Valdemorillo 11 février 2024 – 3ème et dernière de feria. Heureuse alternative de Guillermo García Pulido. Corrida de Alcurrucén, mansa et compliquée.

La dernière corrida de la feria de La Candelaria réunissait beaucoup d’aficionados de Madrid et professionnels du toreo, peut-être aussi, absents hier, et qui pensaient que l’embellie de la veiille pouvait se répéter.  Guillermo García Pulido prenait l’alternative des mains de Miguel Ángel Perera, triomphateur les deux années précédentes dans ces mêmes arènes et Paco Utreña, témoin. Les toros étaient d’Alcurrucén, de meilleure présentation que la veille , du poids de 525 à 500 kg. et quatre cinqueños (le 1er et 4ème, seuls cuatreños) et des complications dues à leur mansedumbre plus ou moins accentuée qui rendait difficile le toreo moderne et qui demandaient du métier et de la patience. Ils prenaient tous une seule pique plus ou moins appuyée, le 6ème étant le plus brillant face au cheval. Caractéristiques de l’encaste Nuñez, tous ces toros sortaient “circonspects”, explorant le ruedo, réticents, réservés ou distraits, mais dont les démarrages plus que vifs – lorsqu’ils daignaient s’intéresser aux capes – demandaient vigilance et rapidité de réflexes. Le toricantano en faisait l’expérience  et il peut s’estimer heureux avec son toro d’alternative, le plus docile, malgré son nom “Incordioso” (familièrement: casse-pieds, plus vulgairement: emmerdeur…) mais aussi avec le 6ème, moins drôle également mal  nommén “Burlón” (facétieux, railleur) qui le gratifiait d’une cogida et belle rouste au sol.

Miguel Ángel Perera venait disposé – jamais deux sans trois – pour bien commencer sa saison par un succès aux portes de Madrid. Malheureusement pour lui, il se heurtait à son premier, qui chargeait la tête basse dans la cape mais jetait ses pattes en avant en fin de passes, qui allait de lui-même au cheval – al relance –, qui faisait mine de se diriger vers les tablas, refusant le combat, et qui, au cours de la faena, chargeait “humilié” mais lançait des coups de tête intempestifs. Avec ce matériel MAP, s’obstinait à toréer par le bas pour corriger le défaut de tête. IL y réussissait dans des passes isolées, de la droite et passe de poitrine en martinete. Le temps de se munir l’épée, le toro en profitait pour chercher refuge aux planches. Mal à l’épée, sortant de la suerte, MAP portait une estocade basse après un pinchazo aussi bas.  Au 4ème, il fallait, coûte que coûte, au moins couper une oreille. Ce qui fut fait après un bel effort à la cape: tafallera suivie de deux gaoneras; mais surtout en début de faena de muleta par un pase del péndulo doublé, une passe haute, une capeina (le beau-père “Niño de la Capea” était dans le public), liée à un derechazo et la passe de poitrine pour terminer, le tout les pieds rivés au sol. Il fallait aussi garder le toro dans la muleta car ce dernier tirait vers les tablas. Finalement tout le reste de la faena se déroulait, au fil de la barrera, pas trop loin du toril. L’infinité de passes qui suivaient avait pour objectif de gagner l’oreille du manso déclaré, collé aux planches., concédée après une laborieuse mise en suerte qui aboutissait sur une estocade tombée.

Paco Ureña devait batailler à la cape, surtout à muleta, avec deux toros quasiment impossibles. Son premier, le 3ème, un joli berrendo en castaño, d’imposant physique, ne passait pas dans la cape – topón -. Par deux fois iol choquait contre l’éstribo du picador et sortait suelto, paniqué, sans être piqué. Difficile le tercio de banderilles où excellait Agustín de Espartinas, charges brusques et coup de tête en l’air en fins de demi-passes de la droite ou de la gauche. Une demi-lame produisait un désagréable derrame et le toro, résistant ne tombait qu’après plusieurs descabellos et sonnait un avis.  Avec le 5ème, ce n’était guère mieux. Le toro, acucharado de cornes, poussait fort le cheval du picador Cristian Romero et provoquait sa chute! Le quite par gaoneras, chiffonné, n’apportaient rien de positif au comportement du toro.  Le tercio de banderilles était réduit à la pose des banderilles une à une, le toro se résistait à charger,  emplazado.  Les conditions adverses de ce toro ne décourageaient pas Paco Ureña qui parvenait à toréer par le bas, sans ligazón évidemment, corrigeant momentanément les coups de tête en l’air. Pénible mise à mort et sonnait une nouvelle fois un avis.

Guillermo García Pulido est un Toledan de 22 ans, issu de l’Ecole Taurine “Yiyo” de Madrid, novillero méritant, étudiant en droit et administration d’entreprise. Après la cérémonie, il devait affronter un toro de bonnes hechurascastaño chorreado en verdugo, corneslégèrement pointées vers le haut. Distrait à la sortie, sans être fixé à la cape, il subissait deux picotazos – l’un avec le réserve – et s’animait progressivement, noble dans la muleta. Après un tanteo discret,  une passe de poitrine laissait  deviner le “bon côté” de ce toro jusque là hésitant. Par des naturelles se basait la faena, parfois sans continuité, liées dans une série, Siuivaient les sacro-saintes passes circulaires inversées, sur la corne gauche, et le toro se désunissait, n’”humiliait” plus. L’estocade exagérément trasera valait une oreille… bruyamment demandée par les nombreux partisans du nouveau et sympathique matador. Avec le dernier alcurrucén, un cinqueño corpulent, statique au centre la piste mais de courses véloces qui allaient crescendo lors du tercio de banderilles. Après le brindis au public GGP semblait ne pas savoir comment entreprendre ce toro et quand il décida de le garder dans la muleta, il subissait des charges serrées étant débordé, finalement soulevé et secoué au sol… sans dommage apparent si ce n’est pour son costume tout juste étrenné. A la reprise de la faena, peu à peu, le toro s’avisait  et ne permettait plus rien de notable, sur le point de rajarse. Fuyant le long des barrière, il était poursuivi et un bajonazo lui était porté, à la course, après un pinchazo bas. Un avis.

                                         

Miguel Ángel Perera: saluts; une oreille. Paco Ureña: silence aux deux. García Pulido: un oreille; ovation?. Des cuadrillasDaniel Duarte de celle de MAP, Agustín de Espartinas aux ordres de Paco Ureña et “Niño de Aravaca” avec GGP se distinguaient aux banderilles. le picador Carlos Prieto était applaudi à la pique au 6ème. Belle assistance de public # 90% de remplissage des arènes.

Georges Marcillac

Photos: muntoro,com

Ce contenu a été publié dans Georges Marcillac Escritos. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.