Madrid 09 mai 2026 - 2ème de Feria - Grande déception des toros de "La Quinta". Efforts de Tomás Rufo et surtout de Daniel Luque.

Les toros de La Quinta avaient tous cinq années révolues. Dans le style typique des Santa Coloma ces toros ont évolué tête haute, distraits, parfois à contre temps et probones. Mais dans l'ensemble ils n'ont pas proposé le meilleur de ce qu’on attend des bons exemplaires de cet encaste. Face à ces exemplaires, Miguel Àngel Perera, Daniel Luque et Tomás Rufo qui affrontait pour la deuxième fois de sa carrière les toros càrdenos d'Álvaro Conradi.

Une demi-heure avant le paseillo une averse a mis le doute sur la tenue de la corrida. La pluie ayant cessé les toreros n'ont pas douté malgré un ruedo imbibé. La course commence à l'heure.

Miguel Ángel Perera

Le premier de Miguel Ángel Perera enferme son matador vers les planches lors du toreo de cape, avant qu’il n’opte pour le mener au centre. Au cheval, le bicho se colle au peto et oeuvre sans conviction, de la même manière qu’il entre dans le la  par véroniques et demie de Perera. Après une seconde pique sans effort Luque réalise un quite fade par delantales, véroniques et media verónica, face à une charge molle. Le matador choisit de débuter son trasteo par tanteo face à une embestida sèche assortie de derrotes. A droite, comme d'habitude, MAP trace des lignes. Il se fait désarmer sur sa première naturelle puis tatonne en se recentrant entre muletazos. Le public proteste le manque de combativité du de "La Quinta" et le manque d'ambition du matador. Lame défectueuse, trasera, basse, atravesada et verticale. De nombreux descabellos terminent une prestation peu glorieuse. Quelques sifflets pour les deux acteurs.

Le second de MAP est un superbe ensabanado qui doute longuement face aux sollicitations des capes. Alors que Perera est mis en danger sur le premier capotazo, Daniel Duarte prend l'initiative de fixer le toro et de le mener aux tercios. Face à l’épreuve des piques l’animal donne des coups de tête, bouscule deux fois le cheval qui s’avachit sans que Juan Melgar ne se résigne à abandonner la selle. La seconde pique est une carioca punitive qui n’empêche pas le public d'applaudir le varilarguero. Côté soleil, MAP administre un tanteo précautionneux, avant d'aller aux tercios où il recule, sans conviction, entre les passes. À gauche, la charge est noble, tête à mi-hauteur. accompagnée sans être dominée. La charge sur cette corne est noble mais le matador n’est pas convaincu. Il revient à droite où sa détermination s’éteint définitivement. Deux pinchazos portés à bout de bras sont suivis d’une épée trasera, caída et atravesada. Quelques sifflets.

Daniel Luque

Daniel Luque reçoit son premier par véroniques appliquées, desquelles le toro finit par fuir. Une seconde série de véroniques, liées au remate en media verónica et larga, valent au matador les premiers olés de l’après-midi. Le bicho est manso et fuit encore dès qu’il sent la puya, ceci lors des trois premiers passages. Curieusement cet exemplaire charge de loin mais se détourne dès le contact avec le fer. À la quatrième pique une carioca incite l’animal à finalement pousser. Quite de Daniel Luque par cordobinas, auquel répond Tomás Rufo par chicuelinas sèches. Les charges au second tiers manquent de profondeur car la tête du toro reste relevée. Juan Contreras et Jésus Arruga saluent au second tiers. Brindis au public. En terrain de soleil, Luque débute par tanteo en allant vers le centre. Il poursuit à droite, en deux tandas, s’accomodant de la charge à base d’aguante au moment de l’embroque. À gauche, le toro relève la tête dès qu’il atteint la muleta. Le public proteste la prestation du bicho alors que Luque poursuit brièvement sur cette corne. Pinchazo et entière légèrement desprendida et tendida. Descabello. Sifflets au toro. Silence.

Le cinquième fait illusion lors des premières charges dans la cape de Daniel Luque, baissant le museau devant l’engaño. Le torero de Gerena réalise une brega vers le centre avec mise en danger finale. Le toro réagit en manso au premier passage au cheval, puis pousse a menos lors d'une seconde entrée. Une carioca prise sans classe termine le premier tiers. Le toro charge dans les premiers muletazos de tanteo avec une légère hésitation gênante. À droite Luque réalise une première série avec l’objectif de mettre le bicho dans la muleta. La charge est sèche et le derrote est prêt à être dégainé à tout moment. La charge commence avec vivacité, puis le toro freine et se retourne rapidement. Luque dans ces circonstances est ferme. Sur la gauche le toro est probón. Le matador insiste avec des toques appuyés qui imposent un rythme lors d’une série courte liée au pase de pecho. Alors que le T7 proteste Daniel Luque réalise une serie droitière engagée, de fuera para dentro. Son insistence fait, cependant, que le trasteo se termine a menos. Demi-lame tendida et desprendida. Descabello. Sifflets au toro et silence.

Tomás Rufo

Tomás Rufo voit son premier, cornivuelto, douter et offrir des demi- charges dans la cape. La brega pour mener au cheval semble imposer au toro le rythme du matador. Le bicho pousse sous une première carioca qui ne modifie en rien son comportement, peu intéressé par la lidia. Sous la seconde pique le toro donne des coups de tête. Le public se réjouit d’une paire de rehiletes de Fernando Sánchez posée à tête passée. Rufo se dirige vers le Tendido 4 où il initie son labeur par derechazos appliqués, "cités" sur l’œil contraire. Il "cite" de loin sur la même corne pour profiter de l’élan que le toro n'offre que par intermittence. Les droitières finissent par forcer des trajectoires longues et en courbe en deux séries applaudies. À gauche le "La Quinta" entre au pas avec l’intention de couper la trajectoire. Rufo fait l’effort et impose des naturelles non liées mais respectables. De retour à droite le trasteo est notable car la charge est douteuse. Le matador insiste avec une envie de bien faire et parvient à lier quelques derechazos. Pinchazo en entrant avec conviction au moment où sonne le premier avis. Suivent deux pinchazos portés avec précaution et une lame partielle caída. Descabello.

La corrida se termine par la sortie en piste d’un exemplaire corniabierto qui charge la cape de Tomás Rufo avec un un rythme accéléré dans l’embroque. L’animal pousse sous une carioca en premier, puis fait sonner l'étrier. Cette fois, Fernando Sánchez salue à juste titre pour une pose de bâtons "au balcon". Sergio Blasco est également invité à saluer. Brindis au public. Le torero de Pepino (Tolède) attaque rapidement en doblones terminés debout par derechazos pieds joints et passe de poitrine. Suivent des droitières liées dans une série compacte laissant le toro avancer à sa guise en terrain de tablas. La série suivante aux tercios est compacte, en redondo. À gauche, Tomás Rufo "cite" loin devant et tire les naturelles de fuera para dentro avec une série en deux temps allant a menos. De nouveau à droite, il canalise ce qu’il reste de charge sans appuyer sur la trajectoire. Entière basse. Descabellos et avis.

Miguel Ángel Perera: sifflets aux deux, Daniel Luque: silence; un avis et silence. Tomás Rufo: un avis et silence aux deux. Aux banderilles ont successivement brillé et salué: Juan Contreras et Jesús Arruga de la cuadrilla de Daniel Luque au 2ème; Fernando Sánchez et Sergio Blasco de la cuadrilla de Tomás Rufo au 6ème. Temps frais pour les aficionados et quelques vides sur les tendidos malgré l'annonce du 2ème no-hay-billetes aux guichets

René Arneodau

 

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