Séville 24 avril 2026 – Daniel Luque coupe une oreille au 4ème – Exhibition de torería de Juan Ortega sans succès à l’épée. Médiocrité du lot de Juan Pedro Domecq

Cette corrida, la  14 ème de la Feria, était annoncée sous le signe des artistes, tous sévillans y compris les toros puisque aussi désignés comme toros artistas, prétentieuse dénomination critiquée en son temps. Il s’agit bien sûr des toros de Juan Pedro Domecq opposés aujourd’hui à Daniel Luque (de Gerena -Séville) et aux Sévillans Juan Ortega (de Triana) et Pablo Aguado (de Los Remedios). Les toros d’aujourd’hui n’ont montré ni l’esquisse de leur “art”, ni permis aux toreros d’exprimer le leur sauf en quelques coups de pinceau épars dans la monotonie de la corrida.

Daniel Luque recevait par des véroniques quelconques au premier juan-pedro, le plus lourd du lot de 565 kg. avant de le reprendre et profiter d’un bon galop pour des véroniques au centre du ruedo. Le toro exprimait une certaine codicia avant le tercio de varas, une première pique tombée et la deuxième mieux placée mais aussitôt relevée. Le toro ne poussait pas du train arrière. Le quite de Juan Ortega par des véroniques était abrégé pour des charges courtes du toro qui avait perdu son allure du début. Geste de bonne camaraderie de Daniel Luque dans son brindis à ses compagnons de cartel. Après cela, le peu de transmission du toro, charge à mi-hauteur, conduisait à une faena qui allait a menos. Rien de bien notable du torero qui plaçait une épée desprendida et trasera. Au 4ème, toro long qui éveillait quelques protestations du public, le torero de Gerena dessinait des véroniques, mains basses, mais après de bonnes charges, le toro declinait la demi-véronique… Ce dernier recevait un très léger châtiment sous deux piques rapidement relevées. Nouveau quite de Juan Ortega avec un demi-farol pour enchaîner des gaoneras sans collaboration du toro. Dans son style particulier, en toreo rapproché, Daniel Luque construisait sa faena par des naturelles, estaquillador penché et muleta réduite, certaines après des derechazos et changement de main. Série après série, avec métier et fermeté, il forçait les charges du toro réticent. Des luquecinas à la pointe des cornes déclenchaient l’ovation du public enfin réactif. Sonnait un avis lorsque les ultimes naturelles “citées” de trois-quarts, précédaient une estocade très en arrière. Pétition d’oreille, concédée.

             

 Juan Ortega sevait de bonnes véroniques à son premier juan-pedro un toro castaño, ojo de perdiz, bociclaro qui lamçait ses pattes avant dans le capote, réduisait ses charges avant l’obligatoire demi-véronique. Aux piques, ce toro chargeait, pronto, et rpoussait la tête fixe dans le peto pour la première et recevait une seule piqûre à la deuxième. Quite de Juan Ortega par tafalleras pour terminer la série par des cordobinas, cape baissée. Pablo Aguado entrait à son tour pour un quite par véroniques, charge réduite du toro. La faena commençait par des pases par le haut, trincherazo, le toro tête relevée en fins de passes. Après quelques derechazos pour ajuster les charges du toro qui répondait en redondo, tête “humiliée” molinete torero et le toro s’arrêtait,, défoncé. Un quart de lame suffisait et le toro s’écroulait. Le cinquième protestait dans la cape de Juan Ortega et le mettait en danger dans une charge surprise; de plus il cherchait à se diriger vers ña querencia du toril. Il faisait “sonner” l’estribo du picador qui relevait sa pique. Juan Ortega citait le toro, depuis le centre du ruedo, pour l’éloigner de la querencia, lui donnait un molinete. Un genou en terre, passes par le haut, muletazos de bonne qualité des deux mains et, debout, des derechazos, changement de main, un molinete très spécial qui pourrait être la continuation d’un kikiriki. Musique. Une autre série de derechazos suaves et “templés”: une débauche de torería où ressortaient des rematesmuy toreros. Las, un pinchazo et une épée caidilla et s’évaporait l’octroi d’une oreille… bien de Séville.

                                      

Pablo Aguado avait plus de chance que ses compagnons de cartel avec le troisième de JP Domecq qui lui permettait une série de bonnes véroniques de réception et la demie. Le picador Manuel Jesús Ruiz “Espartaco” brillait aux piques? selon les critères de l’afición sévillane, c’est à dire en faisant un bon cite et levant aussitôt la pique… Daniel Luque dans un quite par chicuelinas, des deux côtés, se faisait applaudir. Brindis à l’Infante Elena, reconnue aficionada. Surprise!  les deux genoux en terre, Pablo Aguado  toréait par des ayudados por alto suivis, debout, par une passe basse de la gauche et kikiriki. Musique. Le toro se déplaçait bien mais il avait tendance à relever la tête en fin de passes. Le brillant trasteo des deux mains, des naturelles basses, étaient gachés par les accrochages de muleta des remates. Cite, muleta pliée de la gauche, des gestes d’indéniable torería, en final, précédaient un laid pinchazo et un trois-quarts de lame trasera. Le sixième fuyait les capotes et Pablo Aguado allait au centre de la piste, bregando, pour ensuite le fixer par des véroniques et le remate en demi-véronique, tête relevée du toro. La suerte de varas ne se distinguait pas des précédentes. Sans tanteo, Pablo Aguado entamait la faena par des derechazos, une passe de trinchera et le toro fléchissait des antérieurs. Sur la gauche, le toro se freinait sans terminer la passe. Tout ceci se déroulait dans la querencia du toro, à proximité du toril. L’animal peu à peu, arrêtait de charger. Le muleteo sur la face préparait de toro pour la suerte de matar mais il se couchait avant cela!. Un pinchazo horizontal, un autre suffisaient pour en finir avec ce toro sans race.

                                

Daniel Luque: silence; un avis et une oreille. Juan Ortega: silence et ovation finale. Pablo Aguado: ovation; silence. Iván García, de la cuadrilla de Pablo Aguado, saluait pour deux spectaculaires paires de banderilles. Jorge Fuentes, de celle de Juan Ortega, se distinguait aux banderilles au 2ème. “Espartaco” recevait une longue ovation au 3ème. Temps gris. Succès à la taquilla:“no-hay-billetes”

Georges Marcillac

Photos : mundotoro.com

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