Quite par Trinchera et Trincherilla de Daniel Luque BILBAO 29 Août 2026 - « Quite de la Esclavina »


Lors de la dernière corrida de la Semana Grande de Bilbao, Daniel Luque a réalisé un quite personnel et probablement inédit. Pour l'exécuter, il ouvre, à chaque passage du toro, avec la main extérieure, le pan extérieur du capote pour fixer la charge et, dès que le toro humilie, il lâche ce pan pour ne tenir la cape que par l'esclavina, avec la main intérieure, et donner la sortie par le bas dans le style d'une trinchera ou trincherilla.

Video de la Suerte : https://x.com/castaybravura/status/2094555623488634982

Des aficionados curieux ont effectué des recherches qui les ont menés à découvrir le Trincherazo avec la cape, souvent accompagné d'une photo d'Enrique Ponce, comme dans le livre « Todas las Suertes por sus Maestros » de José Luis Ramon. Cette référence ne concerne pas le quite effectué par Daniel Luque. En voici les raisons :

Le trincherazo avec la cape est soit une suerte de recours, soit une suerte effectuée isolément en remate afin de terminer un quite ou une série de capotazos. Le nom lui est donné par assimilation au Trincherazo de Muleta, qui est une passe de castigo ou de remate selon le moment où elle est donnée.

Dans le quite de Daniel Luque, l'intention du matador est d'enchaîner les suertes de cape dans un ensemble qui est un quite et non un remate isolé. Entre chaque passe, il change la main qui tient l'esclavina, car il alterne la corne sur laquelle il réalise la suerte. Avec le même principe d'assimilation que pour le Trincherazo évoqué ci-dessus, il convient d'assimiler les passes du quite à la trinchera quand la passe est donnée avec la main droite et à la trincherilla quand elle est exécutée avec la main gauche. La question pourrait se poser de savoir si la dernière passe, avec la main droite, doit être qualifiée ou non de Trincherazo. Cette dernière passe n'est clairement pas, dans sa réalisation, une passe de castigo. Elle marque néanmoins bien la fin du quite, tout en restant dans le même style que les passes antérieures du quite, raison pour laquelle, dans ma chronique, j'ai qualifié les passes de trinchera et trincherilla de cape exclusivement.

L'intervention de Daniel Luque est suffisamment originale pour qu'on se pose la question de savoir s'il faut attribuer à ce quite un nom unique. Le terme « Luquesinas » étant déjà utilisé pour une suerte de muleta, je proposerais pour ce quite le nom de « Quite de la Esclavina »

René Arneodau

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