Madrid 22 mai 2026 - 13ème de feria - "Cantaor" de Victoriano del Río, toro de vuelta al ruedo, offre à Sébastien Castella une faena cumbre qu’il gâche à l’épée.

"Cantaor" Victoriano del Río

On attendait cette corrida car, à part l'intérêt que représentait l'affiche et les toreros annoncés c'est l'élevage de Guadalix de la Sierra qui donnait de l'espoir aux aficionados après les fiascos des jours précédents.  Victoriano del Río est pour l'instant le ganadero de la San Isidro. Il a envoyé à Las Ventas un lot irréprochable de présentation avec un exemplaire supérieur "Cantaor-79" et plusieurs autres importants. Sebastián Castella a frôlé la gloire, trahi par son coeur à l’épée. À son crédit il faut mentionner qu’il a réussi à se relâcher, comme peu de fois, le bras gauche libre le long du corps, lors des derechazos. Les deux autres matadors de cette corrida, Emilio de Justo et Tomás Rufo étaient largement distancés par la performance de notre compatriote.

Sebastián Castella

Sébastien Castella affronte un premier toro au trapío imposant qui va et vient sans conviction dans la cape du matador. Ce dernier préfère la corne droite sur laquelle il termine la série.  Les piques commencent par un batacazo fortuit, le toro fléchissant au contact.  Le tercio se poursuit ensuite sans que le toro ne fasse de zèle.  Quite de Emulio de Justo par chicuelinas mains basses et revolera.  La seconde pique est brève.  Aux banderilles, le toro est distrait et bouge constamment la tête.  Castella "cite" aux tercios en laissant du temps au toro pour se décider.  Les premières charges sont violentes, le torero absorbe sans détail.  Suivent des droitières sans rythme où le bicho est probón.   Le toro ne répond qu’en terrain exposé où le torero hésite à s’exposer.  À gauche c’est la même problématique.  Épée partielle et défectueuse, portée en passant à distance.  

La seconde moitié de corrida débute par des lances nombreux et a más de Sébastien Castella. Piqué en arrière "Cantaor" pousse. Au second passage, l’animal n’a pas la même vigueur.  Bonne prestation de José Chacón qui salue, palitroques en main.  Brindis au public.  Au centre Castella "cite" pour un triple cambio por la espalda, le dernier avec la main gauche, dans un ensemble qui enflamme la plaza, en particulier lors des naturelles finales, "templées" par le bas. À droite, le Français enchaîne, des derechazos dominateurs sans rectifier sa position. La charge est vive et le matador en profite dans une troisième série relâchée, terminant néanmoins par une dernière passe par le haut, avant le la passe de poitrine. À gauche, la charge est somptueuse et Castella lui fait honneur avec la seule réserve que les trajectoires sont en ligne.  "Citant" à chaque fois de loin, le toro répond.  Encore à gauche, une série va a más, tant en intensité comme en trajectoire.  Des bernadinas, toro bouche fermée, finissent de convaincre les tendidos.  Le moins bon de la prestation est l’entrée a matar, évitant la corne, pour un pinchazo hondo, trasero. Après une telle faena le torero doit décider s’il tue, ou s’il se protège. Dans le premier cas c’est la main gauche sous le museau qui prime et l’épee est enfoncée avant de passer la tête. Castella n’a pas eu le coeur de procéder ainsi.  Sauter en tuant n’est jamais bon signe. Les descabellos, comme l’épée, ruinent une faena importante face à un toro brave.  Avis.  Vuelta al ruedo au toro et de même pour Castella avec division d’opinions.

Sebastián Castella - Photo : El Pasmo @Samsa2111 sur X

 

Emilio de Justo

Le premier victoriano-del-rio d’Emilio de Justo doute un temps. Le matador passe l’animal avec précaution à la cape. Les charges sont saccadées et fébriles.  Le toro s’emploie longuement sous la première pique et donne des coups de tête au second passage. Tomás Rufo entre en quite et réalise des chicuelinas et demi-véroniques forcées. Les premiers muletazos sont des doblones appuyés.  Suivent des derechazos bougés et gênés par le vent. Vient une série complète, "citée" al hilo, qui embarque le bicho.  Dans la suivante, la muleta est présentée en avant, lorsque le toro n'a pas terminé de se retourner.  En suivant, le torero perd la maîtrise.  Sur la première naturelle, il est pris de vitesse par le toro qui lui tire un derrote au niveau de la poitrine.  Suivent quelques naturelles dont les dernières, ainsi que le pase de pecho, sont donnés avec aguante. La charge est à ce stade réduite mais le torero insiste sur cette corne.  C’est dans le passage qui suit, à droite, que Emilio de  Justo lie dans un terrain réduit, avec dominio, des muletazos sur la corne droite.  Des manoletinas, engagées, terminent une faena qui est allée a más.  Deux entrées a matar fébriles et précautionneuses laissent un pinchazo et une demi-lame défectueuse.  Salut.   

Le cinquième, armé large, charge avec limpidité dans la cape appliquée d'Emilio de Justo.  Le toro combat sous la pique sur la corne gauche.  Les chicuelinas du matador sont brusques, envoyant le toro vers l’extérieur.  La seconde pique voit le toro s’employer de front.  Les charges du victoriano-del-rio,, au second tiers sont prometteuses.  Brindis au public.  Devant les tendidos de soleil, le "cite" de loin à droite, mais le toro trébuche.  Les muletazos à mi-hauteur ne transmettent rien.  Le matador poursuit sur cette corne sans parvenir à redonner de l’allant au bicho.  A gauche s’installe de surcroît un calamocheo.  L’insistance à droite n’est pas récompensée non plus. Divers pinchazos portés à bout de bras, 2 avis et de nombreux descabellos

Emilio de Justo

Le toreo de cape de Tomás Rufo, à son premier, se limite à des lances qui tentent de fixer un adversaire distrait.  Le toro subit la première pique et se défend lors de la suivante.  Il met la cuadrilla en difficulté au second tiers, plus par ses cornes que sa charge.  La faena débute par tanteo à toro abanto.  Les derechazos suivants sont accrochés.  Le torero poursuit avec précaution mettant le toro dans la muleta, mais à distance de sécurité, en deux séries.  À gauche, le toro charge par le bas et le torero "cite" depuis une position fuera de cacho, toques por fuera.  Épée trasera en évitant la tête avant de placer la lame.

Le second de Tomás Rufo est massif. Après quelques doutes, il charge profond, par le bas,  dans la cape de son matador. Face au cheval, le victoriano-del-río se revèle manso d’abord, puis pousse longuement, puis refuse de sortir du peto.  Le tiers est changé dans la confusion après un deuxième passage al relance.  Le toro est intense au second tiers. Brindis au public.  Le Tolédan débute en "citant" de loin aux tercios, face au Tendido 5.  Le toro a une charge profonde et le matador opte pour deux séries qui finissent en noria face à une charge qui se raccourcit.  Des naturelles longues et "templées" sont "citées" depuis une position marginale, fuera de cacho.  Le toro finit par douter et refuse de poursuivre.  La suite à droite n’a plus de sens.  Deux pinchazos et une lame trasera, et caída, avec avis.  Descabello. 

Sébastien Castella: silence; deux avis et vuelta al ruedo. Emilio de Justo: un avis et saluts; un avis et silence. Tomás Rufo: silence aux deux. Nouvelle affiche à guichets fermés. Température estivale. 22.964 entrées.

René Arneodau 

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