Damian Castaño donne deux vueltas devant les Dolores Aguirre.

Dolores Aguirre a envoyé à Vista Alegre un lot disparate de présentation et piquant de comportement. Ferrera, peu inspiré, a produit le minimum. Castaño, malgré une volonté louable, a dû se contenter de deux vueltas. Un tiers de plaza pour voir le mano a mano.

 

Le premier Dolores Aguirre du mano a mano a belle allure. Il est reçu avec des largas en recorte par Antonio Ferrera qui poursuit en véroniques bougées face à une charge humiliée et obéissante. Mal et longuement piqué, le bicho sort seul et fuit. Lors du second passage son abandon est presque immédiat. D’où un troisième picotazo dans le même style. Un quite par véroniques nous confirme le manque de confiance du Matador. Au second tiers le bicho est distrait, manque de fijeza et d’entrega. Brindis au public. Le toro abanto est finalement reçu aux medios par des derechazos, jambe de sortie effacée et avec la pointe de la muleta. La suite à droite est un peu plus ajustée, mais le torero ne s’est toujours pas confié. Le toro humilie et charge long. Ferrera persiste dans la marginalité, conduisant néanmoins les embestidas, sans que le public ne lui en tienne rigueur. Musique. À gauche la charge est courte et le torero abrège. Poursuivant à droite le comportement du toro a changé et le trasteo se termine par nécessité. Pinchazo porté avec précaution et bajonazo que Ferrera cache en lançant la muleta sur l’échine. Palmas au toro. Division et salut.

Le second de Ferrera est reçu par des lances a la Pana (farol terminé en véronique) puis une brega vers le centre. Mal piqué le toro ne brille pas face à l’épreuve, donnant des coups de tête au peto et à la puya. Placé loin pour un troisième voyage, le bicho n’honore pas l’invitation et se comporte avec une dose de mansedumbre. Brindis à Castaño. Au début de faena Ferrera se rend rapidement compte que le toro ne sera pas collaborateur. À droite il charge avec la corne extérieure, tournant la tête vers le torero. Ferrera insiste néanmoins en essayant de toquer fort juste avant l’embroque. La corne gauche n’est pas visitée. Épée basse. Silence.

Le dernier Aguirre de Ferrera est un toro colorado massif. Le matador réalise une brega précautionneuse avec la cape. Le toro prend la première pique au cheval de réserve en poussant sans zèle, mais durant laquelle le varilarguero appuie. Suit une autre vara dans la contre-querencia dans le même style. Le bicho arrive au second tiers après une vuelta de campana et avec les cornes escobilladas. Au second tiers la charge lancinante et une faiblesse des pattes ne laissent rien augurer de bon. La faena débute sur les jambes pour le torero pendant que celles du toro lâchent. Le public proteste, le matador fait signe qu’il ne peut rien faire. Épée basse en passant au large. Division d’opinions pour le toro et bronca pour Ferrera.

Damian Castaño reçoit un premier opposant à l’allure terciada. Le toro se plante au centre puis charge avec retenue. Le matador lui montre le chemin avec des "lances" ouverts et appliqués. Le bicho combat par à-coups sous la pique, en deux varas. Quite sur le passage de Ferrera. Tout au long du second tiers le toro a montré une propension à calamochear. Brindis à Ferrera. Castaño aguante les premières charges brusques et vives à droite, puis passe le toro à gauche dans une tanda de mérite en allongeant la charge. La série suivante à gauche est une bataille face à une embestida désordonnée. Le torero fait front encore à droite dans des conditions plus que compliquées avec le bicho lui lançant des regards menaçants. Après une mise en danger sur un muletazo, Castaño poursuit à gauche et termine son trasteo tout en bagarre à droite. Le toro n’a cessé de le mettre à l’épreuve et le matador a fait front. Le toro trébuche lors de la première entrée a matar. Suit une entière caída en entrant avec conviction. Le toro lutte jusqu’à son dernier souffle. Palmas au toro. Vuelta au matador.

Le second de Castaño, un toro bajo cornalon et acucharado, embiste en sautillant dans la cape de son matador qui le mène au centre. Face au cheval le toro fait mine de vouloir combattre en venant de loin, sans confirmer cette intention sous le peto, et ce en trois passages. Curro Javier et Toñete saluent pour leur prestation avec les rehiletes. Castaño, montera vissée, lance le trasteo au centre, à droite, muleta en avant et à bout de bras. Il passe immédiatement à gauche où un placement hors trajectoire le met par moments en difficulté. Puis, encore à droite, il dessine une tanda liée sur place en enchaînant les derechazos, profitant d’une charge continue, le meilleur moment de la course. Voulant répéter l’exercice, le toro se raja et la faena prend fin. Pinchazo après lequel le toro se colle aux tablas. Un autre pinchazo, après un long moment, est suivi d’un descabello. Division pour le bicho et silence pour Castaño.

Le mano a mano se termine par une réception de cape a gusto par Castaño qui sourit après la media de face, pieds joints. L’animal s’emploie lors de la première pique. Le matador le place loin pour la seconde rencontre. Le toro vient au pas puis s’arrête avant le contact. Lorsqu’il va au peto il est loin de transmettre de la bravoure. Il est pourtant placé à distancer à nouveau. Il charge et, dès qu’il sent la pique, il recule. Le toro se cole dans le premier muletazo puis retire le mouchoir de la poche du matador sur la première naturelle. Castaño décide d’entrer en bagarre sur la droite en toquant fort et devant, créant une émotion qui se transmet sur les tendidos. À partir de là le toro se met à douter et ne respecte plus les toques, tout en gardant la tête à mi-hauteur. Trois-quarts de lame atravesada. Petición et vuelta.

René Arneodau

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