remarquer le 1er mai à Las Ventas. Les novillos ont composé un lot complet tant en préentation qu'en comportement dont chaque exemplaire a proposé des charges permettant faena à différents degrés. Le seul novillero à en profiter fut Àlvaro Serrano avec l'adoubement de Las Ventas. Il le fit avec détermination, engagement et mando. Ceci dit, il covient aussi de mentionner des nuances applicables à ses prestations: premièrement une tendance à terminer ses séries par une passe par le haut pour préparer le remate; ensuite l'entrée a matar à son second, exécutée avec précipitation; enfin la longueur inexplicable au descabello pour obliger le novillo à découvrir la nuque en le blessant exagérément au museau. Ceci étant mentionné. nous confirmons que la différence de prestation avec ses compagnos de cartel fut immense et que le public a souhaité, sans réserver , le triomphe du novillero de Navas del Rey (Madrid)
Tomás Bastos lance le premier tiers du premier novillo en gérant comme il le peut les charges distraites et irrégulières du bicho. Le montealto pousse longuement sous la première pique, puis avec moins d'entrain à la seconde. Iáan Garcia salue sous l’ovation pour sa prestation au second tiers. Bastos transforme rapidement une première série de toreo por bajo et por alto pour gérer le fléchissement de l’opposant. Au centre, il réalise une tanda droitière marquée par un derrote à la poitrine du garçon. Les droitières suivantes ne dominent pas cette charge parfois courte et avec calamocheo. À gauche, deux naturelles avec mando ressortent de la première série. La suivante est peu dominatrice avec la nuance que le novillo termine avec un derrote. Les derechazos qui suivent sont donnés sur le voyage. La suite, gênée par le vent est agrémentée d'un cambio dans le dos afin surprendre le public le plus crédule. Le final brouillon, par ayudados, naturelle et desarme, est de trop. Entière méritoire car la muleta gondolait au vent. Avis. Palmas au toro.
Le second de Tomás Bastos est un animal imposant. Le novillero dessine des véroniques profondes avec quelques accrochages de cape. Le bicho s’emploie sans zèle par deux fois au cheval. Le novillo révèle une charge profonde au second tiers. Brindis au public. Au centre, à genoux, Bastos exécute un cambio dans le dos puis se déplace pour deux autres passes identiques, inappropriées pour un tel animal qui mérite mieux. Debout, à droite. le novillero ne contrôle pas le final des passes. Idem à gauche. Il poursuit sans dominio sur les deux cornes. pegando pases. Plusieurs pinchazos, certains hondos, sont portés sans passer la tête. Avis. Entière en place. Quelques applaudissements au toro. .
Le premier de Martín Morilla est corniabierto. Le novillero est mis sur la défensive à la cape par les charges vives du montealto. Le novillo pousse fort et renverse la cavalerie à la première rencontre eà la pique. Pour la seconde, le novillo part de loin et il est lamentablement piqué, s’employant a menos. Le quite d'Àlvaro Serrano par chicuelinas et demi-véronique est applaudi par le public même s'il faut aussi noter le pas de côté du torero au moment de l’embroque. Brindis au public. Les premiers muletazos, por alto, laissent présager de l'engagement du torero. L'effort est fait à droite mais le résultat artistique est absent en deux séries. À gauche, le placement et les toques sont meilleurs mais cela manque de lié. Au retour à droite, deux passages sont mélangés entre des derechazos dominateurs et d'autres "cités" fuera de cacho. Morilla prolonge alors que la charge du novillo s'est maintenant éteinte. Quelques pases ayudados précèdent un pinchazo et une lame trasera, basse et verticale. Palmas au toro.
Le cinquième est reçu par Martín Morilla par quelques véroniques dans un ensemble superficiel. Le bicho se comporte en manso sous le fer et rompt la vara d’un coup de tête. Dans la rencontre suivante, il pousse sans classe, mais néanmoins avec ferveur. De la troisième rencontre le bicho sort seul confirmant sa qualité de manso. Quite fort réussi d’Álvaro Serrano par medio faroles, caleserinas et media verónica. Muleta en main Morilla débute par des doblones esthétiques. Les derechazos accompagnent la charge sans imposer les trajectoires. À gauche, le novillero expulse la charge d’abord, puis la regarde passer. À ce stade, le novillo est tardo sur la droite. À gauche, il avance sans que le torero ne profite de la noblesse de son embestida. Beaucoup de passes sont dessinées pour un résultat inexistant. Morilla entre a matar sans conviction pour deux pinchazos défectueux et une entière atravesada. Palmas au novillo.
Álvaro Serrano affronte un novillo au trapío de toro et dessine des véroniques engagées, templées, terminées par une superbe demi-véronique de face, pieds joints. Le combat du novillo sous le fer est irrégulier. Le quite de Serrano par véroniques et la demie sont tout aussi réussis que l’entame de cape. Le novillo attaque sans classe la monture qu’il renverse dû à la carence du picador. Les gaoneras de Tomás Bastos au centre, immobiles, sont à mettre à son actif. Serrano répond par delantales pieds joints et une larga, toréée et profonde, après changement de main. Brindis TV au grand-père du torero. Le début de faena est intense sur jambe fléchie, puis debout. La première série droitière est donnée par le bas, avec dominio. La suivante est accidentée. C’est la troisième qui met en évidence la simplicité et la profondeur du toreo de Serrano, avec des trajectoires dominées. À gauche, deux séries entrecoupées donnent des passages d’un grand engagement. Estoconazo. a ley. Oreille avec forte pétition de la seconde.
Lorsque sort le sixième novillo, un exemplaire haut sur pattes, l’intérêt des tendidos est notable pour voir si Serrano confirme sa bonne prestation au 3ème. Les premiers capotazos confirment la vista du jeune torero qui en plus de quelques lances de qualité, solutionne un desarme en réalisant une larga invertida, terminée en farol, pour absorber la charge du bicho et récupérer la cape des deux mains. Bien piqué deux fois par Héctor Vicente, le novillo s’emploie sans briller. Quite sans relief de Bastos par chicuelinas et media veróniva. Jésus Aguado et Ignacio Martín réalisent un second tiers de haute technicité sans être invités à saluer. Brindis au public sous l’ovation. Le torero démarre par ayudados dont certains genou en terre et surtout un trincherazo et un pase del desprecio qui font rugir le public. Dès la première série à droite, il torée avec profondeur. Il répète avec encore plus de d’intensité. La troisième série est moins notable car il use du "manège" sans laisser sortir le novillo de la muleta. Les tandas à gauche sont profondes, en imposant des trajectoires au toro. On note que les séries ont tendance à être courtes, le dernier muletazo étant terminé par le haut pour préparer le remate. Épée en main Serrano exécute des muletazos vers les barrières où ressortent trincherilla et desprecio. Entière trasera et tendida exécutée au pas de course. Avis. La suite dure excessivement en longueur, le torero tardant à descabellar... Lorsque le toro se rend finalement, les tendidos demandent d'une seule voix l'oreille permettant à Àlvaro Serrano de sortir par la Grande Porte.
| Tomás Bastos: silence aux deux. Martín Morilla: silence aux deux. Álvaro Serrano: oreille; deux avis et oreille. 20.371 spectateurs. Soirée fraîche avec pluieet vent calmé au 4ème. |
René Arneodau



