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Avec la corrida de Zacarías Moreno on retrouvait des toros de sang mélangé et d’encaste JP Domecq pour les diestros Miguel Ángel Perera que l’on ne voit pas souvent en France, Víctor Hernández qui remplaçait à l’affiche David de Miranda blessé et le jeune Tristan Barroso, Montois par sa famille maternelle. Les pensionnaires de l’élevage de Guadalix de la Sierra (Madrid) ne furent pas des toros pour obtenir un succès. La mansedumbre de certains, le manque de race d’autres demandaient des qualités techniques et parfois de vaillance pour construire des faenas qui puissent recueillir l’assentiment du public. A différents degrés chaque matador y parvenait avec plus ou moins de bonheur et surtout arriver à la mise à mort avec une bonne estocade, du moins d’effet rapide… Du physique des toros, on remarquait en général des armures bien formées, large ouvertes, les pointes en avant et des hechuras correctes.
Miguel Ángel Perera toréait à la cape le premier zacarías-moreno qui chargeait court, se freinait même, qui répétait sans classe. Juan Melgar piquait avec assurance et mesure ce toro qui poussait à la première pique, moins à la seconde. On distinguait Daniel Duarte et Vicente Herrera aux banderilles. La faena de MAP commençait par des doblones et passes suaves en redondo et, à la fin du tanteo, le toro lançait un derrote. Cet inconvénient disparaissait dans la muleta puissante de MAP, muleta dirigée par le bas et la tournant juste à temps pour éviter le derrote et l’accrochage. Cela ne durait pas longtemps car le toro se serrait sur la corne gauche dans des naturelles. Ce toro montrait, de temps à autre, une certaine caste dans des charges nerveuses, tempérées par le temple des passes sur la droite principalement. Des manoletinas pour terminer précédaient une mise en suerte laborieuse avant de placer une estocade habile, allongeant le bras, verticale et desprendida.Le trasteo technique de MAP ne recevait aucun écho du public silencieux. Le 4ème avait une charge incertaine, sans fijeza. Peu de chose face au cheval et au deuxième tiers des banderilles. On se demande pourquoi MAP dirigeait son brindis au public pour une faena face à un toro qui avançait sans entrega, sans rien, auquel il réussissait une bonne série de la gauche noyée dans une succession de passes insipides à un toro sans jus. Un pinchazo, une demi-estocade croisée et un descabello.
Le comportement initial du 5ème faisait craindre le pire avec des signes évidents de mansedumbre, du moins d’absence de combativité dès les premiers capotazos qui obligeait Víctor Fernández à bregar. Israel de Pedro piquait convenablement, ferme sur la pique aux deux rencontres. Le toro grattait le sol, le tercio de banderilles mettait en évidence Marcos Prieto pour une seule paire de rehiletes en dépit du manque de course et fijeza du toro. Au centre du ruedo, Víctor passait stoïquement le toro incertain dans des statuaires enchaînées à une passe par le bas et passe de poitrine. Suivait une série de la droite, de la fermeté, du mando, alors que le toro passait sans “humilier”, par saccades. Sur la gauche, Víctor Hdez réduisait la distance du cite pour des naturelles, le toro escarbando, reculant même pour enfin se soumettre à la muleta dans des séries liées, de la droite aussi. Les pieds rivés au sol, il tirait le toro, enchaînait des passes courtes de grand mérite. il réussissait sur la droite deux derechazos profonds. Cetre faena improbable au début, montrait la confiance de Víctor dans ses capacités bien au-dessus du comportement du toro. Un estocade entière d’effet rapide. Oreille. Le 2ème n’avait offert que peu de possibilités de briller. Il avait tendance à fuir les capes, sortait hésitant des piques, trouble de la vue? et difficultés des banderilleros à clouer les banderilles… La faena de muleta comprenait des séries des deux mains, sans entrega du toro qui donnait des signes de rajarse. Réapparaissait ainsi son fond de mansedumbre du début. En suerte contraria, une estocade caidilla.
Tristan Barroso est un jeune torero plein de fougue et de courage. Il allait a porta gaïola recevoir son premier toro qui sortait au pas, se freinait, ne passait pas et Tristan se relevait capote dans le dos pour des gaoneras? impossibles!! Le toro sans être vraiment piqué, sortait suelto des rencontres avec la cavalerie. Le changement de tercio était demandé et accordé! Mathieu Guillon clouait deux sensationnelles paires de banderilles. Il était invité à saluer. La faena de muleta débutait par le péndulo et passe de poitrine, le tout doublé. Ensuite le toro ne passait que parce que la muleta lui était présentée… La pricipale qualité du trasteo de Tristan Barroso fut de garder le toro dans la muleta pour lier des passes. Autre toro insipide, gazapeando et difficile à mettre en suerte pour la mise à mort. Estocade très basse… et une autre. Un avis.
Le 6ème était le toro sans doute le plus lourd du lot. Il s’effayait à la vue des capotes!! et entrait avec violence lorsqu’il décidait de charger. Il sortait suelto de la première pique, il restait dans le peto à la seconde, plutôt par défense que par bravoure, il était très difficile de le contrôler dans la cape de brega de Mathieu Guillon. Tristan Barroso faisait face à la violences des chargees et signait d’impossibles derechazos et encore mieux dans une énorme série de naturelles. Le toro “humiliait”. Ce n’était pas aussi bien dans la série suivante avec néanmoins un superbe remate par le bas. L’ultime série de naturelles ultra-courtes, distance minimale de cite, muleta basse, mettait le point final à cette faena brillante et surprenante. Il restait la mise à mort. Las, un pinchazo et une estocade entière tombée. Un avis. Malgré cette fin, une oreille était accordée.
| Miguel Ángel Perera: un avis et timides applaudissements; silence. Víctor Hernández: un avis et silence; une oreille. Tristan Barroso: un avis et silence; une oreille. Mathieu Guillon aux ordres de Tristan Barroso saluait après deux paires de banderilles au 2ème. Les picadors Juan Melgar de la cuadrilla de Miguel Ángel Perera et Israel de Pedro de celle de Víctor Hernández étaient applaudis au 1er et 5ème respectivement. |
Georges Marcillac
Photos: André Viard pour mundotoro.com