Madrid 21 Mai 2024 – 10ème de Feria de San Isidro – Deux oreilles et puerta grande pour Jarocho. Peñaranda et Martín chacun une oreille.

L’élevage de Fuente Ymbro a proposé un lot de novillos, dont les trois premiers  étaient terciados pour une plaza comme Madrid et les trois autres en meilleure harmonie avec les lieux. Le sobrero de Villanueva sorti en troisième position était entre deux eaux.  Les novillos ont à la fois permis de briller et mis à l’épreuve les jeunes recrues.

En ce qui concerne les novilleros, ils ont montré en de nombreuses occasions leurs lacunes. Et puis en d’autres moments, ils ont réussi à mettre en valeur l’énergie et la volonté que l’on attend de la part de novilleros. Roberto Martín « Jarocho »  et Alejandro Peñaranda ont atteint des niveaux respectables occasionnellement quand IsmaelMartín a, quant à lui, montré une volonté notable lors de quelques passages.

Avec le premier de Fuente Ymbro, Alejandro Peñaranda donne des véroniques au rythme de la charge « humiliée » et manquant de répétition. Face au cheval, le novillo pousse cornes à mi- hauteur, en déplaçant la monture. Il reçoit un picotazo en second lieu. Ismael Martín réalise un quite par delantales et demi-véronique. Le novillo attend toujours au lieu de répéter. Brindis TV. Les premiers muletazos sont dessinés à base de pase de costadillo. Fuera de cacho, le jeune torero réalise des derechazos d’autant plus insipides que le bicho est tardo. Après un essai gaucher abandonné, A. Peñaranda revient à droite pour deux séries cette fois liées en passant d’une position fuera de cacho à une position al hilo. En terrain de proximité, il exécute, enfin, une série gauchère complète. La seconde partie de la série suivante est meilleure car le torero est mieux placé, avec la jambe de sortie avancée. La dernière série à droite comme toute la faena est fade. Les bernadinas, citées sans l’épée dans la muleta, sont le moment où le public réagit le plus. Pinchazo et entière de côté en entrant avec conviction. Silence.

Le jabonero sorti quatrième a belle allure. Il est reçu par A. Peñaranda laborieusement. Les piques se déroulent dans le désordre avec carioca et un novillo qui évite de pousser. Ismael Martín réalise un quite accroché par chicuelinas. Brindis au public. Peñaranda démarre les hostilités en tablas, par le bas, un genou en terre. Dans un cite  lointain, à droite, il fait face à une charge vive qui par moment le met en difficulté compte tenu de sa position marginale. Idem à gauche où cette charge profonde et exigente finit par produire une voltereta. Dans la série droitière suivante, le novillero prend le dessus sur le novillo et sur la corne gauche le torero exécute sa meilleure série de la faena. La série suivante va a menos. Un dernier passage gaucher, en cherchant la tête du novillo, est fort réussie et précède une estocade desprendida. Avis. Oreille et applaudissements au novillo à l’arrastre.

Ismael Martín enchaîne des véroniques avec garbo qui auraient mérité plus d’attention du public. Le novillo est actif sous le fer et I. Martín exécute en sortie de piques un original quite de oro. La seconde rencontre est formelle et rapide. Quite par gaoneras brusques de « Jarocho ». Le second tiers est mené par le novillero. La première paire est manquée et les deux suivantes posées à tête passée ce qui lui vaut les protestations du tendido 7. Brindis TV. Les estatuarios premiers ne transmettent rien. Le novillo montre des signes de faiblesse. Le novillero fait des choix inadéquats qui lui valent d’être mis en danger. À droite, il enchaîne les passes et, à gauche, on sent une fébrilité accentuée par les derrotes du bicho. I. Martín insiste sans jamais vraiment dominer cette charge tête haute. Entière trasera et caída. Silence.

Le cinquième est un novillo au trapío achevé. Les véroniques de I. Martín sont en limite de rupture car la charge est vive. Le bicho révèle sa tendance de mansedumbre en se défendant et en sortant seul de la première pique, puis en refusant la seconde. « Jarocho » se fait sortir le corbatín de la chaquetilla sur la corne gauche lors d’un quite par tafalleras. I. Martín pose les banderilles dans le même style qu’avec son premier, à tête passée, mais avec un peu plus de réussite, si on s’en fie à l’ovation des tendidos. Brindis au public. Le farol de rodillas avec la muleta et les redondos à genoux surprennent le public. Dès qu’il se met debout la faena prend une autre tournure, le novillo optant pour la défensive lorsque le novillero travaille à droite. Muleta dans la main gauche, et citant de loin, le torero est sous pression car il n’arrive pas à allonger la charge. Toutes les tentatives suivantes à droite confirment la nervosité du torero sauf dans deux derechazos exécutés en se croisant avec la charge controlée. Bernadinas au bord de l’accrochage et estoconazo d’effet immédiat valent au novillero l’oreille demandée.

Roberto Martín « Jarocho » est mis à l’épreuve par une charge distraite d’abord et rebrincada, due à la faiblesse du novillo, ensuite. Mouchoir vert. Le sobrero de Villanueva, distrait initialement, charge violemment dans la cape du novillero qui se limite à bregar. Le vent est un facteur. Le novillo, après avoir chargé de loin le cheval et gouté au fer, pousse brièvement et se dirige ensuite vers la querencia. La seconde pique confirme le manque de race de l’animal. Quite brouillon par chicuelinas de A. Peñaranda. Brindis au public. À genoux aux tercios, « Jarocho » enroule les derechazos. Debout, de la même main, il est moins efficace face à une charge devenue aplomada. C’est en laissant la muleta sous le museau qu’il obtient que le novillo répète en deux séries droitières. De la main gauche, il est balladé puis distribue les naturelles une par une en se repositionant entre chaque naturelle. Le meilleur passage vient à droite en série liée agrémentée de changement de main et passe de poitrine. En essayant de reproduire le passage, l’ouvrage va a menos. 3/4 d’épée tendida lorsque sonne le premier avis. Pétition d’oreille non accordée et vuelta dans la division.

Cette longue novillada se termine avec la sortie en piste d’un de Fuente Ymbro qui est reçu par deux largas cambiadas à genoux, des véroniques en gagnant du terrain, des chicuelinas et une revolera. Piqué dans le flanc, le novillo pousse. Un bref quite du novillero par véroniques, précède une seconde pique tout aussi médiocre dans l’exécution. Quite de A. Peñaranda par chicuelinas. « Jarocho », père du novillero, banderillero de sa cuadrilla,  salue l’ovation pour ses poses de banderilles. Brindis personnel. Le début de faena est exécuté en doblones sur jambe pliée. Mis en danger à droite, le novillero poursuit en mode bagarre. Sur la corne gauche, il est soulevé sur le deuxième pase natural. Le bicho est tardo et le jeune « Jarocho » doit s’engager à droite pour provoquer la charge et la garder dans la muleta. Il y parvient par intermittence et avec quelques scories. Travaillant le placement et la distance entre les naturelles, le novillero réussit des muletazos profonds, accomplis un à la fois, qui procurent les olés en plusieurs séries. La fin de faena a más, sur la corne gauche, celle qui l’a mis en danger au début de trasteo, est le signe de son engagement et de sa volonté. Estoconazo en perdant la muleta. Avis. Deux oreilles après pétition insistante du public. Sortie par la puerta grande.

René Arneodau

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