Séville 23 avril 2026 - Deux oreilles et cornada pour Andrés Roca Rey. Déception des toros de Victoriano del Río et de Cortés.

Roca Rey

Le lot de Victoriano del Río - Toros de Cortés a globalement déçu ou apporté des complications.  José María Manzanares est passé sans peine ni gloire, alors que Andrés Roca Rey a combattu à la hauteur de son statut de Numéro 1, plus par l’effort produit que par la pureté de son toreo.  Il convient de noter également l’effort effectué par Javier Zulueta à son second, un toro compliqué face auquel le jeune matador a mis en œuvre les armes de sa courte expérience avec une dose de courage fort respectable.  La cornada de Andrés Roca Rey est intervenue au moment de porter l’estocade à son second après un faena de menos a más. La cornada bien que dramatique n’a pas touché d'organes vitaux.

Manzanares

Le premier de José María Manzanares est un tío au trot balancé qui passe au ralenti dans les véroniques précautionneuses du matador.  Piqué trasero, le bicho s’emploie sans classe.  Le toro pousse longuement (trop) sous la seconde pique.  Andrés Roca Rey entre en quite au centre du ruedo par saltilleras et revolera.  JMM débute sa faena par un tanteo qui confirme la faiblesse des antérieurs de son opposant.  À droite, le matador garde la muleta à mi-hauteur et ouvre les trajectoires sans que cela ne suffise à préserver cet opposant déjà épuisé.  Quelques naturelles aidées et des droitières sur le passage terminent un travail qui n’a en fait jamais commencé.  Pinchazo, et épée défectueuse dans l’exécution et habile pour le résultat.   Silence.

Le second de Manzanares charge avec le museau dans les lances de prise de contact.  Viennent des véroniques rigides en lançant la cape devant la charge.  Le toro pousse sur les reins lors du premier voyage sous la pique, la puya étant portée en bonne place.  La seconde pique est de mauvaise exécution. Le tanteo voit le toro flancher à plusieurs reprises.  La charge titubante importune le matador.  Alors que JMM tient la muleta relevée, le toro donne des derrotes en fin de passes.  À gauche le bicho est tardo et les naturelles déclenchent des protestations.  JMM insiste sans résultat.  Épée déficiente en prenant le périphérique. Silence.

Roca Rey

Andrés Roca Rey reçoit les premières charges de son premier toro "guapo" (zurdo, corniapretado), dans un long passage en brega d’abord, allant ensuite a más en véroniques vers le centre.  Placé loin du cheval. le victoriano-del-rio charge et pousse brièvement avant d’être retiré par le banderillero.  La seconde rencontre est brève aussi et tout aussi mal portée que la première.  Le quite de Javier Zulueta par chicuelinas mains basses et demi-véronique est brusque. Le toro se défend au second tiers en coupant les trajectoires et en relevant la tête. Brindis au public.  ARR prépare la muleta pour des ayudados.  Les premières  charges reçues par estatuarios, cambio de mano et pase de pecho, sont intenses car le toro est passé au ras de la taleguilla en deux occasions.  La première série droitière, exécutée en deux temps, est limpide dans le style maison. ARR répète un passage droitier, cette fois en série liée. Musique.  Les naturelles dessinent des arcs de cercles ouverts sans imposer des trajectoires exigeantes,  tel que ce fut le cas aussi à droite.  Le toro est allé a menos rapidement. Les toques forts sur l’œil contraire à droite, pour arracher les charges, font protester les tendidos. La musique s'arrête.  Un mini arrimón, avec des circulares face à un animal éteint, ne fait pas l'unanimité.  Le pinchazo en prenant le large est suivi d’une épée habile.  Avis.  Silence.

Le second de AndrésRoca Rey est reçu par des lances entre delantales et véroniques pieds joints, le toro sortant loin à chaque fois.  Le bicho fléchit après s'être employé dans la première pique. La seconde est brève.  Quite brouillon de Javier Zulueta par delantales et media verónica. Brindis à Julián López "El Juli" spectateur face tendido des cuadrillas.  Au centre et à genoux, ARR exécute  trois péndulos et un toreo sincère et engagé propre de la figura qu’il est, face à une charge incertaine. Musique.  Le toreo debout est plus mécanique et conventionnel. Les derechazos liés recueillent des applaudissements. Dans la suite, il résiste au calamocheo gênant et aux regards du toro tant à droite qu’à gauche.  Dans les naturelles, il est désarmé et la musique cesse.  Un nouveau passage sur cette corne est fébrile. Ce sont les deux séries suivantes à droite qui convainquent par leur engagement notable.  La suivante confirme la domination.  Le Péruvien insiste par dosantinas et arrimón et se met le public dans la poche.  Entrée a matar en "aguantant" la légère hésitation du toro qui soulève le matador au moment où il enfonce l’épée, en restant longuement accroché sur la corne, de manière dramatique. Deux oreilles accordées d’un coup par le président.  La cornada comporte deux trajectoires de 15 cm dans la partie interne de la cuisse droite, chacune sans affecter les vaisseaux majeurs.

Zulueta

Le jabonero de Toros de Cortes, premier de Javier Zulueta est bas sur pattes et charge museau au sol, puis relève la tête en sortie de capotazo.  Pour la forme, avant les piques, le torero passe de nouveau le toro en cape sans réaction du public.  La première pique est prise au cheval de réserve al relance. Le toro pousse fort et longuement sous une pique dans le flanc et rectifiée par la suite.  Laissé à distance du cheval dont c’est le tour, le toro rechigne à charger.  Lorsqu’il le fait il s’emploie avec moins de verve qu’à la première rencontre. Brindis personnel au ganadero Gabriel Rojas, NDLR). Les ayudados por alto premiers mettent en évidence la fragilité de l’opposant.  Le toro ne termine pas les charges dans les derechazos.  Dans la série suivante, le torero embarque bien et lie une série courte, en supportant le calamocheo du toro.  La série suivante, exécutée en deux parties est moins intense.  Muleta dans la main gauche les trajectoires por fuera voient le toro baisser notablement de régime.  Le torero revient sur l’autre corne et fait l’effort face à des charges au rythme inégal et incomplètes.  Épée portée avec détermination, delantera, contraire et atravesada.  Deux descabellos. Silence.

Javier Zulueta a puerta gayola échappe à une charge qui vient au pas, lors de la larga de rodillas. Il poursuit ensuite par véroniques vibrantes.  Les piques dévoilent la mansedumbre du toroCurro Javier pose une paire au balcon et la seconde en supportant la charge vive du toro.  Ovation et salut pour le banderillero.  Le toro se colle du côté gauche et charge fort.  Brindis à Andrés Roca Rey (montera déposée face à la porte de l'infirmerie).  Le matador est sur la défensive lors du tanteo.  La première série droitière, main basse se termine en désordre.  En plusieurs séries, le jeune torero sevillan doit gérer les parones d’un adversaire incertain. Il tente de toréer à gauche, avec courage, sachant que le toro ne va pas collaborer. De nouveau à droite, il insiste en gérant le fait que le toro est tardo, s’arrête à l’occasion à moitié passe et se retourne parfois avec violence.  Entière caída portée à bout de bras. Pétition minoritaire et salut.

René Arneodau

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