Madrid 29/09/2017 Une oreille pour Ureña et Cuvillos mixtes.

Les Nuñez del Cuvillo ont montré à quel point ils sont loins de leurs belles années. Collaborateur, âpre, mou, incertain, il y a eu un peu de tout. Le premier a été bon pour le torero et le troisième avait une embestida qui, consentie au maximum par Paco Ureña, a permis à ce dernier de briller. Sebastien Castella méconnaissable a connu une journée grise. Adame a fait étalage d'un rodage inhabituel pour un jeune torero, mais pas de la lucidité et de la profondeur qu'apprécie Madrid.

Pour cause d'absence de Ferrera et de remplacement par Paco Ureña c'est à Sebastien Castella qu'il revient de confirmer l'alternative de Luis David Adame face au premier Nuñez del Cuvillo "Esparraguero" numéro 50, pesant 513 kg, né en 09/12. Cet exemplaire fort armé, mais léger du train arrière, fait immédiatement état de sa faiblesse et de sa distraction. Il passe désintéressé dans la cape et sort tête haute. Piqué très en arrière il pousse sur une corne et donne de la tête. Le quite du Toricantano par chicuelinas est déterminé et apprécié, rematé par une revolera débutée en larga avec cambio de mano. La seconde pique est meilleure en tous points. Cérémonie d'alternative. Brindis au public. Au centre Adame cite pour un triple cambio por la espalda qui ne transmet rien car le toro charge sans agressivité. Les derechazos révèlent une excellente charge et le torero l'honore en chargeant la suerte mais trop "despegado". Comme il torée de loin à gauche aussi. il se fait réprimander par les tendidos. Il poursuit "tapando la cara" sans laisser sortir le bicho de la muleta. Comme le toro va a menos la faena se converti en arrimón qui déclenche la division d'opinions. Entière basse pour une confirmation gâchée face a un bon toro applaudi à l'arrastre. Division d'opinions.

Le burraco second est protesté, car grand mais sans trapío, anovillado de cara qui prend la cape de Castella sans convinction. Piqué en arrière, le bicho pousse a menos sous une carioca. La faiblesse se faisant apparente, la seconde puya est un simulacre. Quite d'Ureña par gaoneras et brionesa. Cérémonie de restitution des trastos. Début de faena dans les medios du 8 par ayudados, remates par le bas et pecho. La muleta est accrochée à plusieurs reprises à droite. Le Maestro poursuit en citant de loin mais n'arrive pas à dominer les derrotes et la charge tardive. À gauche le bicho sort des naturelles en freinant et en donnant un coup de front. Les derniers derechazos n'apportent rien de plus. Entière trasera et caída pour terminer une prestation ayant donné un sentiment d'impuissance. Silence.

Le second de Castella est lourd tant physiquement que dans sa charge qui ne permet pas au Matador de briller. Mal et peu piqué l'animal est passé en quite par Ureña avec chicuelina, cordobinas et revolera. Grande prestation de Rafael Viotti aux banderilles qui laisse tout l'avantage au bicho. Il salut avec Vicente Herrera. Brindis au public avant double péndulo et toreo par le bas au centre, apprécié du public. Les derechazos suivants baissent de ton, comme les naturelles qui suivent. Accrochages et positions rectifiées nuisent au lié. La charge du Cuvillo est tronquée le plus souvent à mi chemin des passes, même si parfois il va jusqu'au bout du muletazo. En fin de faena la sensation est que le bicho a pris le dessus et que le Maestro subit. Entière en arrière, horizontale et de coté. Avis. Silence.

Le troisième Cuvillo est "culo pollo" et protesté. Abanto il ne fait qu'effleurer au passage la cape de Paco Ureña. Sous deux piques traseras, le toro pousse comme il peut et sans conviction. Brindis au public. Au centre Ureña cite à gauche pour des naturelles pures, sans gestes parasites. La soseria du toro empêche la transmission aux tendidos. Le Torero est très engagé dans les cites à droite. C'est le Cuvillo qui manque de vivacité. Cela n'empêche pas Ureña de tirer des muletazos d'une grande pureté. Des naturelles de face confirment son entrega. Ayudados et naturelles finales parachèvent une oeuvre unilatérale ainsi que l'estoconazo qui résulte desprendido. Avis. Oreille.

Le quinto est terciado et lavado de cara. Il s'arrête dans la cape d'Ureña qui s'efforce de lui servir des véroniques et demie. Au cheval le toro tire longuement des hachazos vers le haut et protestate. Quite sans âme par medio faroles et caleserinas d'Adame qui se termine à toro parado. Le bicho développe sentido au second tiers. Le début de faena voulu brillant se transforme en tanteo. Peu piqué, le Cuvillo tire des hachazos dans les droitières accrochées. A mi faena Ureña s'impose en baissant la main et avec aguante face aux charges incertaines. Le passage à gauche est meilleur bien que bousculé dans les remates, mal venus, par le haut. Les tendidos réagissent à l'entrega et à la sincérité du torero. Un passage à vide brouillon se termine en voltereta. Entière caída en restant sur le front dans un final qui sent la tragédie. Avis. Descabello. Ovation et salut.

Luis David Adame reçoit le dernier Cuvillo par véroniques pieds joints, puis compas ouvert, face à une bonne charge de son adversaire. Le Cuvillo pousse sous une première vara mesurée. Quite par gaoneras et revolera du Mexicain. Le toro charge de loin pour la seconde puya portée et retirée dans le même mouvement. Énorme prestation aux banderilles de Miguel Martin qui salut. Le début de faena à genoux aux tercios est avorté pour cause de derrote néfaste. Muleta dans la main gauche le Mexicain tire des lignes en série liée d'une technicité maîtrisée. La première série droitière fait basculer la faena. La charge s'est raccourcie et le torero accepte le terrain rapproché en enchaînant des cambios dans le dos et des passes tronquées. Le tremendisme maitrisé a pris le dessus y compris dans les bernadinas finales. Deux Pinchazos et demie lame. Palmas et salut. René Philippe Arneodau.

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Madrid 28/09/2017 Román coupe une oreille et perd la puerta grande.

Un peu moins d'une demie entrée pour cette première corrida du cycle de "Otoño". Le lot de Fuente Ymbro, bien présenté, a confirmé la mauvaise passe de la ganadería. Il a offert plus de scories que de qualités. Des trois toreros c'est Román qui a convaincu par une attitude vaillante et volontaire, alliée à un toreo sincère et exposé. Le public étant avec lui, il aurait pu, et du, couper une oreille de son second adversaire. Une entée "a matar" défectueuse l'a privé de la puerta grande que personne ne lui aurait contestée.

Le premier cinqueño de Fuente Ymbro charge en accélérant à mi passe avec coup de tête et en lancé de sabots en avant. Morenito de Aranda va avec lui au centre. La première pique, en bonne place, permet au bicho de pousser et soulever la monture avant de s'éteindre. Il hésite à prendre une seconde vara qui sera réduite au minimum. Morenito est mis sous pression et opte pour mener le toro aux medios. Il prend la gauche avec la volonté de maîtriser les derrotes et hachazos à base de temple et main basse. Le toro n'a aucune qualité propice au toreo et le Matador abrège. Pinchazo avant demi épée caída et atravesada. Descabello. Sifflets au toro. Silence.

Le quatrième Fuente Ymbro refuse de se soumettre à la cape de Morenito. Il a tendance à être distrait et fuyard. Sa prestation au cheval, en deux passages, confirme une claire tendance à la mansedumbre puisqu'il cherche la seconde vara en toriles après avoir gratté le sol face à son matador. Le second tiers se déroule en divers terrains à l'initiative du bicho. Le début de faena est esthétique et appliqué. Le toro tire des gañafones dans la muleta du Maestro. Avec assurance Morenito conduit la charge à droite, en baissant la main. Le toro ne suit pas la muleta jusqu'au bout et tire souvent droit. Averti à gauche le torero exagère les toques pour terminer une série de naturelles. De retour à droite le toro n'avance plus. Entière légèrement delantera et desprendida. Palmas.

Joselito Adame doit traverser la piste pour arriver à dessiner quelques véroniques et demie, au centre, à un adversaire distrait et fuyant. L'animal se dégonfle rapidement sous les deux pique. Román dessine un quite par gaonera, caleserina, cordobina qui se termine par un désarmé dans le remate. Brindis au ciel. Élégant et serein début de faena dans lequel le toro fait mine de rajarse. Le Mexicain s'enroule à droite dans une série droitière sans rectifier sa position. La seconde série est entrecoupée de fléchissements du bicho. À gauche Adame s'expose et tire des muletazos en laissant la muleta sous le museau ce qu'il répète ensuite à droite avec assurance. L'animal ne termine aucune charge complètement. L'attitude du Matador, critiquée par certains, est à mon sens supérieure compte tenu de l'adversaire. Il le confirme dans les doblones de fin de faena. Entière caída. Pétition et palmas au toro. Vuelta au torero.

Le colorado qui échoit à Adame en cinquième position prend bien la cape du mexicain qui dessine des véroniques et demie asentadas. Le toro fait sonner les étriers à la première rencontre puis s'emploie sous deux piques placées en arrière. Excellente paire de banderilles de Fernando Sanchez, on ne peut plus exposée, qui salut avec Miguel Martin. Brindis personnel. Adame choisit les medios pour citer de loin à droite dans un style marginal, al hilo ou même fuera de cacho, ce qui provoque des protestations. Le bicho abandonne à plusieurs reprises le trasteo du mexicain qui bouge beaucoup, sur les deux cornes, pour aller chercher la charge. Entière basse en citant de loin. Silence.

Román ne doute pas un instant face à la charge distraite du troisième Fuente Ymbro, à qui il sert véroniques, gaoneras, caleserinas, ... dans toutes les directions, à la guise des charges erratiques du toro. Le tiers de varas est réalisé dans le désordre. Quite de Morenito par véroniques avec colada du toro et voltereta. L'animal est entier, avec moteur au second tiers. Brindis au public. La charge est boyante lors des doblones de début de faena. Román se confie et cite de loin à droite. Il conduit la charge en imposant des trajectoires. Sur un pase de pecho la muleta reste pliée et le toro le voit. Il lui inflige une violente voltereta. Román avec détermination poursuit à gauche en citant de trois quart, jambe en avant en ignorant les derrotes du bicho. L'attitude du torero est supérieure aux caractéristiques du Fuente Ymbro. Ceci se confirme dans les derechazos suivants. Les bernadinas finales font sursauter les tendidos. Dramatique estocade en se faisant ouvrir la taleguilla puis en étant poursuivi à travers le ruedo par le toro blessé à mort. L'épée est entière et desprendida. Palmas au toro. Oreille.

Le dernier de la corrida est un exemplaire haut et fin qui hésite longuement à combattre. Quand il charge la cape il le fait sans engagement, sans humilier vraiment. Piqué en arrière le toro pousse sur une corne d'abord, puis sans verve à la seconde rencontre. Quite anodin de Morenito. Bonne prestation de Raul Marti aux banderilles. Début de faena sur les chapeaux de roues de Román, muleta dans la main gauche avec un minimum de gestes, le corps redressé, en deux séries intenses de toreo pur. La tentative à droite fait baisser l'intensité de la faena d'abord, puis revient a mas. Le toro souffre d'un calamocheo gênant qui n'émeut pas le torero. La suite à gauche fait retomber la verve du public. Alors Román pour pouvoir couper l'oreille, reste dans le terrain du toro à droite pour créer de l'intensité et du lié ce qu'il réussit à faire. Un metisaca défectueux, en arrière, et une entière un poil trasera suivie de plusieurs descabellos anéantissent tout espoir de puerta grande. Avis. Silence. René Philippe Arnéodau.

 

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Madrid 27/09/2017 Novilleros punteros en échec face aux Ventorrillos sans classe.

Sur le papier la Novillada était prometteuse. Deux Novilleros parmi les meilleurs et un espoir qui faisait sa présentation à Madrid, devaient profiter d'un lot qu'on espérait de garantie. Ni Colombo, ni Valadez n'ont su trouver des solutions à la médiocrité de leur lot. Leur force physique et leur aisance devant les novillos n'ont pas masqué des insuffisances dans les recours de tous types, pour imposer des lidias appropriées. Si les alternatives se profilent, les prestations d'aujourd'hui indiquent que les études ne sont pas terminées.

Le premier novillo de "El Ventorillo" a une charge forte et ample qui le fait accentuer l´ouverture des courbes et trajectoires. Jesús Enrique Colombo la gère parfaitement en menant le bicho au centre. L’agressivité du novillo s’amenuise notablement sous une carioca. Le seconde vara est un simulacre. Quite de Leo Valadez par deux chicuelinas sur la corne droite et revolera à gauche. Colombo se charge de poser les banderilles avec plus de qualités athlétiques et de vitesse que d’art. La troisième paire citée des planches vers le centre aboutissant à une réunion dans le berceau fort spectaculaire. Brindis au public. La faena débute de menos a mas, le novillero passant de toques accentués que le novillo suit par des écarts, pour terminer en Toreo classique par le bas et réuni. La charge est vibrante, plus que les derechazos qui demeurent conventionnels. À gauche le torero se croise mais les naturelles n’ont que peu de relief. Le Venezuelien multiplie les muletazos sans profondeur malgré une aisance visible. Entière trasera et desprendida. Palmas.

Le quatrième novillo du Ventorillo est reçu par une variété de capotazos incluant tafalleras, medio faroles, caleserinas, revolera. Le bicho est piqué d'abord "al relance" coté toriles puis à l'endroit habituel. Quite quelconque de Valadez par véroniques. Le tiers de banderilles de Colombo est spectaculaire en particulier le denier dentro por fuera en prenant le dessus sur la charge du novillo et en clouant dans le berceau. Brindis au public. Le torero se jette à genoux au centre pour toréer en redond. Il se fait mettre en défaut par la charge courte du bicho. La faiblesse qui en est la cause, l'ait aussi pour les coups de têtes qui accompagnent la faena lorsque le torero torée en proximité. S'il allonge les passes la charge est sosa. Le Vénézuélien insiste surtout à droite en tirant des lignes par le bas. Final par Bernadinas brusques et accrochées. Pinchazo al recibir. Entière trasera et caida. Avis. Palmas et salut.

Face au second novillo l’Hidrocalido , Leo Valadez, exécute des véroniques appliquées et templées en reculant entre les passes pour laisser le bicho prendre de l’élan. Les forces de ce dernier étant limitées il est piqué avec mesure. Quite d' Ochoa par Saltilleras et revolera. Brindis au public. Le début de faena est tronqué par une vuelta de campana du novillo. Ses charges longues et parfois profondes sont brusques et désordonnées à cause de sa faiblesse. Il passe et va loin mais trébuche souvent. Le public s’impatiente et proteste. Pinchazo et bajonazo. Silence.

Le quinto est un novillo salpicado, haut qui pousse la cape de Valadez plus qu'il ne la charge. Il s'emploie en parallèle au cheval sous une pique trasera, puis sort rapidement de la seconde rencontre. Quite brouillon d'Ochoa par medio farol, caleserina, chicuelina, demie. Valadez réplique au centre par lopecinas, continuant avec une création en toréant avec le vuelo libre de la cape et en tournant sur lui même, terminant le quite par demie. Le Mexicain cite au centre pour des derechazos serrés qui transmettent pourtant peu. Il donne de la distance au novillo qui ne répond pas avec l'entrega espérée. Les cites sur les deux cornes sont sincères jambe en avant mais le bicho est tardo et sa charge brusque. Les tentatives à gauche sont accrochées. Bajonazo sur le flanc du à l'agenouillement du novillo. Pinchazos et avis. Silence.

Le Madrilène Carlos Ochoa se présente à las Ventas face à un berrendo haut au garrot qu´il reçoit par larga cambiada à genoux aux planches puis des véroniques au centre. Mal piqué le novillo sort rapidement du peto et termine sur les rotules. Quite par chicuelinas de Colombo avec remate en recorte avec changement de main. Brindis personnel. Le novillero, après tanteo, dessine des derechazos al hilo jambe de sortie effacée en liant avec aisance et esthétisme des muletazos qui contrastent avec la charge molle, courte et le calamocheo du bicho. Ce dernier finit par s’allonger sur une passe de pecho. Ensuite il n’avance plus. Le public proteste. Entière en arrière et basse. Palmas.

Le dernier novillo castaño n'a que peu de trapio et lance les pattes dans la cape du Madrilène. Il pousse longuement sous le fer porté en arrière, en partie en carioca, par deux fois. Le banderillero tercero, Victor Cañas, pose en premier, donc deux paires de banderilles. Brindis au public. Au centre Ochoa cite à droite, jambe de sortie en retrait et se fait enfermer en fin de première série. Dans la seconde il se recentre légèrement. À gauche il ne trouve ni distance, ni rythme. Retour à droite pour un passage poussif dans lequel le novillo n'avance plus et le torero n'a pas de solutions. Le meilleur vient à la fin dans des naturelles qui démontrent que des solutions existaient au prix , cependant, d'une voltereta. Ayudados avant demie lame cruzada, trasera, desprendida et perpendicular. Descabello. Palmas et Salut.

Malgré un cartel attendu nous sommes sortis déçus. René Philippe Arneodau.

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Séville 24 septembre 2017. Talavante revendique son statut de figura en plus de couper une oreille.

La corrida de toros, bien qu’une macédoine de fers autour de Garcia Jiménez, fut mieux présentée que celle d’hier, en donnant aussi plus d’émotion. Alejandro Talavante, critiqué pour sa saison en demi teinte et la substitution de dernière heure de José MaríaManzanares, a su montrer que sa place dans l’escalafón n’est pas un mirage et qu’il faut compter sur lui et sa race. Le fait qu’il soit allé par deux fois à puerta gayola n’est pas le plus notable. C’est la façon dont il a donné les largas cambiadas qu’il faut retenir. En effet, dans des conditions moins que propices, il a gardé son calme et dessiné des passes lentes, templées, au rythme des bichos, ce qui dans ce type de suerte est très inhabituel. Rafael Serna a montré beaucoup d’entrega devant le seul adversaire combattu et Andrés Roca Rey, fidèle à lui même, s’est exposé dans une routine destinée à stimuler les tendidos.

Rafael Serna prend l’alternative face à "Almendrito" de Olga Jiménez, numéro 81, né en 05/13, pesant 525 kg. Il va a puerta gayola pour recevoir son opposant par larga afarolada à genoux dont il se sauve d’un millimètre avant d’enchaîner avec des véroniques et remate que le public, ému, fête. Le bicho de belle présentation lance les sabots en avant. Au cheval, le toro fait sonner les étriers. Inspiré R. Serna exécute un quite fort esthétique par chicuelinas. À la seconde rencontre, le bicho effleure à peine le peto. Alejandro Talavante, avec peu de jugement, réalise un quite, aussi par chicuelinas, moins réussies que celles du toricantano. Alejandro Talavante donne l’alternative à Rafael Serna en présence de Andrés Roca Rey. Brindis au père. La faena débute par doblones au rythme du bicho dont la charge est incomplète. Bien que brouillons, les derechazos sont appréciés des tendidos. Plus qu’à droite, le toro essaye d’accrocher la muleta à gauche. Rafael Serna arrive cependant à lier quelques naturelles sans caché. Le jeune promu termine la faena avec plus d'intention que de réussite face à une charge bien médiocre. Entière delantera et tendida en recevant une cornada au bras, le toro n’ayant pas obéit au toque. Palmas.

Alejandro Talavante se rend à puerta gayola où il reçoit son premier adversaire à genoux par larga cambiada sans douter, avec aguante, face à un bel exemplaire qui vient au pas. Le bicho n’est pas très vif et le maestro doit le fixer avant de pouvoir lui donner des véroniques et demie véronique de belle facture. Au cheval le garcia-jiménez est peu prolixe et sort rapidement des deux rencontres. Quite à couper le souffle de Roca Rey par medios faroles et caleserinas terminées par demie véronique. En l’absence de Rafael Serna, il n’y a pas de cérémonie de restitution de trastos. Le début de faena par le bas est bien conduit et somptueux, sous estimé par les tendidos. La première série à gauche est adoubée par le public sévillan. A. Talavante a trouvé le rythme mais le bicho fléchit parce qu’il est dominé par le bas. Peu à peu le maestro s’impose avec torería sur les deux cornes, les seules scories venant des hésitations du toro. Le tout culmine dans une série gauchère au ralenti et de face au centre du ruedo. Les dernières tentatives montrent que le bicho n’a plus rien à offrir. Plusieurs pinchazos gâchent le triomphe. Avis avec entière trasera et tendida. Applaudissements à l'arrastre du toro. Palmas et salut.

Le second de Alejandro Talavante est reçu de manière appliquée et laborieuse à la cape. Le public proteste les fléchissements du toro avant que celui-ci ne renverse cheval et cavalier. La seconde pique est un simulacre. Le bicho n’humilie ni aux banderilles ni dans les capes. Juan José Trujillo salut pour deux paires de palitroques engagées. A. Talavante prend promptement la droite pour des muletazos liés à mi hauteur. À gauche, la charge indolente et irrégulière ne permet pas d’enchaîner. Retour à droite pour des derechazos et pase de pecho qui lancent la musique. A. Talavante soumet le toro qui après trois muletazos se met à douter dans des séries qui, de facto, vont a menos. Manoletinas finales. Entière au ralenti en se faisant prendre et tournoyer sur les cornes. Une oreille.

Rafael Serna blessé, c’est à Alejandro Talavante que revient la responsabilité de combattre le dernier exemplaire de Peña de Francia. Dans un geste de macho, Talavante va «a toriles» pour recevoir à genoux le bicho. Avec temple, il passe en larga cambiada ce toro qui avance sur lui sans conviction. Malheureusement l’animal est sur la réserve et distrait, ne permettant pas de toreo de cape. Deux piques sont prises al relance, partout en piste sauf à l’endroit prévu. La mansedumbre latente est infirmée dans la troisième rencontre chargée de loin, mais poussée tête haute. Clarinazo du dernier toro de l’abono. Talavante prend vite la mesure du toro à droite dont la charge est vive et répétitive. Le temple du maestro fait le reste. À gauche, l’animal cesse de charger. Talavante a tout le mal du monde à dessiner trois naturelles liées. Rien ne va plus, le maestro prend l’acier. Entière basse.

Andrés Roca Rey passe son premier toro, abanto, en véroniques appliquées. Le manso fait le tour du ruedo à sa guise pour un refilón pris face aux tendidos du soleil et une vara. Quite de Alejandro Talavante par delantales. Suit une nouvelle pique sans conviction. L’animal développe des complications au second tiers. Rapidement A. Roca Rey le met dans sa muleta aimantée. À droite le bicho se soumet et suit la muleta par le bas. Ensuite il proteste. À gauche, le toro est arrêté et le Péruvien doit le forcer. Un final en arrimón permet au torero de se justifier. Metisaca et entière basse. Palmas et salut.

Le cinquième comme le premier est de Olga Jiménez. Andrés Roca Rey soumet sa charge vive en véroniques pieds joints et une demie véronique. Sous le fer, le toro proteste puis pousse. Dans la seconde rencontre il combat par à-coups puis sort seul. Quite du matador par saltilleras qui ravissent les tendidos. Le bicho ne respecte pas toujours les toques et garde la tête relevée au second tiers. Brindis au public. Le double péndulo fait frémir le public. À droite, compte tenu du vent qui s’est levé, le torero baisse la main pour des derechazos brusques et accrochés qui vont a más. À gauche, le Péruvien impose sa quiétude à la brusquerie et se réfugie dans les fioritures d’abord, puis dans des naturelles "citées" avec sincérité malgré les imperfections de l’embestida. Pinchazo et entière desprendida. Palmas et salut.

René Philippe Arneodau.

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Séville 23 Septembre 2017 - Oreille à Alejandro Talavante pour l’alternative de Pablo Aguado.

Pablo Aguado, novillero prometteur à ses débuts, s’est vu annoncé dans un cartel rêvé pour prendre l’alternative. Comme sa fin de carrière de novillero, cette journée ne laissera que des regrets et des objectifs d’amélioration pour le futur. Le lot de Garcigrande, qu’on imagine trié sur le volet, a connu des hauts et surtout des bas, dans un ensemble loin des qualités attendues de cette ganaderia. Physiquement ce lot n’était pas dans le type de la maison. Quant au comportement, on peut juger que plusieurs toros permettaient le toreo d’oreilles (les 1, 3, 4 et 6) mais pas à des niveaux d’émotion dignes de la Maestranza. Enrique Ponce a eu une attitude de maestro avec ses deux adversaires et Alejandro Talavante a montré la même irrégularité que dans sa temporada.

Pablo Aguado prend l’alternative face à "Recobero", numéro 49, de Gracigrande, né en 10/12, pesant 503 kg. Le manso doit être testé par Ángel Gómez avant que Pablo Aguado ne le reçoive à la cape dans des véroniques où le toro charge avec réserve parfois par le bas, parfois par le haut. L’animal se réveille et pousse longuement tête haute sous le fer. Ses forces s’étant amenuisées, la seconde pique s’avère moins vibrante. Les charges du garcigrande sont courtes et calculées au second tiers. Cérémonie d’alternative dans laquelle Enrique Ponce cède les trastos en présence    d'Alejandro Talavante. Au moment de demander la permission au président, Aguado doit recevoir la charge impromptue du toro de la main gauche, de belle manière, par le bas. Brindis personnel. Le bicho se révèle un collaborateur obéissant tant à droite qu’à gauche. Aguado en profite avec empaque et assurance faute de profondeur, l’animal allant a menos en collaboration, sinon en force. Lame partielle très défectueuse en prenant le large, avant entière caída, atravesada. Vuelta. Applaudissements au toro.

Enrique Ponce reçoit avec toute la classe qui l’habite son premier garcigrande qui le met en confiance avec des charges engagées par le bas. Comme son frère premier, le bicho pousse tête relevée sous le fer. Quite du maestro de Chiva par chicuelinas et demie vérronique expressives. La seconde pique mesurée est de meilleure facture et plus courte. Quite brouillon par gaoneras de Talavante. Après la cérémonie de restitution des trastos, Ponce entreprend l’animal qui s’est dégonflé sans désir de combattre. Le maestro prend l’épée. Demi-lame basse sur le passage. Silence.

Le quatrième bicho, massif, sort en piste avec mobilité et regarde au dessus des tablas. Les véroniques d'Enrique prennent la mesure d’une charge indolente du “Garci vraiment grande”. Ce dernier est piqué en arrière, avec verve. Ponce fait saluer, à pied, Manolo Quinta qui vient de piquer le dernier toro de sa carrière. Brindis de Ponce à son picador. Entregado, Ponce passe le toraco par doblones. Les derechazos sont donnés au rythme irrégulier du toro, qui charge parfois par le bas, parfois à mi-hauteur, parfois long et parfois court. Il en va de même à gauche, le maestro effectuant un effort notable face à un opposant mobile mais manquant d’agressivité et de classe. Deux pinchazos et 3/4 de lame atravesada. Vuelta que le maestro effectue seulement pour accompagner son picador Manuel Quinta.

Alejandro Talavante temple en véroniques les charges saccadées du troisième Garcigrande. Le tiers de varas est vite mené, sans zèle ni excès. L’animal plane dans la cape de Sergio Aguilar au second tiers. Grand début de faena à droite, avec confiance, toujours sur la corne droite et jambe pliée. Ayant pris la mesure du bicho Talavante, relâché, signe deux grandes séries droitières avec un cambio de mano et passe de poitrine. À gauche un désarmé par excès de confiance rompt le charme avant que le maestro ne reprenne avec profondeur à gauche, terminant chaque naturelle avec le vuelo de la muleta et la série avec farol et pase de pecho. Ensuite le trasteo baisse de ton à l’image des charges. Demi-lame en arrière. Palmas au toro et oreille généreuse.

Le cinquième est armé long et vers l’avant. Alejandro Talavante se fait accrocher la cape après quelques véroniques sans transcendance. Le bicho pousse tête haute d’abord puis à mi-hauteur sous une pique tombée, la première, puis une seconde en place. Quite de Pablo Aguado par chicuelinas et demie véronique. Sergio Aguilar brille et salut au second tiers. Élégant et sûr de lui, Talavante conduit à droite les charges à double détente de son opposant. À gauche l’embestida est moins claire ce qui renvoi le maestro à droite où les    à-coups et la tête relevée en fin de passe se sont accentués. Entière caída. Palmas et salut.

Le toricantano conclut les débats face à un dernier garcigrande qui se déplace d’abord avec difficulté et sans classe. Il tente des chicuelinas entre deux passages au cheval bien médiocres. Brindis au public. L’entame de faena est aisée, profitant des charges claires à droite. À gauche les premières naturelles portent plus sur le public. Les suivantes tombent à plat. C’est au retour à droite que se fait la connexion dans une série rythmée qui déclenche la musique. La seconde partie de faena va a menos tout en étant au goût du public. Le toro est quant à lui allé a más en moteur. Pinchazo, demi-lame tendida et entière. Avis. Palmas et salut.

René Philippe Arneodau.

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L'ANNÉE MANOLETE (III)

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Les clameurs se sont tues. La profusion d’hommages, d’articles, de livres nouveaux dédiés à Manolete en cette année 2017 pour la commémoration du centenaire de sa naissance et des 70 ans de sa disparition, ont brusquement disparus après le souvenir … Continuer la lecture

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Bilbao 27 Août 2017 - Román une oreille et Juan Leal deux vueltas avec les Miuras.

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Un quart d'entrée pour voir, en ce dernier jour de la Semana Grande de Bilbao, un lot impressionnant de présentation, faible à divers degrés, de bravoure modérée avec une dose non négligeable de noblesse. Ces Miuras, bien que massifs comme … Continuer la lecture

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Bilbao 26 août 2017 – Andrés Roca Rey in extremis... Désastreuse corrida de El Puerto de San Lorenzo.

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Après le paseillo de cette avant-dernière corrida de la Aste Nagusia de Bilbao, était observé une minute de silence en mémoire du torero d’Albacete Dámaso González, décédé ce matin à l’âge de 68 ans des suites d’une grave maladie. Les … Continuer la lecture

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Bilbao 25 Août 2017 - Enrique Ponce triomphe avec deux oreilles, Ginés Marín sauve l'honneur avec une.

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Trois-quarts de plaza pour la meilleure entrée de la feria jusqu'à présent, honorée de la présence de l'ex- Roi d'Espagne Juan Carlos Ier. Le lot de Victoriano del Rio disparate de présentation et plus piquant que classieux, a permis à … Continuer la lecture

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Bilbao 24 août 2017 – Trois toros de Domingo Hernández… et des oreilles perdues.

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Avec un des cartels phares de la Aste Nagusia – Semana Grande – la place de Vista Alegre était seulement à moitié garnie d’aficionados en tout genre (mes voisins insupportablement bruyants et analpha…bêtes en matière taurine, il s’entend) qui restaient … Continuer la lecture

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