La Feria de Séville se terminait avec la traditionelle corrida de Miura avec au cartel Manuel Escribano, Sévillan habitué de ces toros de la finca de Zahariche, Pepe Moral et “Román” récompensés pour leur succès l’an passé avec les toros de cette légendaire ganadería. Aujourd’hui , il y eut de tout dans cette corrida avec un toro de qualité “Lamparillo-63” de 589 kg. né en 01/22. Ces toros exhibaient un physique imposant, longs, zancudos et de poids assortis de l’envergure de leurs cornes, variés aussi pour leur pelage. Le sobrero sorti en remplacement du 2ème, pesait 679 kg! le plus lourd de la feria. Sous le cheval, les miuras, n’avaient pas un comportement notable, recevant les deux piques règlementaires, sans plus et certains montrèrent des faiblesses des antérieurs. Le premier sautait allègremant au callejón…
Manuel Escribano appliquait avec les miuras le même scénario que celui qu'il développe avec d’autres toros d’encastes différents: réceptions a puerta gayola, pose des banderilles, la troisième paire al violín ou au quiebro près des barrières. Spectacularité, al sesgo por fuera et quelques scories à corne passée... À tout cela il déployait l’assurance et le métier connaisseur des toros de l’encaste miura et… du public. Après la porta gayola, Manuel Escribano passait son premier par deux largas cambiadas de rodilla, le toro se déplaçant presque au pas ainsi que pour être amené au cheval par des chicuelinas marchées. La faena se caractérisait par des charges courtes du toro, au pas, aussi bien en derechazos qu’en naturelles, donc passes incomplètes que Escribano gérait avec métier, soutenant sur la fin les regards du toro, doutant, vers le torero. Estocade trasera, très tombée. Un puntillazo. Le 4ème, fléchissait devant le diestro de Gerena qui évitait de justesse la cogida. Le péndulo doublé au centre de la piste était suivi de passes de la droite qui montraient une certaine faiblesse du toro, allant au pas avec noblesse et aussi sosería. M. Escribano essayait de prolonger les passes, “courant la main”. Il insistait bien que le toro allait a menos, l’”obligeant” par le bas. L’estocade entière, trasera, était d’effet immédiat. Pétition d’oreille, accordée.
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Pepe Moral était loin de répéter son succès de l’an dernier, succès qui avait relancé sa carrière. A porta gayola, il allait accueillir le 2ème Miura, cárdeno, jirón, bragado et il ne se passait rien de notable jusqu’à la suerte de varas. Le toro se battait bien, mettant les reins, mais à la sortie, il ne se déplaçait plus, très amoindri. Mouchoir vert.
Le sobrero, de près de 700 kg. avait de belles charges dans la cape et véroniques avec une chicuelina de remate. Ce toro se déplaçait avec peu de codicia. Avec la muleta, cela passait mieux de la droite, avec le défaut de sortir des passes la tête en l'air, ce qui gênait apparemment le torero. Les essais de la gauche faisaient revenir au trasteo sur la droite, pour finir par des passes por la cara. Mal à l’aise Pepe Moral plaçait un bajonazo. Le manque de confiance de Pepe Moral était manifeste dès les premiers capotazos au 5ème qui réduisait ses charges et se révélait compliqué aux banderilles sur la corne droite. Dès le début de faena, sans mando, cela se compliquait pour le torero. Dans une seule série, des passes de la droite, plus appuyées par le bas, avaient pour conséquence de voir le toro répondre avec continuité dans la muleta. Cela pouvaient laisser un espoir de changement de comportement du toro... Pepe Moral ne l’entendait pas ainsi et prenait l’épée pour un pinchazo et une estocade basse.
“Román” Collado voyait sortir du toril un toro d’apparence terciado malgré ses 589 kg. qui passait en sautant dans la cape. À cause du vent, il n¡y avait pas de continuité dans ce capoteo de réception. Un bon puyazo à la première pique, bien poussée après un bel élan de loin pour la deuxième, la puya placée trasera et courte. Quite par chicuelinas de Manuel Escribano. La faena, débutait au delà des lignes pour un cite lointain, selon le style habituel de “Román”. Le toro venait promptement et les derechazos, “templés” le maintenaient dans la muleta. La série suivante, de même mode, déclenchait la musique. De la gauche, les naturelles “citées” selon la même position et détermination, avec mando et temple, confirmaient la qualité du toro et la bonne disposition du torero franco-valencien. Très ferme sur ses appuis, il alternait les dernières séries de derechazos et naturelles terminées par de longues passes de poitrine. La dernière tanda, la meilleure, combinait la classe du toro et le bon toreo de “Román”. Des doblones et “Román” restait ferme face à des arrêts du toro avant de monter l’épée pour deux pinchazos et une estocade verticale, caída. Grosse déception car l’oreille aurait été la juste récompense pour cette intéressante faena à la belle attitude de “Lamparillo”, applaudi à l’arrastre. Le 6ème, cornes large ouvertes, sautait dans le capote et finissait tête baissée dans les lances de réception. Le toro provoquait une chute monumemtale, soulevant le cheval par la croupe. Une belle charge, de loin, la puya, trasera sans “mettre la corde” complétait cette dernière suerte de varas. Le public applaudissait les clarines - dernière sonnerie de la feria - annonçant le le changement de tercio et le début de la faena. Celle-ci entamée par des doblones, suaves, se compliquait en raison de la difficulté pour “Román” de trouver à la fois le bon placement et surtout, selon le sens des cites, la disposition du toro, plutôt retif à charger parallèlement du côté des tablas… Ce toro s’arrêtait à moitié passe, “mesurait” le torero et doutait. Quand le toro passait, “Roman” “courait la main”: gestes techniques et lucidité du torero! Bonne estocade, juste desprendida. Et le toro se couchait.

| Manuel Escribano: ovation; une oreille. Pepe Moral: silence aux deux. “Román”: saluts; ovation. Presque le plein de la Maestranza pour cette dernière de Feria 2026. |
Georges Marcillac.
Photos: mundotoro.com