Madrid 2 mai 2026 – Manuel Jesús “El Cid et Javier Cortés signent deux faenas sans conclusión à l’épée. Les toros de El Pilar, bien présentés et de comportements divers.

La corrida du 2 mai malgré un temps incertain avait attiré un grand nombre d’aficionados en prélude à la grande Feria de San Isidro. En ce jour de célébration de la fête de la Communauté Autonome de Madrid les matadors et cuadrillas revêtaient les costumes évoquant ceux de l’époque de Francisco de Goya. Le cartel annonçait deux toreros de Madrid José Ignacio Uceda Leal et Javier Cortés accompagnés du vétéran Manuel Jesús “El Cid” de Salteras (Séville) qui revenait à Madrid après trois ans de semi-retraite. Les toros de El Pilar, de belle présentation, armures imposantes et poids moyen de 555 kg. eurent un comportement bien meilleur qu’en leurs dernières sorties à Las Ventas, avec une bonne note au sixième “Niñito-23”

C’est avec ce toro que Javier Cortés complétait une bonne prestation dans un style personnel qui reçevait l’assentiment des aficionados. Dès les premières véroniques, le toro avait tendance à sortir de la cape comme pour l’éviter. Il avait une bonne charge pour la première pique, mettant les reins, un peu moins appuyée la seconde. Il sortait de l’épreuve, distrait et court de charge dans la brega d’Iván García. Par contre, il avait une bonne embestida au deuxième tiers et Pablo Gallego brillait en clouant deux paires de banderilles, la deuxième sensationnelle “au balcon”. Ovation, public debout. À la muleta, comme au début, “Niñito” tendait à sortir du leurre mais il montrait une meilleure charge dont allait profiter Javier Cortés. De la droite, les derechazos de la première série, embarquant bien le toro se transformaient en redondos à la suivante. Sur la gauche, le toro se retournait en fin de passes ou s’arrêtait. Pour cela, Javier Cortés se croisait et pouvait terminer la série. De nouveau, les derechazos rehaussaient le niveau de la faena, compas ouvert, courant la main, parfois forçant le geste. La sincérité du trasteo du torero compensait cela. Les passes de poitrine sans corriger la position, certains remates très toreros, par le bas, pase del desprecio, couronnaient avec bonheur chaque série. Tout s’écroulait à la mise à mort: fuera de cacho, Javier Cortés portait un bajonazo, un pinchazo et un metisaca bas… Quel dommage et quelle déception… Sans aucun doute, Javier Cortés perdait l'oreille et un succès que tout le monde souhaitait. À son premier, il avait montré quelques facettes de son talent mais sa faena sans continuité dans les passes et charges du toro, devait être abrégée- Après quelques accrochages de muleta, le toro n’avançait plus. Estocade caída.

           

José Ignacio Uceda Leal ne faisait rien de bien remarquable à son premier qui “humiliat”, certes, dont les charges irrégulières ne lui permettaient pas de se centrer. Toutefois, on remarquait une série de la droite, de passes plus ajustées. Sur la gauche, le toro passait bien pa’fuera et moins bien pa’dentro, c’est-à-dire que sa trajectoire était plus régulière vers le centre de la piste et plus limitée vers les barrières, d’où des naturelles bougées. Estocade sans élan, en corto, trasera presque verticale. Bonnes véroniques de réception au 4ème mais vite abandonnées après des accrochages de capote. Deux piques en arrière et bonne brega de Ángel Gómez Escorial. Uceda Leal ne prenait pas la mesure de ce toro qui “humiliait” mais les passes, principalement de la droite, ne “disaient” rien, sans entrega du toro. Sur la gauche, ce toro lançait ses cornes en l’air, et quelles cornes! Un pinchazo et une demi-estocade avec desarme en terminait avec une actuación bien terne du torero du madrilène quartier de Usera.

Manuel Jesús “El Cid” réalisait, au 2ème, une faena presque exclusivement de la gauche, des naturelles de qualités diverses, certaines de trois-quarts, qui rappelaient ses tardes glorieuses à Las Ventas. Quelques gouttes de pluie accompagnaient la faena. Donc, des naturelles pas toujours terminées, le toro ne se livrait pas, des pauses entre les passes et l’impression était qu’on pouvait attendre un peu plus de ce trasteo pourtant du gré du public. Il n’y avait rien à faire du côté droit… malgré une tentative avant la mise à mort: des pinchazos et le toro s’affaissait avant mème de recevoir un vrai coup d’épée. Un avis. Le cinquième, un toro castaño, cinqueño, avait une charge assez particulière, vive, presque à ras du sol, fléchissant les pattes avant et arrière sans tomber. Ce toro ne poussait pas du train arrière sous deux piques courtes,. Le picador était largement applaudi! A la muleta, on devinait un manque de confiance de “El Cid”, toro mirón, un petit pas en arrière en début de série de la droite après un cite à distance, quelques naturelles, une à une, pour donner le change, rien qui ne recevait l’attention du public… Un pinchazo hondo suffisait pour en finir avec ce toro peu propice à un quelconque succès.

                          

José Ignacio Uceda Leal: silence aux deux. “El Cid”: deux avis et saluts; silence. Javier Cortés: silence; un avis et silence. Rafael González de la cuadrilla de “El Cid” saluait après ses deux paires de banderilles et une dangereuse poursuite du toroPablo Gallego de celle de Javier Cortés devait saluer après deux paires de banderilles au 6ème. 21.483 spectateurs.

Georges Marcillac

Photos; Plaza 1

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