Madrid 20 mai 2026 - 11ème de Feria - Trois toreros dignes dans l’épreuve, Juan Carlos Venegas, Juan Leal et Juan de Castilla.

José Carlos Venegas

La corrida de Saltillo, complétée par un Couto de Fornilhos (5e), a donné du fil à retordre à la terna. Tous, à des degrés différents, ont poussé les toreros dans leurs retranchements avec des charges irrégulières, variées, à contre temps. Les trois toreros du jour nous ont permis de voir cet encaste qui n'aurait jamais été lidié par d’autres matadores plus notables. Ils furent à la hauteur de l'épreuve, tentant de passer ces charges compliquées le mieux qu’ils le pouvaient.

José Carlos Venegas

José Carlos Venegas affronte un premier exemplaire haut sur pattes, presque zancudo, à la fois fin et offensif. L’animal charge droit dans la cape de Juan Carlos Venegas avec un derrote sec dans l’engaño du côté gauche. Le saltillo pousse sans "humilier" lors de la première pique. La seconde est prise avec moins de classe. Quite de Juan Leal par espaldina, saltilleras et demi- véronique. Au second tiers, le bicho se met à penser et à s'orienter sans "humilier" lors des embroques avec les banderilleros. Avec une muleta de grande superficie, Venegas commence son trasteo à droite en profitant d’une charge vive et profonde avec une serie en deux temps. Le toro est tendu puis essaye de se relâcher. Ce sont des séries de un ou deux muletazos qui sont proposés. Des naturelles exécutées une par une, ressort une naturelle lente et profonde. Un nouveau passage droitier lié et brusque, précède des naturelles finales face à une charge qui est devenue irrégulière et parfois non "humiliée". Épée tendida portée en rectitude mais en perdant la muleta. Palmas au toro. Ovation et salut pour J-C. Venegas.

Le second de J-C. Venegas, armé large et long, entre dans la cape et se retourne à l’envers en prenant le large. Face à la monture, le saltillo gratte le sol puis s’élance. Il pousse sans classe. Pour le second puyazo, il tarde et doit être envoyé vers le peto. Aux banderilles, Iván García et Fernando Sánchez se laissent frôler et même toucher pour ce dernier. Venegas tantea, avec précaution, les premières charges. Il est sur la défensive lors des derechazos alors que le bicho propose une charge molle, avec tête mobile, sans respecter les toques. Le torero de Beas de Segura (Jaén) ne baisse donc pas la main. À gauche, le saltillo tape dans la muleta. Épée desprendida et tendida. Un descabello.

Juan Leal

Le second de Saltillo pour Juan Leal est bas sur pattes, de peu de trapío mais avec des cornes. Il freine dans la cape puis s’échappe. Juan Leal fait de son mieux pour le fixer au centre. Face au cheval, le toro proteste d’abord puis pousse, tête mobile. Dans la cape, il avance au pas en regardant au loin. La seconde pique est prise dans le style de la première. Le quite par chicuelinas et revolera de Juan de Castilla est une poursuite du bicho, coureur et abanto. Le comportement de l’animal au second tiers est douteux. Jamais il ne se confie. La prestation de Marco Leal au second tiers est notable. Brindis au public. Au centre, Juan Leal "cite" pour deux cambios dans le dos après rectification des terrains, à juste titre, par la cuadrilla. La première série droitière est "citée" de fuera para dentro, pour retenir l’animal. Le passage suivant est brouillon. Puis à gauche le torero lie des naturelles de bon aloi compte tenu des charges irrégulières qu’il arrive néanmoins à retenir. Ce n’est pas le cas après, le bicho refusant de répéter. Les protestations du T7 ne sont pas justifiées, car le torero a fait l’effort malgré le peu de condition du toro. Épée défectueuse, tendida et caída, portée  de loin, en sautant lors de la réunion et en perdant la muleta. Quelques sifflets au toro.

Le cinquième, de Couto de Fornilho, avance en regardant par le bas, sans rematar aux burladeros. Il charge avec réserve la cape de Juan Leal. Le toro veut la querencia, le matador s’efforce de le mener au cheval en contre querencia, mais dès qu’il sent la puya, le bicho fuit. C’est finalement au cheval de réserve que le toro est piqué. Juan Leal demande le changement qui n’est pas accordé et le bicho est piqué cette fois en contre querencia. Le matador va directement rejoindre le toro au centre où il lui sert des derechazos au rythme d’une charge désordonnée et irrégulière. Avec fermeté, il présente la muleta à gauche après avoir été désarmé à droite sur une colada. Les naturelles sont dominatrices faute d’être profondes. Cette fois, les derechazos retiennent l’attention du toro, en lui imposant de répéter à l'aide de techniques diverses. Les dernières naturelles constituent un ensemble efficace. Entière trasera, caída, desprendida, atravesada.

Juan De Castilla

Le premier de Juan de Castilla freine d’abord dans la cape volontaire du matador, puis accepte les lances par véroniques et la demi-véronique de bonne facture. L’animal pousse tête haute sous le fer. Il retourne de loin pour un combat a menos en parallèle au cheval. Quite de Venegas par gaonera et revolera. Le toro se comporte avec sentido au second tiers, sans vraiment "humilier". Brindis au public. Au centre, à genoux, de Juan de Castilla "cite" pour des derechazos en redondo dans lesquels cette fois le bicho "humilie". Debout, les droitières tiennent compte d’un calamocheo et de charges irrégulières, certaines profondes et tête baissée. À gauche, le toro relève la tête a hauteur de l’engaño et ne va pas jusqu’au bout de la charge. La faena se poursuit sur les deux cornes avec un bon passage gaucher et en se croisant à droite pour provoquer les embestidas. Un adorno por bajo est suivi d’une épée delantera et tendida.

Le dernier saltillo freine en sortie de capotazos de Juan de Castilla. Le toro pousse tête à mi-hauteur sous la première pique. Placé loin du cheval, il gratte le sol, puis charge en combattant par à coups, cette fois. La faena débute alors que le banderillero a demontré que le toro peut "humilier". Les doblones terminant por fuera laissent présager faena. Juan de Castilla est d’abord débordé sur les retours à gauche. Il en va de même à droite où le torero insiste en "citant" passe par passe pour pouvoir se replacer, cela jusqu’à finalement lier des derechazos au pase de pecho en deux séries. Une nouvelle tentative gauchère laborieuse, connait néanmoins quelques naturelles profondes. La faena se termine par un passage sur les deux cornes qui n’apporte rien de nouveau. Demi-lame atravesada et perpendiculaire et autres pinchazos, avis et demi-lame défectueuse.

Juan Carlos Venegas: saluts; silence. Juan Leal: silence; un avis et silence. Juan de Castilla: avis et applaudissements; un avis et silence. Iván García, aujourd'hui de la cuadrilla de J-C Venegas était invité à saluer après les banderilles. 17.687 spectateurs.

René Arneodau

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