Madrid 1er Octobre 2026 - 1ère de La Feria d'Automne - Les novilleros ne tirent pas profit des mansos de El Retamar.

Cette première novillada de la Feria de Otoño 2026 a laissé l'image d'un lot de "El Retamar" bien présenté avec une tendance à la mansedumbre, dans un ensemble toréable. Les trois novilleros du cartel de ce jour Iker Fernández "El Mene", Nacho Torrejón et Sergio Rollón qui remplaçait Mario Vilau, blessé, ont été méthodiques sans tirer parti de l’opportunité.

Iker Fernández "El Mene" reçoit et fixe  son premier novillo par véroniques engagées, en gagnant du terrain jusqu'au centre et en pesant sur une charge "templée". Le novillo pousse par à-coups lors des piques, avec des forces limitées. Quite de NachoTorrejón par gaoneras de más a menos. Brindis au public. El Mene débute son travail par tanteo vers le centre alors que le bicho trébuche. Les derechazos, tenant à distance le toro, enroulent une charge obéissante. Lors de la seconde tanda, le torero est enfermé par le novillo. La suivante est interrompue pour prendre la gauche. Sur cette corne, le jeune torero donne des naturelles, une par une, sans peser sur la charge. Revenu à droite, et "citant" de loin, il a du mal à canaliser la charge sans scories. C’est enfin à gauche qu’il arrive à lier une série. Le final droitier est de nouveau désordonné. Pinchazo et lame atravesada. Applaudissement au toro. Silence.

Le second de El Mene, au trapío de toro, charge sans conviction en se retournant à l’envers jusqu’au centre. Le novillo de Retamar pousse la tête relevée et bouscule la monture. La seconde pique met au jour la mansedumbre. Quite de  Nacho Torrejón par véroniques et dem-véronique. Le trasteo de El Mene débute en tablas par tanteo vers le centre. Dans le passage à droite, la charge est molle. Le bicho ne répète pas et garde la tête relevée. Sur l’autre corne, il répond avec à peine plus de vivacité. El Mene insiste sur la gauche avec, cette fois, un semblant d’arrimón dans les recroisements. Un passage droitier, effectué passe par passe, est terminé par un kikiriki. Des ayudados mettent fin au trasteo. Pinchazo et entière dans la croix. Silence.

Nacho Torrejón reçoit son premier de Retamar avec aisance par véroniques pendant lesquelles il subit un desarme. Le novillo pousse sous une carioca avant de rechigner au second passage au cheval. Le quite de Sergio Rollón est laborieux et incertain. Muleta en main, Torrejón voit le novillo tirer des derrotes lorsqu’il le passe à mi-hauteur et par le haut. La série droitière par le bas confirme que le toro est disposé à obéir à cette hauteur. Le novillero suit sur cette corne dans le même style. À gauche, une légère hésitation ne ternit pas la série. À l’embroque, le novillo tire un coup de tête dans l’engaño. De retour à droite, les passes sont imparfaites et manquent de lié. Le novillo s'éteint dans les naturelles suivantes, même si la bouche reste fermée. Lame trasera et tendida. Plusieurs descabellos avec avis. Quelques palmas pour le novillero.

Le cinquième est d’abord abanto, puis il entre dans la cape de Torrejón avec un rythme accompagné d'hésitations et un léger calamocheo. Sous la pique le novillo lève la tête et montre peu de verve. Il pousse brièvement au second passage. Le second tiers voit l’animal plus suelto encore qu’à son entrée en piste. Le novillero est ferme en début de faena, en plusieurs séries droitières, malgré le calamocheo de l’animal. Les trajectoires sont majoritairement de fuera para dentro, les replacements s’effectuant en pivotant. Sur la corne gauche, il recueille les olés mérités de Las Ventas dans un trasteo plutôt en ligne d’abord, qui évolue en courbes dans les séries subséquentes. Les droitières qui suivent sont produites face à un opposant venu a menos. Pinchazo et entière trasera. Palmas au toro et salut.

Le troisième novillo pour Sergio Rollón lances ses pattes avant aux capes et aux planches et renifle l’albero. Le novillero dessine des véroniques dans lesquelles l'animal se penche à droite et s’ouvre à gauche. Le tiers de pique s'effectue dans le désordre et la mansedumbre affleure. Puis le toro pousse brièvement au second passage. Brindis à son apoderado. La faena démarre avec le novillo fuyant vers la querencia de toriles. Le novillero l’entreprend depuis les tercios vers les medios avec un pot-pourri de muletazos sur les deux cornes. Les droitières embarquent une charge longue et claire d’abord, puis, avec l’ajout de fioritures, le trasteo se décompose avec un desarme. Suivent des naturelles non liées, dont deux sont profondes sur les retours embarqués. Une nouvelle perte de muleta est indicative de la fébrilité de la prestation. Les naturelles isolées qui suivent le confirment. Des mondeñinas précèdent une entière contraire, le novillero perdant la muleta au moment où sonne l’avis. Salut.

La novillada se termine avec un exemplaire au trapío de toro imposant. Sergio Rollón le reçoit par véroniques à genoux d'abord, puis debout, en terrains opposés où le bicho s’est réfugié, avec des véroniques fermes aux mains hautes. Face au cheval, le toro combat brièvement, sans classe, et sort rapidement seul. Quite brouillon du novillero. Le toro retourne à la pique, après des hésitations et des fuites, pour une brève seconde ration. Brindis au ciel. À genoux au centre, Rollón voit passer le train (sic) qu’il récupère ensuite en tablas, toujours à genoux. Une série à gauche en ligne est exécutée avec rythme. Sur la corne droite, le novillero est mis en difficulté et la muleta est accrochée en deux séries. De nouveau à gauche, la charge s’est décomposée et ne renoue pas avec la fluidité du début du trasteo. Demi-lame trasera. Silence.

René Arneodau

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