Nouvelles de Madrid (VIII)

Table ronde des présidents de Plazas de Toros de 1ère Catégorie

Dans le cadre du VIIIème Congrès de l’Association Nationale des Présidents de Plazas de Toros d’Espagne (ANPTE) avait lieu, salle Antonio Bienvenida de Las Ventas, ce samedi 28 octobre, une table ronde qui réunissait quatre présidents des arènes de 1ère catégorie, tels D. Jesús María Gómez de Las Ventas, D. José Luque de la Maestranza de Séville, D. Matías González de Vista Alegre de Bilbao et D. Antonio Miguel Palomo de La Misericordia de Saragosse. David Casas de Movistar Toros dirigeait le débat avec pour thème « le rôle de la présidence vue sous différents angles »

Il faut tout de suite dire que les présidents, descendus à l’occasion de leur palco, montraient, d’une façon amène, sincèrité et un visage plus «humain» et ils confessaient combien leur tâche est complexe. Ils exprimaient avant tout leur sensibilité d’aficionado avec toutefois l’obligation de défendre les intérêts du public et des toreros sans perdre de vue l’intégrité du toro et de son combat. Le débat était lancé sur la question, pour le président, de savoir comment gérer la rigueur du déroulement de la corrida de toros face au triomphalisme omniprésent du public moderne.

Mouchoir vert de Matias Gonzalez, (2013)

Matías González faisait remarquer que chaque plaza de toros a sa personnalité et le président doit obligatoirement connaître les différences du public, par exemple à Bilbao, d’un jour à l’autre de la semaine de feria de Bilbao, des toreros et des toros à l’affiche aussi pour apprécier les réactions des uns et des autres et prendre les décisions en conséquence sans se départir de la rigueur qu’exige sa position. Jesús María Gómez regrettait la disparité des règlements taurins d’une province à l’autre et des critères de jugement qui en découlaient aussi bien du public que celui du président. Bien souvent ces critères révèlent l’antagonisme qui existe entre ceux de l’aficionado expérimenté, le président (on le suppose), et ceux du public moins versé aux détails formels et techniques de la lidia du toro. Naturellement était soulevé le problème de l’attribution de la première oreille qui répond à la demande d’une majorité du public, comment apprécier cette majorité. Matías González estime qu’il n’y a jamais de majorité (sic) et Antonio Miguel Palomo se décante pour que cette majorité soit au moins de 75%. Quant à la deuxième oreille, qui est de la compétence du président, elle est concédée en fonction de la propre sensibilité de l'occupant du palco, de l’insistance du public et parfois… pour éviter un désordre public (n’oublions pas que dans bien des cas, pour les places de 1ère catégorie, le président est aussi commissaire de police. NDLR).

Le rôle de président ne se limite pas à occuper le palco des arènes. Il commence par la visite des élevages, se poursuit par les deux reconocimientos, l’apartado et le sorteo, et après la corrida par l’examen post mortem des toros. Les présidents sont d’accord pour reconnaître la difficulté de la sélection des animaux à l’élevage, bien avant des dates qui précédent la corrida et soulignent à ce propos l’importance de l’équipe des vétérinaires assesseurs du président pour le choix final des toros, de leurs hechuras en fonction de la plaza où ils seront combattus. Exemple est donné de la Maestranza de Séville et celui de Las Ventas: leur idiosyncrasie est telle qu’un lot de toros est acceptable pour l’une et pas pour l’autre et vice versa. Pour Bilbao, le choix se situerait entre les deux et pour Saragosse les animaux sont pour la plupart des cinqueños, la Feria del Pilar se déroulant en octobre… Par ailleurs, l’examen post mortem n’est pas toujours possible dans toutes les plazas, celle de Las Ventas n’échappant pas à cette anomalie, dixit Jesús María Gómez. Dans les plazas du nord de l'Espagne, cette opération est le résultat d’un tirage au sort comme l’explique Matías González. La rigueur et le triomphalisme sous-jacent s’opposent aussi au moment du premier choix des toros, sous-entendu des pressions que les présidents doivent gérer, celles du veedor ou du ganadero,

        

De gauche a droite: Mouchoir bleu discuté de Jesús María Gómez (San Isidro 2017) - Mouchoir orange de José Luque (Indulto de "Cobradiezmos" Sevilla 2016)  

Le cas de la suerte de varas était aussi abordé: la discussion s’installe avec le public de la salle avec, pour avis général, que cette suerte est mal exécutée, que les piques sont souvent assassines ou bien escamotées principalement dans les places de 2ème et 3ème catégories sous la pression du public ou l’indigence des toros. A Madrid, la sévérité du public sur ce sujet est telle que le tercio de piques se déroule tant bien que mal. Matías González insiste que les bonnes intentions des picadors de réaliser cette suerte avec mesure et selon les canons «disparaissent dès qu’ils sont montés sur leur cheval» (sic). De moins en moins sont appliquées les sanctions que stipulent les règlements taurins pour les «négligences» des subalternes. Néanmoins il est reconnu qu’une nouvelle génération de picadors s’applique à réaliser leur travail avec conscience et professionnalisme. Jesús María Gómez insiste sur la nécessité de fomenter la pédagogie de la suerte de varas. José Luque révèle qu’un groupe de travail, en Andalousie, étudie par quels moyens doivent être réduits les temps durant la course, celui des faenas et en particulier celui de la mise à mort. Les autres présidents rétorquent que c’est en pratique impossible étant donné les impondérables de la lidia et la notion ou incapacité qu’ont les toreros de "mesurer" leurs faenas.

Le président de l’ANPTE, D. Marcelino Moronta, lui-même ex-président de Las Ventas, mettait fin à la table ronde en remerciant les quatre usías présents et les invitait avec les autres confrères des villes taurines, dans le cadre des travaux du congrès, à apporter les solutions et conclusions relatives à leur fonction et l’évolution de la Fiesta de los Toros.

Georges Marcillac

 

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La Menesina

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Au cours de l'histoire de la tauromachie le toreo de cape s'est enrichi de nouvelles suertes au fur et à mesure de l'évolution de la fiesta de los toros, de l'inventivité des toreros, de leur sensibilité artistique accompagnée de la … Continuer la lecture

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Madrid 01/10/2017 Un final décevant à la Feria de Otoño.

Suite au forfait de Ferrera, le mano a mano face aux Adolfo Martín, a lieu avec le remplacement de ce denier par Juan Bautista. Cette ultime corrida de la Feria de Otoño se tient devant des tendidos couverts en presque totalité, avec quelques vides à l'ombre. Les Adolfos ne sont plus à la hauteur de leur réputation. Mous, faibles, à la mobilité limitée ils n'ont donné que peu de jeux. Juan Bautista a montré en début de corrida qu'il jouit d'une aisance naturelle empreinte de toreria. Puis, soudainement cette aisance est devenue préoccupation et mal être lui faisant probablement regretter d'avoir accepté le substitution de Ferrera. Quand à Ureña, sa sincérité est immense et inégalée dans l'escalafon actuel, même si par moments elle est perçue comme excessive par le public.

Juan Bautista ouvre les débats face à un Adolfo corniabierto, les pointes relevées. Le Français dessine aux medios des véroniques douces. Le toro semble manquer de force. L'animal s'endort sous le peto. Le Maestro lui donne du temps pour récupérer et soigne les mises en suerte au cheval, mais pas le picador qui distribue une ration généreuse. Quite d'Ureña tout en douceur par deux delantales sur la corne droite et larga somptueuse. Le bicho confirme qu'il coupe la trajectoire à gauche pendant le second tiers. Muleta en main, Juan Bautista prend la droite très rapidement et structure deux séries sans douter, en se passant le bicho près du corps, le tout allant a mas. À gauche le toro renvoi le torero à droite. Ce dernier torée alors en derechazos sans l'épée mais aussi sans la réussite des premiers muletazos sur cette corne. Au centre du ruedo le Matador porte une entière atravesada, puis plusieurs descabellos. Silence.

Le premier de Paco Ureña mansea et cherche une issue. Le Maestro ne s'émeut pas et dessine des delantales en marchant au ralenti, terminés par demie au centre. La mise en suerte effectuée avec application précède un tiers de vara spectaculaire en deux piques chargées de loin et portées traseras, le bicho sortant de la seconde rapidement. Triomphe pour le picador Pedro Iturralde. Brindis personnel. Le tanteo d'Ureña se converti en doblones garbosos. Les premiers derechazos prennent la mesure de la charge dans une série courte et rythmée. La seconde série moins réunie fait étalage de l'aguante du torero. La faena va a menos comme la charge de l'Adolfo. À gauche le torero présente la muleta avec une pureté qui fait sursauter par moment et donne naissance à quelques naturelles isolées, mais de qualité. De nouveau à droite Ureña tâtonne et manque de se faire prendre. Il répond par trois naturelles de face et croisées signe de sa détermination plus que de sa domination . Pinchazo lorsque sonne l'avis. Entière delantera et caída. Palmas et salut.

Le troisième Adolfo est une estampe avec les cornes retournées vers l'arrière, cornivuelto. Il n'humilie pas dans la cape du Français et sa charge est désintéressée. Au cheval il s'emploie par à coups avec une certaine faiblesse. Juan Bautista entame son trasteo aux tercios dans une série a mas dans laquelle il se montre a gusto dans les adornos. Peu à peu le Français temple et tire une charge douce à droite. À gauche le premier passage est laborieux. Il continue sur les deux cornes a gusto dans un trasteo peu intense, le tout a mas dans l'expression artistique. Deux pinchazos et une demie lame tendida et desprendida valent au torero quelques pitos. Avis. Deux descabello.

Le second d'Ureña à l'armure très développée avec les diamants toujours visibles à leur extrémité. Le toreo da cape est abandonné compte tenu de la charge courte du toro. Ce dernier s'emploie longuement au cheval en deux rencontres. Les premières charges à la muleta sont brusques. Le Maestro commence à gauche. Comme toujours, le torero s'expose avec une honnêteté totale récompensée par queques naturelles profondes mais isolées. À droite il doit aguanter les retours dans les chevilles. Son insistance dérange les tendidos qui le prient d'abréger. Pinchazo et trois quarts de lame perpendiculaire et desprendida. Sifflets au toro. Palmas.

Le quinto contraste avec ses frères à cause de son trapio réduit malgré ses cinq ans. Il exprime peu de désir de combattre dans la cape du Français. Sous le fer il subit. Mise en suerte de Bautista par rogerinas avant une seconde vara prise dans le même style que la première. Brindis au public. Aux tercios, muleta dans la main droite le Français lie une série qui se termine a menos. À gauche il est manifestement pas à l'aise et bouge face aux charges médiocres de l'Adolfo. La faena prend une tournure défavorable au "brindant" qui écoute les sifflets des tendidos. Épée basse et de travers portée à bout de bras au pas de course. Descabello. Division pour le toro et sifflets pour le Matador.

Paco Ureña clôt la feria face à un exemplaire trapu et moins armé que ses frères. Il freine dans la cape et n'autorise Ureña qu'à exécuter que deux véroniques parmi le reste. Ureña laisse Juan Melgar châtier l'Adolfo de tout son poids en deux rencontres . Les charges du bicho se dégradent au second tiers et il coupe ostensiblement les trajectoire. Les doblones donnent confiance à Ureña qui va aux tercios et présente la muleta sur la corne droite. Le toro est probon. Le matador aguante et insiste longuement car l'animal prend bien le premier toque mais reste parado au second. Les naturelles volées une par une pendant un long moment, sont méritoires et totalement engagées. Entière desprendida en entrant droit lorsque sonne l'avis.

Le cartel original le plus attrayant de cette Feria aboutit à une déception majeure. René Philippe Arneodau.

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Madrid 30/09/2017 Puerta Grande de fin de saison pour Perera.

Les tendidos de Las Ventas sont pleins pour assister à un cartel de bel attrait dans cette Feria de Otoño. Miguel Angel Perera a su tirer le meilleur parti de l'occasion. Dans son style personnel, muleta en avant, corps courbé malgré sa grande taille qui lui permettrait de jouer sur la verticalité , toréant avec des trajectoires éloignées du corps, en ligne.  Perera a imposé sa supériorité technique, sans aucune inspiration artistique, et a convaincu le public qui a souhaité son triomphe. Le lot du Puerto de San Lorenzo était quant à lui trop hétéroclite pour ces arènes avec des écarts de présentation indignes et des comportements très hétérogènes.  La sortie par la grande porte de Perera avec le drapeau Espagnol était une revendication avant la journée du 01/10 en Catalogne.

Le premier Puerto de San Lorenzo sort des toriles avec beaucoup d'hésitation. Perera tantea une charge courte et freinée. Le toro se comporte en manso d'abord puis pousse sous le fer. Quite de Del Alamo par chicuelinas et deux demies face à une charge qui s'est régularisée. Perera réplique par chicuelinas , tafalleras et demie applaudies. Curro Javier et Javier Ambel brillent au second tiers et l'arène leur offre une ovation peu commune. Brindis au public. Le bicho est maintenant fuyard. Il se réfugie aux toriles. Perera le tire vers les medios puis cite de loin pour des derechazos imparfaits mais liés. La seconde série monte de ton malgré un positionnement éloigné. Le final de la troisième série en cambio de mano et pecho est supérieur. Le toreo à gauche, toujours en citant de loin, est d'abord brouillon. La seconde série est propre et liée en gardant la charge à distance. La troisième série est supérieure de rythme et domination. Le retour à droite marque la domination tardive et sans conteste du torero, au moment même ou le toro se raja. Entière desprendida et très atravesada. Avis. Deux descabello. Pétition et oreille accordée au dernier moment.

Le seconde moitié de la corrida commence avec un exemplaire protesté qui freine dans la cape de Perera. Il se limite à tantear. Le Puerto s'emploie longuement, sans classe, au cheval. Le bicho n'a plus de force pour la seconde vara. Brindis au public. Au centre Perera cite por le sempiternel Péndulo, doublé et suivi de muletazos aisés tant l'embestida est douce. Le toro donne tout l'avantage au torero avec des charges templées, longues et par le bas. Tous les cites sont réalisés de loin et le toro répond inlassablement. Le matador lui fait un festival de passes, peu intenses, sur les deux cornes qui enchantent le public. Le toro finit par rajarse face à l'insistance de Perera. Pinchazo et entière très trasera et caída. Oreille avec division. Palmas au toro.

Juan del Alamo touche un second Puerto qui se retourne court mais sans agressivité dans une cape ouverte en grand et sur la retenue. Le toro s'emploie moyennement sous le fer avec des forces très mesurées du à une blessure de la patte avant droite, ce qui entraine le simulacre de deuxième pique. Protestations des tendidos durant tout le second tiers. Le début de faena est marqué par les coups de tête du toro, accrochant le muleta. À cela se rajoute les fléchissements et les extraños. Les charges se font brusques et calculées, le toro étant entier. Le torero insiste sans réussite. Deux pinchazos et trois quart de lame. Silence.

Le quinto est un éléphant aux hechuras médiocres. Il coupe et freine dans la cape de Del Alamo. Il combat sur une corne sous le fer à la première rencontre et charge tête haute à la suivante en faisant descendre le picador de sa monture. D'où une troisième vara prise comme la première. Brindis au public. Au centre le torero cite muleta dans la main droite pour des derechazos avortés . La charge est irrégulière, le toro sortant parfois sans obéir à l'engaño. C'est à la troisième tentative que toro et torero s'harmonisent. La suite baisse de niveau sur les deux cornes. Le toro a du mal à se déplacer. Le torero tente longuement et vainement de poursuivre. Entière. Avis. Silence.

Lopez Simón voit son premier montrer des signes de faiblesse dès les premiers capotazos. Les protestations montent. Mouchoir vert. Le sobrero de Santiago Domecq massif, enmorillado, burraco, prend la cape de Del Alamo en mettant bien la tête. Le bicho pousse sous le fer, comme souvent, porté en arrière. La seconde pique est prise sans force et sans conviction. Brindis TV. La faena commence aux tercios, gênée par le vent. Simon cite de loin à droite pour une série de tanteo et accrochée. Le torero prend alors la gauche mais le bicho fléchit et le torero ne trouve pas le dosage adéquat. Il insiste avec aguante et main basse mais le toro proteste, ou prend le Matador de vitesse. À droite le comportement du bicho est devenue médiocre. Pinchazo et demie lame tendida à bout de bras. Descabello. Silence.

Le dernier Puerto, à l'allure bovine, ne cesse de courir. Il prend une première vara coté toriles avec peu de combativité. Il effleure le peto lors de la seconde rencontre en terrains habituels. Toujours abanto au second tiers il est brindé au public par Lopez Simón. Celui-ci décide de l'entreprendre là ou le toro le mène. Les doblones le mettent dans la muleta. À droite le torero lie des droitières dans des séries réunies sans rectifier sa position. Tout est réalisé au centre où le bicho accepte maintenant le combat. À gauche le matador est moins à l'aise et n'insiste pas. Le retour à droite retrouve le niveau antérieur. Le public ovationne. Soudain le toro abandonne, mais Simón s'impose. Une dernière série droitière citée de face précède une épée portée en sautant et résultant défectueuse , sous la peau du flanc gauche et sortant sur le coté. Pinchazo et entière d'effet rapide. René Philippe Arneodau.

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Madrid 29/09/2017 Une oreille pour Ureña et Cuvillos mixtes.

Les Nuñez del Cuvillo ont montré à quel point ils sont loins de leurs belles années. Collaborateur, âpre, mou, incertain, il y a eu un peu de tout. Le premier a été bon pour le torero et le troisième avait une embestida qui, consentie au maximum par Paco Ureña, a permis à ce dernier de briller. Sebastien Castella méconnaissable a connu une journée grise. Adame a fait étalage d'un rodage inhabituel pour un jeune torero, mais pas de la lucidité et de la profondeur qu'apprécie Madrid.

Pour cause d'absence de Ferrera et de remplacement par Paco Ureña c'est à Sebastien Castella qu'il revient de confirmer l'alternative de Luis David Adame face au premier Nuñez del Cuvillo "Esparraguero" numéro 50, pesant 513 kg, né en 09/12. Cet exemplaire fort armé, mais léger du train arrière, fait immédiatement état de sa faiblesse et de sa distraction. Il passe désintéressé dans la cape et sort tête haute. Piqué très en arrière il pousse sur une corne et donne de la tête. Le quite du Toricantano par chicuelinas est déterminé et apprécié, rematé par une revolera débutée en larga avec cambio de mano. La seconde pique est meilleure en tous points. Cérémonie d'alternative. Brindis au public. Au centre Adame cite pour un triple cambio por la espalda qui ne transmet rien car le toro charge sans agressivité. Les derechazos révèlent une excellente charge et le torero l'honore en chargeant la suerte mais trop "despegado". Comme il torée de loin à gauche aussi. il se fait réprimander par les tendidos. Il poursuit "tapando la cara" sans laisser sortir le bicho de la muleta. Comme le toro va a menos la faena se converti en arrimón qui déclenche la division d'opinions. Entière basse pour une confirmation gâchée face a un bon toro applaudi à l'arrastre. Division d'opinions.

Le burraco second est protesté, car grand mais sans trapío, anovillado de cara qui prend la cape de Castella sans convinction. Piqué en arrière, le bicho pousse a menos sous une carioca. La faiblesse se faisant apparente, la seconde puya est un simulacre. Quite d'Ureña par gaoneras et brionesa. Cérémonie de restitution des trastos. Début de faena dans les medios du 8 par ayudados, remates par le bas et pecho. La muleta est accrochée à plusieurs reprises à droite. Le Maestro poursuit en citant de loin mais n'arrive pas à dominer les derrotes et la charge tardive. À gauche le bicho sort des naturelles en freinant et en donnant un coup de front. Les derniers derechazos n'apportent rien de plus. Entière trasera et caída pour terminer une prestation ayant donné un sentiment d'impuissance. Silence.

Le second de Castella est lourd tant physiquement que dans sa charge qui ne permet pas au Matador de briller. Mal et peu piqué l'animal est passé en quite par Ureña avec chicuelina, cordobinas et revolera. Grande prestation de Rafael Viotti aux banderilles qui laisse tout l'avantage au bicho. Il salut avec Vicente Herrera. Brindis au public avant double péndulo et toreo par le bas au centre, apprécié du public. Les derechazos suivants baissent de ton, comme les naturelles qui suivent. Accrochages et positions rectifiées nuisent au lié. La charge du Cuvillo est tronquée le plus souvent à mi chemin des passes, même si parfois il va jusqu'au bout du muletazo. En fin de faena la sensation est que le bicho a pris le dessus et que le Maestro subit. Entière en arrière, horizontale et de coté. Avis. Silence.

Le troisième Cuvillo est "culo pollo" et protesté. Abanto il ne fait qu'effleurer au passage la cape de Paco Ureña. Sous deux piques traseras, le toro pousse comme il peut et sans conviction. Brindis au public. Au centre Ureña cite à gauche pour des naturelles pures, sans gestes parasites. La soseria du toro empêche la transmission aux tendidos. Le Torero est très engagé dans les cites à droite. C'est le Cuvillo qui manque de vivacité. Cela n'empêche pas Ureña de tirer des muletazos d'une grande pureté. Des naturelles de face confirment son entrega. Ayudados et naturelles finales parachèvent une oeuvre unilatérale ainsi que l'estoconazo qui résulte desprendido. Avis. Oreille.

Le quinto est terciado et lavado de cara. Il s'arrête dans la cape d'Ureña qui s'efforce de lui servir des véroniques et demie. Au cheval le toro tire longuement des hachazos vers le haut et protestate. Quite sans âme par medio faroles et caleserinas d'Adame qui se termine à toro parado. Le bicho développe sentido au second tiers. Le début de faena voulu brillant se transforme en tanteo. Peu piqué, le Cuvillo tire des hachazos dans les droitières accrochées. A mi faena Ureña s'impose en baissant la main et avec aguante face aux charges incertaines. Le passage à gauche est meilleur bien que bousculé dans les remates, mal venus, par le haut. Les tendidos réagissent à l'entrega et à la sincérité du torero. Un passage à vide brouillon se termine en voltereta. Entière caída en restant sur le front dans un final qui sent la tragédie. Avis. Descabello. Ovation et salut.

Luis David Adame reçoit le dernier Cuvillo par véroniques pieds joints, puis compas ouvert, face à une bonne charge de son adversaire. Le Cuvillo pousse sous une première vara mesurée. Quite par gaoneras et revolera du Mexicain. Le toro charge de loin pour la seconde puya portée et retirée dans le même mouvement. Énorme prestation aux banderilles de Miguel Martin qui salut. Le début de faena à genoux aux tercios est avorté pour cause de derrote néfaste. Muleta dans la main gauche le Mexicain tire des lignes en série liée d'une technicité maîtrisée. La première série droitière fait basculer la faena. La charge s'est raccourcie et le torero accepte le terrain rapproché en enchaînant des cambios dans le dos et des passes tronquées. Le tremendisme maitrisé a pris le dessus y compris dans les bernadinas finales. Deux Pinchazos et demie lame. Palmas et salut. René Philippe Arneodau.

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Madrid 28/09/2017 Román coupe une oreille et perd la puerta grande.

Un peu moins d'une demie entrée pour cette première corrida du cycle de "Otoño". Le lot de Fuente Ymbro, bien présenté, a confirmé la mauvaise passe de la ganadería. Il a offert plus de scories que de qualités. Des trois toreros c'est Román qui a convaincu par une attitude vaillante et volontaire, alliée à un toreo sincère et exposé. Le public étant avec lui, il aurait pu, et du, couper une oreille de son second adversaire. Une entée "a matar" défectueuse l'a privé de la puerta grande que personne ne lui aurait contestée.

Le premier cinqueño de Fuente Ymbro charge en accélérant à mi passe avec coup de tête et en lancé de sabots en avant. Morenito de Aranda va avec lui au centre. La première pique, en bonne place, permet au bicho de pousser et soulever la monture avant de s'éteindre. Il hésite à prendre une seconde vara qui sera réduite au minimum. Morenito est mis sous pression et opte pour mener le toro aux medios. Il prend la gauche avec la volonté de maîtriser les derrotes et hachazos à base de temple et main basse. Le toro n'a aucune qualité propice au toreo et le Matador abrège. Pinchazo avant demi épée caída et atravesada. Descabello. Sifflets au toro. Silence.

Le quatrième Fuente Ymbro refuse de se soumettre à la cape de Morenito. Il a tendance à être distrait et fuyard. Sa prestation au cheval, en deux passages, confirme une claire tendance à la mansedumbre puisqu'il cherche la seconde vara en toriles après avoir gratté le sol face à son matador. Le second tiers se déroule en divers terrains à l'initiative du bicho. Le début de faena est esthétique et appliqué. Le toro tire des gañafones dans la muleta du Maestro. Avec assurance Morenito conduit la charge à droite, en baissant la main. Le toro ne suit pas la muleta jusqu'au bout et tire souvent droit. Averti à gauche le torero exagère les toques pour terminer une série de naturelles. De retour à droite le toro n'avance plus. Entière légèrement delantera et desprendida. Palmas.

Joselito Adame doit traverser la piste pour arriver à dessiner quelques véroniques et demie, au centre, à un adversaire distrait et fuyant. L'animal se dégonfle rapidement sous les deux pique. Román dessine un quite par gaonera, caleserina, cordobina qui se termine par un désarmé dans le remate. Brindis au ciel. Élégant et serein début de faena dans lequel le toro fait mine de rajarse. Le Mexicain s'enroule à droite dans une série droitière sans rectifier sa position. La seconde série est entrecoupée de fléchissements du bicho. À gauche Adame s'expose et tire des muletazos en laissant la muleta sous le museau ce qu'il répète ensuite à droite avec assurance. L'animal ne termine aucune charge complètement. L'attitude du Matador, critiquée par certains, est à mon sens supérieure compte tenu de l'adversaire. Il le confirme dans les doblones de fin de faena. Entière caída. Pétition et palmas au toro. Vuelta au torero.

Le colorado qui échoit à Adame en cinquième position prend bien la cape du mexicain qui dessine des véroniques et demie asentadas. Le toro fait sonner les étriers à la première rencontre puis s'emploie sous deux piques placées en arrière. Excellente paire de banderilles de Fernando Sanchez, on ne peut plus exposée, qui salut avec Miguel Martin. Brindis personnel. Adame choisit les medios pour citer de loin à droite dans un style marginal, al hilo ou même fuera de cacho, ce qui provoque des protestations. Le bicho abandonne à plusieurs reprises le trasteo du mexicain qui bouge beaucoup, sur les deux cornes, pour aller chercher la charge. Entière basse en citant de loin. Silence.

Román ne doute pas un instant face à la charge distraite du troisième Fuente Ymbro, à qui il sert véroniques, gaoneras, caleserinas, ... dans toutes les directions, à la guise des charges erratiques du toro. Le tiers de varas est réalisé dans le désordre. Quite de Morenito par véroniques avec colada du toro et voltereta. L'animal est entier, avec moteur au second tiers. Brindis au public. La charge est boyante lors des doblones de début de faena. Román se confie et cite de loin à droite. Il conduit la charge en imposant des trajectoires. Sur un pase de pecho la muleta reste pliée et le toro le voit. Il lui inflige une violente voltereta. Román avec détermination poursuit à gauche en citant de trois quart, jambe en avant en ignorant les derrotes du bicho. L'attitude du torero est supérieure aux caractéristiques du Fuente Ymbro. Ceci se confirme dans les derechazos suivants. Les bernadinas finales font sursauter les tendidos. Dramatique estocade en se faisant ouvrir la taleguilla puis en étant poursuivi à travers le ruedo par le toro blessé à mort. L'épée est entière et desprendida. Palmas au toro. Oreille.

Le dernier de la corrida est un exemplaire haut et fin qui hésite longuement à combattre. Quand il charge la cape il le fait sans engagement, sans humilier vraiment. Piqué en arrière le toro pousse sur une corne d'abord, puis sans verve à la seconde rencontre. Quite anodin de Morenito. Bonne prestation de Raul Marti aux banderilles. Début de faena sur les chapeaux de roues de Román, muleta dans la main gauche avec un minimum de gestes, le corps redressé, en deux séries intenses de toreo pur. La tentative à droite fait baisser l'intensité de la faena d'abord, puis revient a mas. Le toro souffre d'un calamocheo gênant qui n'émeut pas le torero. La suite à gauche fait retomber la verve du public. Alors Román pour pouvoir couper l'oreille, reste dans le terrain du toro à droite pour créer de l'intensité et du lié ce qu'il réussit à faire. Un metisaca défectueux, en arrière, et une entière un poil trasera suivie de plusieurs descabellos anéantissent tout espoir de puerta grande. Avis. Silence. René Philippe Arnéodau.

 

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Madrid 27/09/2017 Novilleros punteros en échec face aux Ventorrillos sans classe.

Sur le papier la Novillada était prometteuse. Deux Novilleros parmi les meilleurs et un espoir qui faisait sa présentation à Madrid, devaient profiter d'un lot qu'on espérait de garantie. Ni Colombo, ni Valadez n'ont su trouver des solutions à la médiocrité de leur lot. Leur force physique et leur aisance devant les novillos n'ont pas masqué des insuffisances dans les recours de tous types, pour imposer des lidias appropriées. Si les alternatives se profilent, les prestations d'aujourd'hui indiquent que les études ne sont pas terminées.

Le premier novillo de "El Ventorillo" a une charge forte et ample qui le fait accentuer l´ouverture des courbes et trajectoires. Jesús Enrique Colombo la gère parfaitement en menant le bicho au centre. L’agressivité du novillo s’amenuise notablement sous une carioca. Le seconde vara est un simulacre. Quite de Leo Valadez par deux chicuelinas sur la corne droite et revolera à gauche. Colombo se charge de poser les banderilles avec plus de qualités athlétiques et de vitesse que d’art. La troisième paire citée des planches vers le centre aboutissant à une réunion dans le berceau fort spectaculaire. Brindis au public. La faena débute de menos a mas, le novillero passant de toques accentués que le novillo suit par des écarts, pour terminer en Toreo classique par le bas et réuni. La charge est vibrante, plus que les derechazos qui demeurent conventionnels. À gauche le torero se croise mais les naturelles n’ont que peu de relief. Le Venezuelien multiplie les muletazos sans profondeur malgré une aisance visible. Entière trasera et desprendida. Palmas.

Le quatrième novillo du Ventorillo est reçu par une variété de capotazos incluant tafalleras, medio faroles, caleserinas, revolera. Le bicho est piqué d'abord "al relance" coté toriles puis à l'endroit habituel. Quite quelconque de Valadez par véroniques. Le tiers de banderilles de Colombo est spectaculaire en particulier le denier dentro por fuera en prenant le dessus sur la charge du novillo et en clouant dans le berceau. Brindis au public. Le torero se jette à genoux au centre pour toréer en redond. Il se fait mettre en défaut par la charge courte du bicho. La faiblesse qui en est la cause, l'ait aussi pour les coups de têtes qui accompagnent la faena lorsque le torero torée en proximité. S'il allonge les passes la charge est sosa. Le Vénézuélien insiste surtout à droite en tirant des lignes par le bas. Final par Bernadinas brusques et accrochées. Pinchazo al recibir. Entière trasera et caida. Avis. Palmas et salut.

Face au second novillo l’Hidrocalido , Leo Valadez, exécute des véroniques appliquées et templées en reculant entre les passes pour laisser le bicho prendre de l’élan. Les forces de ce dernier étant limitées il est piqué avec mesure. Quite d' Ochoa par Saltilleras et revolera. Brindis au public. Le début de faena est tronqué par une vuelta de campana du novillo. Ses charges longues et parfois profondes sont brusques et désordonnées à cause de sa faiblesse. Il passe et va loin mais trébuche souvent. Le public s’impatiente et proteste. Pinchazo et bajonazo. Silence.

Le quinto est un novillo salpicado, haut qui pousse la cape de Valadez plus qu'il ne la charge. Il s'emploie en parallèle au cheval sous une pique trasera, puis sort rapidement de la seconde rencontre. Quite brouillon d'Ochoa par medio farol, caleserina, chicuelina, demie. Valadez réplique au centre par lopecinas, continuant avec une création en toréant avec le vuelo libre de la cape et en tournant sur lui même, terminant le quite par demie. Le Mexicain cite au centre pour des derechazos serrés qui transmettent pourtant peu. Il donne de la distance au novillo qui ne répond pas avec l'entrega espérée. Les cites sur les deux cornes sont sincères jambe en avant mais le bicho est tardo et sa charge brusque. Les tentatives à gauche sont accrochées. Bajonazo sur le flanc du à l'agenouillement du novillo. Pinchazos et avis. Silence.

Le Madrilène Carlos Ochoa se présente à las Ventas face à un berrendo haut au garrot qu´il reçoit par larga cambiada à genoux aux planches puis des véroniques au centre. Mal piqué le novillo sort rapidement du peto et termine sur les rotules. Quite par chicuelinas de Colombo avec remate en recorte avec changement de main. Brindis personnel. Le novillero, après tanteo, dessine des derechazos al hilo jambe de sortie effacée en liant avec aisance et esthétisme des muletazos qui contrastent avec la charge molle, courte et le calamocheo du bicho. Ce dernier finit par s’allonger sur une passe de pecho. Ensuite il n’avance plus. Le public proteste. Entière en arrière et basse. Palmas.

Le dernier novillo castaño n'a que peu de trapio et lance les pattes dans la cape du Madrilène. Il pousse longuement sous le fer porté en arrière, en partie en carioca, par deux fois. Le banderillero tercero, Victor Cañas, pose en premier, donc deux paires de banderilles. Brindis au public. Au centre Ochoa cite à droite, jambe de sortie en retrait et se fait enfermer en fin de première série. Dans la seconde il se recentre légèrement. À gauche il ne trouve ni distance, ni rythme. Retour à droite pour un passage poussif dans lequel le novillo n'avance plus et le torero n'a pas de solutions. Le meilleur vient à la fin dans des naturelles qui démontrent que des solutions existaient au prix , cependant, d'une voltereta. Ayudados avant demie lame cruzada, trasera, desprendida et perpendicular. Descabello. Palmas et Salut.

Malgré un cartel attendu nous sommes sortis déçus. René Philippe Arneodau.

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Séville 24 septembre 2017. Talavante revendique son statut de figura en plus de couper une oreille.

La corrida de toros, bien qu’une macédoine de fers autour de Garcia Jiménez, fut mieux présentée que celle d’hier, en donnant aussi plus d’émotion. Alejandro Talavante, critiqué pour sa saison en demi teinte et la substitution de dernière heure de José MaríaManzanares, a su montrer que sa place dans l’escalafón n’est pas un mirage et qu’il faut compter sur lui et sa race. Le fait qu’il soit allé par deux fois à puerta gayola n’est pas le plus notable. C’est la façon dont il a donné les largas cambiadas qu’il faut retenir. En effet, dans des conditions moins que propices, il a gardé son calme et dessiné des passes lentes, templées, au rythme des bichos, ce qui dans ce type de suerte est très inhabituel. Rafael Serna a montré beaucoup d’entrega devant le seul adversaire combattu et Andrés Roca Rey, fidèle à lui même, s’est exposé dans une routine destinée à stimuler les tendidos.

Rafael Serna prend l’alternative face à "Almendrito" de Olga Jiménez, numéro 81, né en 05/13, pesant 525 kg. Il va a puerta gayola pour recevoir son opposant par larga afarolada à genoux dont il se sauve d’un millimètre avant d’enchaîner avec des véroniques et remate que le public, ému, fête. Le bicho de belle présentation lance les sabots en avant. Au cheval, le toro fait sonner les étriers. Inspiré R. Serna exécute un quite fort esthétique par chicuelinas. À la seconde rencontre, le bicho effleure à peine le peto. Alejandro Talavante, avec peu de jugement, réalise un quite, aussi par chicuelinas, moins réussies que celles du toricantano. Alejandro Talavante donne l’alternative à Rafael Serna en présence de Andrés Roca Rey. Brindis au père. La faena débute par doblones au rythme du bicho dont la charge est incomplète. Bien que brouillons, les derechazos sont appréciés des tendidos. Plus qu’à droite, le toro essaye d’accrocher la muleta à gauche. Rafael Serna arrive cependant à lier quelques naturelles sans caché. Le jeune promu termine la faena avec plus d'intention que de réussite face à une charge bien médiocre. Entière delantera et tendida en recevant une cornada au bras, le toro n’ayant pas obéit au toque. Palmas.

Alejandro Talavante se rend à puerta gayola où il reçoit son premier adversaire à genoux par larga cambiada sans douter, avec aguante, face à un bel exemplaire qui vient au pas. Le bicho n’est pas très vif et le maestro doit le fixer avant de pouvoir lui donner des véroniques et demie véronique de belle facture. Au cheval le garcia-jiménez est peu prolixe et sort rapidement des deux rencontres. Quite à couper le souffle de Roca Rey par medios faroles et caleserinas terminées par demie véronique. En l’absence de Rafael Serna, il n’y a pas de cérémonie de restitution de trastos. Le début de faena par le bas est bien conduit et somptueux, sous estimé par les tendidos. La première série à gauche est adoubée par le public sévillan. A. Talavante a trouvé le rythme mais le bicho fléchit parce qu’il est dominé par le bas. Peu à peu le maestro s’impose avec torería sur les deux cornes, les seules scories venant des hésitations du toro. Le tout culmine dans une série gauchère au ralenti et de face au centre du ruedo. Les dernières tentatives montrent que le bicho n’a plus rien à offrir. Plusieurs pinchazos gâchent le triomphe. Avis avec entière trasera et tendida. Applaudissements à l'arrastre du toro. Palmas et salut.

Le second de Alejandro Talavante est reçu de manière appliquée et laborieuse à la cape. Le public proteste les fléchissements du toro avant que celui-ci ne renverse cheval et cavalier. La seconde pique est un simulacre. Le bicho n’humilie ni aux banderilles ni dans les capes. Juan José Trujillo salut pour deux paires de palitroques engagées. A. Talavante prend promptement la droite pour des muletazos liés à mi hauteur. À gauche, la charge indolente et irrégulière ne permet pas d’enchaîner. Retour à droite pour des derechazos et pase de pecho qui lancent la musique. A. Talavante soumet le toro qui après trois muletazos se met à douter dans des séries qui, de facto, vont a menos. Manoletinas finales. Entière au ralenti en se faisant prendre et tournoyer sur les cornes. Une oreille.

Rafael Serna blessé, c’est à Alejandro Talavante que revient la responsabilité de combattre le dernier exemplaire de Peña de Francia. Dans un geste de macho, Talavante va «a toriles» pour recevoir à genoux le bicho. Avec temple, il passe en larga cambiada ce toro qui avance sur lui sans conviction. Malheureusement l’animal est sur la réserve et distrait, ne permettant pas de toreo de cape. Deux piques sont prises al relance, partout en piste sauf à l’endroit prévu. La mansedumbre latente est infirmée dans la troisième rencontre chargée de loin, mais poussée tête haute. Clarinazo du dernier toro de l’abono. Talavante prend vite la mesure du toro à droite dont la charge est vive et répétitive. Le temple du maestro fait le reste. À gauche, l’animal cesse de charger. Talavante a tout le mal du monde à dessiner trois naturelles liées. Rien ne va plus, le maestro prend l’acier. Entière basse.

Andrés Roca Rey passe son premier toro, abanto, en véroniques appliquées. Le manso fait le tour du ruedo à sa guise pour un refilón pris face aux tendidos du soleil et une vara. Quite de Alejandro Talavante par delantales. Suit une nouvelle pique sans conviction. L’animal développe des complications au second tiers. Rapidement A. Roca Rey le met dans sa muleta aimantée. À droite le bicho se soumet et suit la muleta par le bas. Ensuite il proteste. À gauche, le toro est arrêté et le Péruvien doit le forcer. Un final en arrimón permet au torero de se justifier. Metisaca et entière basse. Palmas et salut.

Le cinquième comme le premier est de Olga Jiménez. Andrés Roca Rey soumet sa charge vive en véroniques pieds joints et une demie véronique. Sous le fer, le toro proteste puis pousse. Dans la seconde rencontre il combat par à-coups puis sort seul. Quite du matador par saltilleras qui ravissent les tendidos. Le bicho ne respecte pas toujours les toques et garde la tête relevée au second tiers. Brindis au public. Le double péndulo fait frémir le public. À droite, compte tenu du vent qui s’est levé, le torero baisse la main pour des derechazos brusques et accrochés qui vont a más. À gauche, le Péruvien impose sa quiétude à la brusquerie et se réfugie dans les fioritures d’abord, puis dans des naturelles "citées" avec sincérité malgré les imperfections de l’embestida. Pinchazo et entière desprendida. Palmas et salut.

René Philippe Arneodau.

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Séville 23 Septembre 2017 - Oreille à Alejandro Talavante pour l’alternative de Pablo Aguado.

Pablo Aguado, novillero prometteur à ses débuts, s’est vu annoncé dans un cartel rêvé pour prendre l’alternative. Comme sa fin de carrière de novillero, cette journée ne laissera que des regrets et des objectifs d’amélioration pour le futur. Le lot de Garcigrande, qu’on imagine trié sur le volet, a connu des hauts et surtout des bas, dans un ensemble loin des qualités attendues de cette ganaderia. Physiquement ce lot n’était pas dans le type de la maison. Quant au comportement, on peut juger que plusieurs toros permettaient le toreo d’oreilles (les 1, 3, 4 et 6) mais pas à des niveaux d’émotion dignes de la Maestranza. Enrique Ponce a eu une attitude de maestro avec ses deux adversaires et Alejandro Talavante a montré la même irrégularité que dans sa temporada.

Pablo Aguado prend l’alternative face à "Recobero", numéro 49, de Gracigrande, né en 10/12, pesant 503 kg. Le manso doit être testé par Ángel Gómez avant que Pablo Aguado ne le reçoive à la cape dans des véroniques où le toro charge avec réserve parfois par le bas, parfois par le haut. L’animal se réveille et pousse longuement tête haute sous le fer. Ses forces s’étant amenuisées, la seconde pique s’avère moins vibrante. Les charges du garcigrande sont courtes et calculées au second tiers. Cérémonie d’alternative dans laquelle Enrique Ponce cède les trastos en présence    d'Alejandro Talavante. Au moment de demander la permission au président, Aguado doit recevoir la charge impromptue du toro de la main gauche, de belle manière, par le bas. Brindis personnel. Le bicho se révèle un collaborateur obéissant tant à droite qu’à gauche. Aguado en profite avec empaque et assurance faute de profondeur, l’animal allant a menos en collaboration, sinon en force. Lame partielle très défectueuse en prenant le large, avant entière caída, atravesada. Vuelta. Applaudissements au toro.

Enrique Ponce reçoit avec toute la classe qui l’habite son premier garcigrande qui le met en confiance avec des charges engagées par le bas. Comme son frère premier, le bicho pousse tête relevée sous le fer. Quite du maestro de Chiva par chicuelinas et demie vérronique expressives. La seconde pique mesurée est de meilleure facture et plus courte. Quite brouillon par gaoneras de Talavante. Après la cérémonie de restitution des trastos, Ponce entreprend l’animal qui s’est dégonflé sans désir de combattre. Le maestro prend l’épée. Demi-lame basse sur le passage. Silence.

Le quatrième bicho, massif, sort en piste avec mobilité et regarde au dessus des tablas. Les véroniques d'Enrique prennent la mesure d’une charge indolente du “Garci vraiment grande”. Ce dernier est piqué en arrière, avec verve. Ponce fait saluer, à pied, Manolo Quinta qui vient de piquer le dernier toro de sa carrière. Brindis de Ponce à son picador. Entregado, Ponce passe le toraco par doblones. Les derechazos sont donnés au rythme irrégulier du toro, qui charge parfois par le bas, parfois à mi-hauteur, parfois long et parfois court. Il en va de même à gauche, le maestro effectuant un effort notable face à un opposant mobile mais manquant d’agressivité et de classe. Deux pinchazos et 3/4 de lame atravesada. Vuelta que le maestro effectue seulement pour accompagner son picador Manuel Quinta.

Alejandro Talavante temple en véroniques les charges saccadées du troisième Garcigrande. Le tiers de varas est vite mené, sans zèle ni excès. L’animal plane dans la cape de Sergio Aguilar au second tiers. Grand début de faena à droite, avec confiance, toujours sur la corne droite et jambe pliée. Ayant pris la mesure du bicho Talavante, relâché, signe deux grandes séries droitières avec un cambio de mano et passe de poitrine. À gauche un désarmé par excès de confiance rompt le charme avant que le maestro ne reprenne avec profondeur à gauche, terminant chaque naturelle avec le vuelo de la muleta et la série avec farol et pase de pecho. Ensuite le trasteo baisse de ton à l’image des charges. Demi-lame en arrière. Palmas au toro et oreille généreuse.

Le cinquième est armé long et vers l’avant. Alejandro Talavante se fait accrocher la cape après quelques véroniques sans transcendance. Le bicho pousse tête haute d’abord puis à mi-hauteur sous une pique tombée, la première, puis une seconde en place. Quite de Pablo Aguado par chicuelinas et demie véronique. Sergio Aguilar brille et salut au second tiers. Élégant et sûr de lui, Talavante conduit à droite les charges à double détente de son opposant. À gauche l’embestida est moins claire ce qui renvoi le maestro à droite où les    à-coups et la tête relevée en fin de passe se sont accentués. Entière caída. Palmas et salut.

Le toricantano conclut les débats face à un dernier garcigrande qui se déplace d’abord avec difficulté et sans classe. Il tente des chicuelinas entre deux passages au cheval bien médiocres. Brindis au public. L’entame de faena est aisée, profitant des charges claires à droite. À gauche les premières naturelles portent plus sur le public. Les suivantes tombent à plat. C’est au retour à droite que se fait la connexion dans une série rythmée qui déclenche la musique. La seconde partie de faena va a menos tout en étant au goût du public. Le toro est quant à lui allé a más en moteur. Pinchazo, demi-lame tendida et entière. Avis. Palmas et salut.

René Philippe Arneodau.

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L'ANNÉE MANOLETE (III)

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Les clameurs se sont tues. La profusion d’hommages, d’articles, de livres nouveaux dédiés à Manolete en cette année 2017 pour la commémoration du centenaire de sa naissance et des 70 ans de sa disparition, ont brusquement disparus après le souvenir … Continuer la lecture

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