Madrid 11 Mai 2018 - 4ème de Feria - Saúl Jiménez "Fortes" aux portes de la gloire.

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Le cartel de ce jour était un cartel d'aficionado. Trois-quarts d'entrée l'ont honoré pour partager ce qui sera, très certainement, un des grands moments de la Feria 2018.  En effet "Fortes" a fait étalage à la fois d'une décision inébranlable … Continuer la lecture

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Madrid 10 mai 2018 – 3ème de Feria – Importante faena de “Román” à un bon toro de Fuente Ymbro.

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Après les deux premières corridas de feria, décevantes, la corrida de Fuente Ymbro sans atteindre les sommets permettait aux trois matadors et leurs cuadrillas de provoquer les premières ovations soit par leur travail à la cape dans les quites, à … Continuer la lecture

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Madrid 09 mai 2018 - La Quinta en nuances de gris et noir.

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Trois-quarts de tendidos et un vent intermittent ont accompagné ce second festejo de l'abono 2018.  Le lot de La Quinta bien présenté, mais dans un ensemble disparate, a proposé un comportement totalement étranger aux trajectoires plus courantes des domecqs du … Continuer la lecture

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Madrid 8 mai 2018 - 1ère de San Isidro - Début de feria, sombre et mouillé.

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La novillada qui inaugurait la San Isidro 2018 ne laissera aucun souvenir si ce n’est une certaine désillusion aux spectateurs qui couvraient au deux-tiers les gradins de Las Ventas et qui à partir du quatrième novillo quittaient les arènes car … Continuer la lecture

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Madrid 2 mai 2018 - Corrida goyesca – Torería de Javier Cortés, une oreille et grave blessure.

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La traditionnelle corrida goyesca en ce jour de Fête de la Communauté Autonome de Madrid ne pouvait être que madrilène puisqu’elle réunissait trois toreros de Madrid : Iván Vicente, Javier Cortés et Gonzalo Caballero pour des toros de El Tajo et … Continuer la lecture

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Séville 22 Avril 2018 - Pepe Moral coupe deux fois une oreille face aux Miuras en mutation.

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En ce dernier jour de Feria une minute de silence a été respectée pour le torero Sévillan José Rodríguez "El Pío" La Maestranza est presque pleine pour le mano a mano entre Manuel Escribano et Pepe Moral faces aux Miuras.  … Continuer la lecture

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Séville 21 avril 2018 – Deux bons toros de Fuente Ymbro et une oreille pour “El Fandi”

L’avant dernière corrida de la Feria d’Avril à Séville se déroulait sous une pluie intermittente et devant des arènes remplies tout juste au trois-quarts. Les toros de Fuente Ymbro, irréguliers de présence et de comportements, offraient néanmoins aux matadors andalous du cartel l’occasion de mettre en évidence  quelques facettes de leur torería sans triompher… Seul David Fandila « El Fandi » coupait une oreille au sixième et l’intransigeance et sévérité du président empêchait Juan José Padilla de recevoir ce même trophée. Manuel Jesús « El Cid » repartait bredouille.  Sans doute, il fut le moins bien servi du lot pour briller.

Deux toros de Fuente Ymbro pouvaient être crédités d’une bonne note, tels les 1er et 6ème, le 3ème développait casta ou plutôt genio et ne permettait pas de faena. Le 1er par une charge rythmée, sans à-coups, meilleur sur la corne droite, plus réservé sur la gauche n’était pas mis totalement à profit par J.J. Padilla. Le 6ème plus vif, sans fixité d’entrée à la cape mais de bonne course dans les quites et aux banderilles, plus long de charge sur la droite, baissait un quelque peu sur la fin de faena avec l’excuse d’avoir été mis à contribution par « El Fandi » dans les tercios précédents.  Le 2ème, le seul cinqueño du lot, mettait à l’épreuve « El Cid » par l’irrégularité et le « piquant » de ses charges, le 4ème faible et rajado sur la fin et le 5ème , distrait et pas clair dans la muleta de « El Cid »  n’apportaient rien de bon ni pour le ganadero et encore moins pour les matadors. Dans l’ensemble, les suertes de varas ne détonnaient pas de la tendance observée durant cette feria, piques traseras, les deuxièmes « règlementaires » n’étaient jamais appuyées et il n’y eut vraiment pas de combat au cheval.

L’après-midi de David Fandila « El Fandi » était la plus complète, la plus sérieuse. Il recherchait et forçait le succès finalement obtenu au 6ème. Très varié aux banderilles, c’est avec ce toro qu’il déployait ses facultés physiques et son sens du spectacle : il plantait trois paires de rehiletes, une de la moviola, la suivante al sesgo por dentro et l’autre por fuera. Il avait animé un quite par zapopinas et demi-véronique à genoux au centre de la piste. La faena  était entamée de nouveau au centre, para un cite lointain, pour des passes en rond à genoux. Debout, « El Fandi » dessinait des derechazos, a gusto et, à gauche, il avançait la muleta pour allonger la charge du toro qui  n’avançait pas avec la même vivacité qu’à droite. Il terminait la faena par ayudado por alto, naturelle de remate par le bas et molinete. Le torero de Granada dominait la situation et se montrait sous le jour d’un torero sûr de lui, de recours techniques et gestes artistiques … Une estocade entière, estoconazo, un peu en arrière valait une oreille largement fêtée par le public, un peu mouillé mais heureux.

                

A son premier « El Fandi » avait résolu avec métier les difficultés que présentait ce toro de charge courte et rebelle, presque tobillero, colérique même lorsqu’il arrivait à accrocher la muleta. Une estocade desprendida achevait l’animal que El Fandi avait torée à la cape d’entrée par des véroniques bien dessinées – une demi-véronique à genoux en remate, accrochée – et des chicuelinas marchées pour conduire le toro au cheval le tout suivi d’un tercio de banderilles explosif.

Juan José Padilla ne parvenait pas à « incendier » comme à son habitude le public de Séville tout acquis au Pirata. La petite faena au bon premier montrait un Padilla en dessous de ses capacités de lidiador - pas nécessaires avec ce toro – recherchant des effets spectaculaires alors qu’il suffisait de toréer long, pausé et profiter de la charge rythmée et répétée du toro pour dessiner les derechazos et des naturelles classiques. La faena initiée à genoux près des tablas et terminée par des doblones confirmaient la qualité de ce toro qui recevait une estocade très en arrière.  Cela justifiait, sans doute, la décision du président de ne pas accorder l’oreille malgré une demande majoritaire ! Au 4ème, pauvre de hechuras, il n’y avait pas grand-chose à faire car ce toro ne montrait aucune envie d’entrer dans le leurre, restait court et terminait les passes en faisant mine d’aller vers les planches, rattrapé in extremis à chaque fois sans continuité donc et… sans intérêt ni pour le public ni le torero désabusé et contrit de son avant-dernière prestation à la Maestranza. On le sait : Juan José Padilla a décidé de se retirer à la fin de la saison. Il sera à Séville pour la San Miguel pour ses adieux…

Manuel Jesús « El Cid », sans doute le moins bien servi au sorteo,  commençait bien ses deux faenas. A son premier, le cinqueño, de belle présentation, sur la droite, à la muleta, il canalisait les charges vives de ce toro qui transmettait émotion mais qui doutait dans les naturelles. Après cela, le comportement du toro changeait pour ne plus répéter les charges du début. « El Cid » prenait l’épée pour un pinchazo et une estocade verticale entière. La réception du 5ème par véroniques améliorées en qualité et terrain, donnait quelque espoir, vite déçu car le toro sans fixité, distrait, chargeant dans toutes les directions – difficile brega ?  - « sans humiliation » à la muleta, ne permettait que des demi-passes. A la voix, « El Cid » incitait la charge de ce toro irrégulier dans le leurre et, découragé, terminait par un court macheteo avant de placer un pinchazo hondo ou demi-lame en sortant de la suerte et allongeant le bras.

Juan José Padilla : Un vuelta ; silence. “El Cid”: silence aux deux. “El Fandi” : silence et une oreille. Applaudissements aux 1er et 6ème à l’arrastre.

Georges Marcillac

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Séville 20 Avril 2018 - Oreille de José María Manzanares face aux mastodontes de Juan Pedro Domecq.

C'est à ne plus rien y comprendre.  Alors que les toros de El Pilar étaient sortis légers,  les Juan Pedro ont été choisis volumineux et hors de type pour un cartel de luxe auquel s'est invité un plein dans les tendidos. De nombreux experts nous expliquent que les toros ne peuvent pas fonctionner avec trop de poids.  Sauf que ceux de El Pilar et les Victorino Martín, de la Feria de Séville, sans excès de poids n'ont pas fonctionné. Et aujourd'hui les Juan Pedro Domecq ont été sélectionnés avec du volume alors que Séville les auraient acceptés dans le type.  Les figuras ont bien fait l'effort, chacun dans son style et Enrique Ponce s'est même fendu d'un arrimón.  Le tout dans une ambiance monotone laissant tout le monde sur sa faim.

Le premier Juan Pedro corniapretado, choque à plusieurs reprises aux burladeros avant de charger avec difficulté dans les véroniques faciles de Enrique Ponce.  Le toro pousse sous une carioca de fait.  Un bref quite en guise de mise en suerte de Ponce, puis un autre après le second simulacre de pique, attestent de la faiblesse du morlaco.  Le fade et distant début de faena est peu prometteur.  Le bicho hésite et sa charge est tronquée à droite.  L'animal charge avec le museau.  À gauche, l'équation à aucune inconnue est la même et le public s'en plaint.  Un arrimón du maestro lui vaut quelques applaudissements.  Un metisaca dans le flanc et un pinchazo hondo en arrière sont ponctués par un avis.  Silence.

Le second Juan Pedro de Enrique Ponce est accueilli classiquement et avec méthode.  Contrairement à Ginés Marín, la dernière partie de son corps à s'immobiliser dans les véroniques est sa jambe arrière.  Le bicho s'exécute sous deux piques mesurées.  Le maestro comprend rapidement son adversaire au point de codillear et de l'enrouler  dans les premières séries droitières.  Les naturelles, bien que dessinées une par une, n'en sont pas moins efficaces.  Ce que la charge manque en réunion, Ponce le compense par son engagement et  esthétique.  Demi-lame caída, trasera, tendida et atravesada.  Trois descabellos et avis.  Sifflets au toro, applaudissements et salut au Maestro.  

Le second Juan Pedro est massif.  José María Manzanares le fixe puis l'embarque en rythme mou pour des véroniques et une demie.  L'animal va par deux fois au cheval avec vivacité mais sans pousser.  Peu châtié il répond à un quite par véroniques compas ouvert et demi-véronique pieds joints dans un mouchoir de poche de Ginés Marín.  Jesús González "Suso" salue en banderilles pour sa prestation efficace.  J.M. Manzanares, après tanteo, cite à distance pour une série droitière courte dans laquelle le bicho colle.  Passant immédiatement à gauche et il réalise une série plus complète et profonde qui lance la musique.  La mesure est prise et Manzanares alterne les séries sur les deux cornes avec beaucoup de "temple" et profondeur à droite. Un desarme à gauche rompt quelque peu le charme.  Les ayudados avant l'épėe ont moins d'intensité que le reste de la faena.  Estocade entière au rythme d'un sprint.  Une oreille.  Applaudissements au toro.

Le cinquième  est le premier animal court sur pattes de la corrida.  Les véroniques de J.M. Manzanares vont de más a menos à l'image des charges de l'adversaire.  Le Juan Pedro pousse sous le fer en parallèle au peto, puis fait sonner l'estribo à la seconde rencontre.  Le toro est d'abord andarín entre les muletazos droitiers.  Le matador trouve ensuite le rythme lui permettant d'enchaîner des séries courtes. Les naturelles sont d'abord méthodiques, brouillones ensuite jusqu'au desarme.  L'animal devient éteint et rend inconséquente la fin de faena.  De multiples pinchazos irritent le public.  Avis, demi-lame et une tentative de descabello non concluante avant que le toro ne se couche. Silence.

Le troisième exemplaire embiste avec vivacité dans les véroniques de Ginés Marín,  chargeant la suerte et demi-véronique sur la hanche.  Le toro passe sous le peto lors de la première rencontre et envoie voler cheval et cavalier (picador et père du jeune torero)  Bien que cherchant à passer par devant le cheval, le toro s'active sous la seconde pique relevée rapidement.  Quite de Ponce par chicuelinas de menos a màs et larga en remate.  Brindis à Sergio Ramos (capitaine du Real de Madrid et sévillan) présent dans le callejón.  Tous les gestes de Ginés Marin sont empreints de précision et d'engagement depuis les premiers cites de loin.  Le toro est pronto aux toques mais ne répète pas sans eux.  Les séries sur les deux cornes s'en trouvent affectées ce que le matador compense par de l'aguante.  Aucune fioriture superflue et aucune technique avantageuse.  Tout est engagement face à une baisse de régime marquée du J.P.Domecq devenu statique.  Pinchazo et demi.lame croisée.  Applaudissements et salut.

Le sixième tarde à se soumettre à la cape de Ginés Marín.  Lorsqu'il trébuche, l'ire monte dans les tendidos.  Mouchoir vert.  Le sobrero du même élevage accuse le coup après une vuelta de campana et finit lui aussi au corral.  Le second sobrero de la corrida est le plus léger de la course et le plus en type. Ginés Marín le reçoit avec des véroniques et demie efficaces.  L'épreuve de la pique est mal supportée par le bicho qui trébuche sous les protestations.  Brindis au public. Le matador prend son temps puis débute en ligne pour ne pas peser sur la charge.  Peu à peu, il incurve les trajectoires à droite.  Lorsqu'il passe à gauche, le toro donne tous les signes de l'abandon et de la décomposition.  Marín abrège.  Entière desprendida et trasera. Silence.

René Philippe Arneodau

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Séville 19 Avril 2018 - L'échec des toros de Jandilla, alibi de l'échec des matadors.

Le lot de Jandilla - Vegahermosa est selon les déclarations du ganadero le lot qu'il a voulu envoyer à Séville. Il s'agit en l'espèce d'un lot disparate de présentation, comme hier les toros de "El Pilar", et faible dans l'ensemble.  En déclarant cela le ganadero semble absoudre les matadors de toute responsabilité dans l'échec du cartel.  Antonio Ferrera est passé en ombre chinoise sans poser les palitroques sous les protestations du public qui ne semble pas avoir pris connaissance de l'abandon de la suerte par le torero.  Il y reviendra si ses prestations ne sont pas meilleures que celles de Séville.  "El Juli" est sorti avec les honneurs et le bénéfice du doute.  Quant à Andrés Roca Rey il est apparut en conquérant infructueux.  Après cette corrida de farollilos, le "toro du troisième tercio", des jours précédants, reste le grand vainqueur de Séville pour le moment.  Le public s'est démarqué en sollicitant l'oreille du premier de "El Juli" après une infâme estocade qui à Madrid aurait apaisé toute velléité  de triomphalisme. Du moins, je l'espère.  

Avant le début de la corrida, El Juli salue, en honneur de sa Porte du Prince d'avant hier, sous l'ovation mêlée à celle destinée au drapeau catalan affublé de la mention "Catalunya es taurina" exposé dans les gradins.

Le premier de Jandilla permet à Antonio Ferrera d'exécuter quelques véroniques a gusto dans une série incomplète marquée par la faiblesse du bicho.  Ce dernier est épargné aux piques sans à peine faire bouger la monture.  L'entame de faena confirme sa mollesse malgré une charge prometteuse.  Ferrera maintient la muleta à mi-hauteur.  Peu à peu l'embestida se désunit, devient cabeceo et le toro finit par s'allonger au sol.  Ferrera a le mauvais goût de tenter de poursuivre à gauche, puis prend l'épée.  Pinchazo et entière.  Sifflets au toro.  

Le quatrième, un Vegahermosa, est léger et terciado.  Il est reçu par véroniques compas ouvert de Ferrera, puis en pieds joints en accompagnant le voyage et demie du même style. Le bicho est mis en suerte avec brio par son matador, surtout dans la longue revolera marchée.  Le toro s'emploie sous une bonne pique d'Antonio Prieto, puis tarde à retourner au cheval pour un simulacre.  Il fléchit pendant les premières séries droitières.  Ferrera change de terrain et semble obtenir un meilleur résultat en derechazos.  À gauche, les naturelles viennent de une en une, entrecoupées de derrotes du bicho.  Le matador insiste longuement pour peu de résultats.  Entière caída.  Silence.

Le second Jandilla, premier de Julián López "El Juli",  est de trapío indéfini malgré son volume.  Facile dans quelques lances entrecoupés de flexions du bicho, Juli n'insiste pas à la cape.  L'animal a du mal a se tenir debout durant les deux piques.  Juli met l'eau à la bouche dans une mise en suerte réussie.   Andrés Roca Rey met le feu par un quite sans deux passes identiques et de grande exposition, auquel El Juli réplique d'abord avec vulgarité puis avec une cordobina et une demi-véronique étincelantes de dominio et de lenteur.  Brindis au public.  L'entame de faena est du même acabit dans un style vertical du meilleur goût.  Suivent un passage à vide et un autre en demi-teinte sans ligazón.  La charge est devenue instable à droite.  El Juli trouve alors le rythme et l'esthétique à gauche.  Musique.  Toutes les naturelles sont dessinées sans aucune fioriture et sans contorsion dans des mouvements profonds.  De nouveau à droite, El Juli se positionne cette fois hors trajectoire pour enrouler et terminer par un changement de main à la grande joie des tendidos.  Les passes aidées finales sont exécutées pour compenser l'impossibilité de réaliser une dernière série de naturelles préalablement avortée.  Trois- quarts de lame défectueuse, basse, atravesada et en arrière dans le style maison.  Pétition d'oreille majoritaire refusée.  Vuelta. 

Le Jandilla cinquième, enmorillado et sans cou, fonce en ligne dans la cape timorée de El Juli.  Le toro pousse sous une première pique exécrable de Barroso qui se rachète à la seconde attaque de loin du bicho.  Ce dernier galope avec énergie durant le second tiers.  EL Juli l'oblige dès les premiers muletazos dont certains genou en terre.  Ce castigo semble avoir rompu la volonté de l'adversaire qui ne répond plus aux sollicitations quelle que soit la corne entreprise. Demi-lame en bajonazo.  

Andrés Roca Rey, à son premier, va a puerta gayola pour une larga cambiada de rodillas répétée ensuite le long des planches.  Suivent des chicuelinas de grande exposition au centre, avec demi-véronique.  Le toro au trapío de Séville va deux fois au cheval pour une seule pique.  Au second tiers l'animal galope et fait l'avion.  Roca Rey se jette à genoux le long des planches pour des passes ajustées dont le péndulo vers les planches, dont je pense qu'il s'agit d'une première.  Une série droitière ne contrôle pas la charge.  La suivante, main basse monte d'un cran.  À gauche, certaines passes sont contrôlées et d'autres non.     Fuera de cacho le Péruvien embarque le Jandilla dans quelques muletazos face à une charge qui s'est éteinte, puis dans un arrimón de justification.  Entière desprendida.  Ovation et salut.  

Le dernier Jandilla passe sans complication dans les véroniques de Roca Rey.  Il montre des signes de mansedumbre sous deux piques en se plaignant du châtiment et en sortant seul.  Quite très ajusté du matador par medio farol, gaoneras et longue revolera.  Le toro est prompt et galope au second tiers.  Brindis au public.  Estatuarios en poursuivant le mansito qui cherche à éviter le combat.  Le toro va loin dans les passes et s'ouvre en sortie de muletazo. Roca Rey en profite pour le passer autour de lui, dans toutes les directions aux accords de la musique.  Alors que le  bicho est  rajado, la musique continue et Roca Rey poursuit là où va le manso.  Festival en honneur des tendidos de sol, inclues les manoletinas finales.  Pinchazo, avis et entière dans des terrains inhabituels, toro dos aux planches et le torero entrant vers celles-ci.  Palmas.

René Philippe Arneodau

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Séville 18 Avril 2018 - Une oreille populaire pour José Garrido et déception des toros de "El Pilar".

 

Photo: Álvaro Pastor Torres

Photo: Álvaro Pastor Torres

Demi-entrée pour voir la corrida de "El Pilar" très disparate et trop juste de présentation.  Malgré des poids limités, sauf le premier sobrero, et jeunes en âge pour cinq d'entre eux, ils ont accusé de la faiblesse, tout en montrant de la noblesse.  En tout état de cause et bien qu'il m'en coûte de l'écrire, le spectacle de ce jour va donner des arguments à ceux qui ont été enthousiasmés par les deux dernières corridas de Garcigrande et Nuñez del Cuvillo.  Dans cette triste ambiance seul José Garrido a tiré son épingle du jeu, à base d'entrega, un peu pueblerina à son second dont il coupa l'oreille.  Une corrida de presque trois heures qui mît à l'épreuve les plus endurants d'entre nous.

Photo: Álvaro Pastor Torres

Le premier exemplaire est haut, fin quelque peu zancudo.  Ses retours de charges avec écarts obligent Juan Bautista à rectifier sa position sauf sur deux véroniques d'une grande douceur.  L'aldeanueva (les toros de "El Pilar" ont pour origine l'encaste Aldeanueva) pousse au cheval et en sort affecté.  Le maestro français distille un quite par chicuelinas et demi-véronique toujours marqué par la douceur, caractéristique tirée de l'embestida.  La seconde rencontre au fer est simulée.  Le quite d'infirmier de Alberto López Simón envoie le toro au tapis.  Juan Bautista débute à mi hauteur et en ligne pour éviter les fléchissements du bicho. Il en résulte un toreo en ligne sur les deux cornes de peu d'intensité, inclus des accrochages de muleta en sortie de passes.  Le tout est aimablement applaudi par le public.  Le toro est noble, le matador conventionnel.  Les enroulements de fin de faena ne sont pas plus en rythme avec l'embestida que le reste du trasteo.  Demi-lame en golletazo.  Sans reprendre l'épée le Français est longuet au descabello.  Silence.

Le second de Juan Bautista est bas et montado.  Bien que brusque en sortie, la charge du Pilar est longue et continue.  Les véroniques n'en prennent pas la mesure.  Avant la pique apparaissent les premiers signes de faiblesse.  Mouchoir vert.  Le sobrero porte presque cent kilos de plus que ses congénères et est plus dans le type que l'on connait de la ganaderia.  Lui aussi accuse une faiblesse dès les capotazos du Français.  Le Pilar a du mal à déplacer le cheval d'Alberto Sandoval qui porte deux bonnes piques courtes.  La faena débute à gauche, avec difficulté, là où le toro l'attendait au tiers.  Les premiers passages droitiers sont conventionnels, froids et en ligne.  Le matador semble subir plus qu'imposer.  Les séries gauchères le confirment.  Pinchazo et demi-lame en arrière.  Silence.

Alberto López Simón touche un exemplaire haut et peu épais au regard anovillado auquel il sert des véroniques dans les tercios à la demande du bicho.  Le tiers de piques a lieu dans le désordre d'abord, puis le bicho charge de loin et fort sans que la puya ne soit appliquée.  Bon quite de José Garrido par véroniques et une demie.  Álvarez et Jesús Arruga saluent au second tiers grace à la générosité du public.  Le début de faena est plus du tanteo que du toreo.  La charge est sincère et transmet.  Les derechazos ont du mal à imposer un rythme malgré l'enchaînement de passes accélérées.  À gauche, la muleta est accrochée lors des premières naturelles puis retirée de la tête prématurément.  Alberto insiste sans trouver le temple idoine.  Pinchazo et demi-lame trasera, tendida, desprendida.  Quelques palmas au toro.  Silence.  

Le cinquième a vraiment une apparence de novillo et manque de remate.  Abanto, il trébuche dès les premiers lances d'Alberto López Simón.  Mouchoir vert.  Le second sobrero du jour a encore une morphologie différente et les lances de López Simón ne présagent rien de bon.  Le tercio de varas est bien mené par Ángel Rivas et le bicho s'y emploie a menos avec des échappées vers le  toril.  Vicente Osuna salue après une voltereta et une bonne seconde paire de banderilles.  L'animal a galopé durant tout le second tiers.  À la muleta, il trébuche malgré une volonté de suivre le leurre.  Le trasteo de d'Alberto manque de profondeur.  Les derechazos sont initiés por fuera ou exécutés al hilo del pitón.  À gauche, le Madrilène subit.  Les passes se succèdent ensuite à droite sans contenu.  Demi-lame portée bras tendu depuis les extérieurs.  Descabello.  Silence.  

Photo: Álvaro Pastor Torres

Le troisième  est sans trapío, peu armé.  José Garrido le torée avec brio par véroniques et demi-véronique au centre.  Si le tercio de varas est peu brillant, le quite de Garrido par chicuelinas est toréé par le bas avec beaucoup d'entrega.  Celui de Juan Bautista par delantales est plus sobre.  Antonio Chacón salue pour une paire portée de loin et à bout de bras.  Brindis au public.  Garrido impose immédiatement des trajectoires incurvées à droite qui portent sur le public et déclenchent la musique.  Inspiré, il poursuit sur les deux cornes avec plus de difficulté à gauche mais en trouvant finalement la clé.  Le toro est pronto, le torero totalement engagé.  Ayudados por alto vers les planches et une nouvelle série de naturelles anachronique.  Estocade entière desprendida et tendida portée avec décision.  Avis.  La mort traîne en longueur ce qui explique probablement le refroidissement du public dont la pétition d'oreille monte trop tard en puissance, et sans réponse de la présidente.  Vuelta.

Photo: Álvaro Pastor Torres

La corrida se conclut avec la sortie d'un exemplaire qui répète dans la cape de José Garrido dans un va et vient indéfini.  L'animal s'emploie sans classe tête haute au cheval.  De la seconde rencontré, il sort sans être piqué.  Garrido entame avec un tanteo qui met en évidence la faiblesse du bicho.  Ce dernier se défend par cabeceo et accroche la muleta.  Lorsque Garrido prend la gauche, le rythme est continu à base de position marginale et trajectoires vers l'extérieur.  Avec plus d'envie que de pureté le torero de Badajoz appuie à droite et emporte l'adhésion des tendidos.  À la fin, il tente d'imposer un passage par naturelles pieds joints qui sans être de grande qualité donne une touche de classicisme au trasteo. Entière trasera et caída.  Pétition et oreille.

René-Philippe Arnéodau

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