L’avant dernière corrida de la Feria réunissait Manuel Jesús Cid “El Cid”, vétéran matador de Salteras (Séville), Saùl Jiménez Fortes de Málaga et José Garrido de Badajoz, pour affronter des toros de La Quinta, représentants de l’encaste Santa Coloma. Ces toros, de par leur phénotype ne se prêtaient pas à être présentès dans des places de première catégorie mais la sélection et patience des amoureux de cet encaste ont permis d’obtenir des produits de trapío et caractéristiques ad hoc pour les grandes ferias. Les toros d’aujourd’hui affichaient une homogénéité de poids entre 535 et 555 kg. et d’âge de juste quatre ans et demi. On ne pouvait demander plus et les six montraient des caractères différents pour permettre aux toreros de s’exprimer, chacun dans leur style et facultés.
Manuel Jesús “El Cid” après un semblant de retraite revenait à Séville où il bénéficie d’une sympathie ratifiée lors de la vuelta al ruedo qu’il fit après la mort du toro sorti 4ème. Ce toro rassemblait un grand nombre de particularités de pelage; lucero, bragado, meano, jirón, calcetero et coliblanco et cárdeno comme il se doit pour un Santa Coloma. Les véroniques de réception devaient canaliser les charges vives de ce toro qui allait au cheval monté par “Espartaco” avec un bel élan pour recevoir un châtiment léger, c’est un euphémisme, pour lequel le picador recevait une longue ovation!! “Fortes” au quite par chicuelinas très serrées et une cordobina de remate donnait le ton de son actuación d’aujourd’hui.”E Cid” “citait le toro depuis le centrre du ruedo pour des derechazos longs, le toro s’”ouvrant” et la passe de poitrine en continuité. La série suivante encore meilleure déclenchait le son de la musique – ce qui est un signe à Séville - À la troisième série, ce n’était plus pareil, le toro s’avisait et ne passait pas aussi bien. On attendait “El Cid” de la main gauche, qui se croisait, le toro réduisait sa charge et se retournait a mi-hauteur, la passe de poitrine libératrice écourtait cette séquence moins réussie. De la droite, les passes lentes ajustées au rythme typique d’un santa-coloma, charge tantôt à mi-hauteur tantôt “humiliée” apportaient un peu d’émotion à un trasteo suivt ave attention par le public à faveur du torero. Pour préparer la suerte de matar, un ayudado por alto, une naturelle lente étaient suivis d’une estocade très en arrière… efficace sans descabello. “El Cid” en terminait le visage radieux qui se fermait lorsque la presidente n’accordait pas l’oreille que demandait le public… Vuelta de compensation. À son premier, un toro qui paraissait bien engraissé, qui trottait plus qu’il ne galopait, qui cherchait sa querencia de l’autre côté de la piste, “El Cid” devait accompagner à la muleta une charge au ralentí, endormie, sans transmission, et il ne pouvait y avoir de faena véritable. Une épée très en arrière et atravesada précédait un seul descabello.
Saúl Jiménez “Fortes”, recevait en premier un cárdeno oscuro qui faisait illusion à la cape mais après des piques? insignifiantes il fléchissait à maintes reprises, sans forcé, sans rien. Pour terminer un aussi pauvre trasteo par faute du toro, des naturelles de face pour donner le change et une estocade entière desprendida, perdant la muleta. Le cinquiéme était accueilli le long des barrières par deux largas à une main en aller et retour desquelles le toro s’échappait, ainsi qu’après un capotazo plus appuyé. Par deux fois le toro chargeait le cheval et répétait la charge avant de sortir suelto du contact sans avoir été piqué. La faena, entamée à genoux, pour des charges non “humuliées”, parfois saccadées, allait a más dans des naturelles, le toro passant avec classe dans la muleta de “Fortes” qui signait des passes serrées, muleta basse, sans se corriger et restant ferme dans l’enchaînement. Une autre série de même intensité et rythme du toro – musique. De la droite, derechazos de face, changement de main par devant, des des naturelles et ayudados avant la mise à mort. “Fortes” varié, entregado, le torero en plénitude de ses capacités techniques et artistiques. En conclusión, la demi-estocade tendida, trasera ne suscitait qu’une légère pétition d’oreille…Vuelta al ruedo.

La prestation de José Garrido à Séville ne restera pas dans les mémoires ni ne lui permettra de revenir à un niveau qui était le sien il y a. quelques saisons. Ses deux toros ne l’aidèrent guère. Tout ceci malgré le style classique qui est le sien. Bon capotero, les meilleures véroniques de la soirée sont au crédit de l’Extremeño, chargeant la suerte, jouant de la ceinture en accompagnant la charge vive du 3ème. Le public applaudissait un pauvre tercio de varas. La mobilité du toro qui n’”humiliait” pas, la tête en l’air en fins de passes de muleta, faisaient que la faena rapidement n’avait plus d’intérêt. Des pinchazos et une estocade entière desprendida , étaient portés à distance. Le sixième exhibait les meilleures hechuras, physique proportionné en comparaison au reste du lot. Sans préparation à la cape, José Garrido allait au centre du ruedo pour des véroniques, le toro “humiliant”. Ce toro chargeait la cavalerie, soulevait le cheval par le poitrail, picador désarçonné. Il n’était piqué qu’une fois, puya bien placée. À la muleta il lançait des derrotes en fin de passes, Jisé Garrido corrigeait cet inconvénient dans une série par le bas mais la passe de poitrine était mal venue… Peu à peu, les chrages se réduisaient, le toro doutait et devenait “avisé”. En suerte contraire , l’épée tombée, tendida suffisait quand sonnait un avis.

| “El Cid”: silence; swaluts et vuelta al ruedo. “Fortes”: silence; vuelta al ruedo. José Garrido: ovation; un avis et silence. Juan Luis Moreno de la cuadrilla de José Garrido était cueilli de mauvaise manière à sa ptremière paire de banderilles au 3ème: il souffre de deux blessures légères au bas du torax et au périnée. Aux banderilles, notable actuación de Víctor García “El Víctor” de la cuadrilla de “Fortes”. Trois-quarts d’entrée. |
Georges Marcillac
Photos: mundotoro.com