Novillada internationale dans laquelle les novillos de d'Alejandro Talavante furent très mal présentés pour une arène du niveau de Séville. Les 2, 3, 5 et 6 eurent, nonobstant, des qualités de charges supérieures dont le ganadero pourra se féliciter. Tomás Bastos et Julio Norte ont coupé des oreilles isolées alors que leurs opposants leur offraient des triomphes majeurs. Disons-le clairement : avec d'autres concepts techniques et valeurs d’engagement, le Portugais et l’Espagnol devaient sortir par la porte du Prince face à de tels opposants.
Emiliano Osornio, torero de Toluca (Mexico). Le premier novillo, cornicorto et brocho, est reçu en brega sur les jambes d’abord, et au final par véroniques et demi-véronique, en faisant l’effort et en avançant. Le novillo fait ce qu’il peut, sans agressivité, sous le peto. Le novillero effectue un quite engagé, bousculé dans le remate, et solutionné en revolera. La seconde pique est formelle. Excellent quite de Bastos par tafalleras et une demi-véronique longue, tout en suavité. Réplique du Mexicain dont seule la demi-véronique est à la hauteur de la compétition. La faena débute en tablas par toreo par le haut vers les tercios. La charge est molle et fébrile. Les derechazos sont dessinés en se croisant, mais aussi en évitant de peser sur le novillo. Les suivants, ajustés, perdent en intensité à cause de la mollesse de la charge. Il en va de même à gauche, le torero refusant toute compromis privilégiant le placement et les trajectoires engagées. Alors qu’il insiste dans ce même concept sur les deux cornes, l'effort ne transmet pas l’effet mérité au tendidos, par faute de la sosería de l’opposant. Pinchazos, et entière atravesada et contraire. Silence.
Le second de Osornio, montado et brocho, finit par répondre aux "cites· du Mexicain qui propose des véroniques profondes dont une supérieure en marchant sur le terrain du toro. L’épreuve de la oique montre une facette du novillo pensive, grattant le sol puis chargeant en faisant brièvement illusion avant d’aller a menos. Lors du second passage, le bicho est éteint. Chicuelinas en bougeant deTomás Bastos. Le tanteo de Osornio est suivi à gauche par des naturelles dessinées en ligne sans peser sur la charge. Les suivantes sont un peu plus profondes et le novillo subit. Les derechazos suivants, "cités" avec puretè ne transmettent pas aux tendidos. Le concept technique est intéressant mais la sosería de l’opposant limite la transmission. Le Mexicain poursuit à gauche avec des moments de grande classe. Naturelles produites une par une, citant dans la trajectoire et tirant long et derrière la hanche, le tout d’une profondeur notable. Pinchazo qui brise l'ambiance atteinte au préalable par le Mexicain. Le novillo s’allonge sans deuxième entrée a matar. Palmas.
Tomás Bastos de Vila Franca de Xira (Portugal). Le second novillo de la course est très mal présenté sans que personne ne proteste. Dans la cape du Portugais, il finit par charger par le bas permettant des véroniques et la demie de qualité, mains basses. Le novillo se plaint dans un premier temps, sous le fer, puis pousse longuement, en parallèle, une fois le fer relevé. La seconde piqu est posée et retirée. Quite de Julio Norte par saltilleras, gaonera, revolera et brionesa. Le petit novillo montre une grande volonté de combattre mais ses caractéristiques physiques le limitent. Les premiers muletazos sont des ayudados par le haut, genou en terre d’abord, puis debout avec style et élégance. Les derechazos sont parfaitement adaptés aux circonstances du novillo, dessinés avec style. La suite a le défaut de ne pas laisser sortir le novillo de la muleta. Au troisième passage, le talavante donne des signes d’abandon du combat. Sur la gauche, la série est irrégulière, sans profondeur. Une nouvelle série droitière revient à la qualité de la première tanda sur cette corne. Ayudados por alto allant vers les tablas précèdent une entière verticale. Avis. Descabello. Novillo important et imprésentable à la fois. Pétition et vuelta.
Le cinquième est "cité" a puerta gayola par le jeune Portugais pour une larga cambiada de rodillas suivie de véroniques éparses en poursuite. Mal piqué, le novillo pousse brièvement et sort rapidement de la rencontre. Le second passage est éphémère. Quite de Julio Norte auquel répond Bastos par saltilleras. Joaquín Oliveira et Fernando Sanchez saluent pour leurs poses de palitroques au second tiers. Au centre, Bastos "cite" pour un triple péndulo. Les charges dans les derechazos sont somptueuses et Bastos enchaîne dans un même terrain. Il en fait de même à gauche. Poursuivant sur ¡a même corne, il trace des trajectoires rectilignes en restant plutôt al hilo ou parfois fuera de cacho. La suite droitière est facile mais sans relief avec cependant un cambio de mano suave et long. Il insiste de nouveau à gauche sans rien changer à son concept, ce qui lui vaut une réaction du public mitigée qui aurait pu être intense avec une stratégie différente. Circulares et redondos n'y changent rien. Le final en arrimón ne change rien. Bernadinas accélérées et entière trasera. Oreille.
Julio Norte de Salamanca. Le premier de Norte est reçu par larga cambiada de rodillas suivie de brega et enfin de véroniques où le novillo montre une classe notable dans sa charge. L’épreuve du fer est extrêmement mesurée. Norte dessine des chicuelinas dans lesquelles le novillero enroule intentionnellement au millimètre. La seconde pique est une illusion. Quite de d'Emilio Osornio par tafalleras. Brindis au public. Depuis le centre, à genoux, il "cite"pour deux cambios por la espalda. Les derechazos qui suivent sont accélérés et applaudis, toréés en ligne en deux séries. Les naturelles, quant à elles, mettent en valeur pleinement la qualité de l’embestida du novillo le torero optant lui pour la marginalité et les lignes droites. La faena se poursuit en mettant en valeur la qualité du novillo, moins celle du novillero qui reste sur la réserve en position et trajectoire. C'est dans la dernière série à gauche que le torero, enfin, donne la meilleure série, courtede son trasteo. Entière basse de bonne exécution. Oreille pour une faena irrégulière et a más fac,e à un opposant qui offrait ses deux oreilles.
La novillada se termine avec un novillo terciado, melocotón et peu armé qui évite longuement la confrontation. Il charge brièvement le tanteo, puis poursuit ses fuites. Le torito se comporte en manso sous la pique lors d’un tiers tronqué. À genoux, le novillero "cite" le toro abanto d’abord puis le fixe en toupie aux tercios. Musique. Une série courte de derechazos au rythme de l’animal est suivie par une série plus longue avec cambio de mano, sans laisser le toro sortir de la muleta et à distance. Le premier passage à gauche est de meilleure exécution en privilégiant les trajectoires longues et rectilignes. En totale marginalité, il poursuit sur les deux cornes sans croiser le chemin du novillo. Un final en arrimón précède des mondeñinas accélérées. Pinchazo en couvrant la tête et entière trasera suivant la même technique. Pétition minoritaire et oreille.
René Arneodau

