L’attraction de cette corrida où devaient être combattus des toros de Victoriano del Río était sans nul doute, la présence de Marco Pérez, le jeune et précoce matador de Salamanque qui confirmait l’alternative à Madrid. Pour sa première année complète de matador (alternative le 6 juin 2025 à Nîmes) il s’élevait au niveau des meilleurs de l’escalafón et enregistrait le meilleur résultat d’oreilles coupées par corrida, précédant de justesse Andrés Roca Rey. Cette performance n’est pas suffisante pour calibrer un matador qui a les faveurs du public en général pour sa jeunesse et dynamisme en piste, pour la variété de son répertoire, A Madrid, ce fut autre chose, et une certaine catégorie d’aficionados lui faisait passer un examen lui faisant comprendre qu’il devra réviser sa copie lors de sa prochaine parution la saison prochaine. En deça de la sévérité d’un public qui suivait à la loupe – c’est un euphémisme - les évolutions de la (future) vedette, il est juste que la prestation de Marco Pérez ne fut pas parfaite, loin d’ètre aidé par ses deux oppsants de la ganadería de Guadalix de la Sierra. En effet, ces toros comme leurs quatre autres congénères pour leur manque de raza et parfois des pointes de mansedumbre, ne permettaient pas non plus à Emilio de Justo et Víctor Hernández les deux autres toreros du cartel, de briller
Emilio de Justo qui officiait comme chef de cartel, eut en charge de remettre les trastos de torear au récipiendaire du jour: Marco Pérez. Il recevait donc le deuxième victoriano.del.río, un toro de 560 kg mais escurrido de carnes par des capotazos quelconques forçant la figure. Ce toro fonçait d’un bel élan vers le cheval, poussait mais se calmait contre le peto sous la première pique, la deuxième moins accentuée. Le brindis au public précédait une première série de la droite, corps vertical, de geste facile pour des charges vives dans une muleta aussi accélérée, toro qui sautillait mais “mettait bien la tête”. Le “cite” sans se croiser pour des derechazos et ensuite des naturelles, n’étaient pas du goùt de certains agitateurs pour des “défauts” de position. Ils ne protestaient plus lorsque, de face, le torero était encore “fuera de cacho” et continuait de profil!. Le toro donnait des signes de sortir des muletazos pour finalement abandonner le combat près des toriles. Estocade desprendida. Sonnait un avis. Un descabello. Le 4ème, un toro castaño, ancho de sienes, tendait à sortir du capote de Emilio de Justo et qui “protestait” dans des capotazos plus courts. De la première pique, trasera, le toro fléchissait des pattes avant et d’un coup de tête il s’enlevait la pique au deuxième contact. Víctor Hernández entrair en quite par tafalleras et revolera. À la muleta, ce toro ne se livrait pas pour les poremiers derechazos, mais il avait une charge vive dans la série suivante pour les derechazos accélérés d’Emilio de Justo. Pour des naturelles, la position du torero était contestée… Le toro passait distrait pour n’avancer presque plus. Un pinchazo avant une estocade basse qui provoquait un derrame…
Víctor Hernández donnait des capotazos accrochés au toro sorti 3ème qui persistait dans ses derrotes. Le toro allait au cheval al relance pour les deux piques que soutenait Israel de Pedro. Entre temps Víctor avait exécuté un quite, court, par saltilleras. Le toro suelto au cours du deuxième tiers permettait néanmoins à Marcos Prieto de planter deux superbes paires de banderilles. La faena de muleta était entreprise par un cite du centre de la piste, toro près du burladero face au Tendido 1. Les derechazos et un changement de main pour des naturelles révélait que dans la muleta, le toro perdait son rythme de charge du début. La faena était entrecoupée en fins de passes, subsistait le derrote et la muleta accrochée. Le toro terminait se freinant dans les muletazos des deux mains. Un pinchazo, un trois-quarts de lame suivait un coup d’épée défectueux, la lame ressortant par le flanc de l’animal. Un avis: Le 5ème, un burraco de belles hechuras et 592 kg. se désintéressait de la cape de Víctor Hernández malgré des delantales qui prétendaient le fixer… Tercio de piques insignifiant, toro et picador. Sans fixité, le toro chargeait la tête à mi-hauteur, sans vigueur, vers l’extérieur des passes. La mollesse des charges, sans entrega, étaient dénuées d’intérêt. Des manoletinas n’apportaient rien à l’affaire. Estocade desprendida et trois descabellos.

Le toricantano Marco Pérez laissait se carte de visite à la cape pour des véroniques “templées” et la demie à la réception du premier de Victoriano del Río, applaudi à sa sortie du toril ainsi que dans un quite stylisé de chicuelinas et une élégante larga de remate. Le toro poussait dans un premier temps sous la pique mais sortait suelte. Emilio de Justo en deux entrait en scène avec un quite par chicuelinas et une demi-revolera auquiel Marco Pérez répondait par des tafalleras liées à des navarras, une cordobina et revolera. Adhérsion et ovation du public. Le toro possédait un bon tranco aux banderilles et le début de la faena de muleta par doblones écourtés par le toro sur la droite,, changement de main et naturelles, jambes semi-fléchies. De la maîtrise et assurance du jeune Marco qui commençait par des natutrelles. Les derechazos qui suivaient étaient enchaînés à une noria (deuix ou trois tours) protestée par un secteur du public, applaudie par la majorité, un martinete en sortie. A partir de cet instant, la dynamique de la faena changeait en foction de la position du torero fuera de cacho dans les cites, ensuite décollé des trajectoires, des passes accélérées…. Les protestations du public s’amplifiaient. La faena perdait de son intensité et intérêt pour une nouvelle série et baisse de régime du toro. À la mise à mort, une estocade contraire provoquait un derrame et… des sifflets. Marco Pérez saluait provocateur, le dos tourné aux mafestants… Le 6ème de 625 kg. haut sur pattes, negro listón, s’échappait de la larga cambiada de rodillas de réception au fil des barrières du T10. Marco Pérez allait chercher ce toro, suelto, au centre du ruedo. Les passages dans la cape n’étaient pas très encourageants. Les deux charges, vives, du toro permettaient à Alberto Sandoval de placer et soutenir deux piques ovationnées par le public!! A la muleta, le tanteo montrait décision du torero malgré les charges descompuestas du toro qui se déplaçait avec vigueur, cornes à hauteur de la poitrine du torero qui se battait sans faiblir à la limite de l’accrochage. L’âpreté du trasteo traduisait la vaillance et détermination de Marco Pérez. Estocade entière au deuxième essai alors que continuaient les manifestations bruyantes des antis..

| Emilio de Justo: un avis et silence; silence. Víctor Hernández: un avis et silence; silence. Marco Pérez: saluts, palmas y pitos; silence. Marcos Prieto de la cuadrilla de víctor Hernández saluait à la suite de la pose de deux paires de banderilles au 3ème. Alberto Sandoval picador de celle de Marco Pérez, recevait une ovation prolongée au 6ème. No-hay-billetes. Température automnale. |
Georges Marcillac