Séville 21 avril 2018 – Deux bons toros de Fuente Ymbro et une oreille pour “El Fandi”

L’avant dernière corrida de la Feria d’Avril à Séville se déroulait sous une pluie intermittente et devant des arènes remplies tout juste au trois-quarts. Les toros de Fuente Ymbro, irréguliers de présence et de comportements, offraient néanmoins aux matadors andalous du cartel l’occasion de mettre en évidence  quelques facettes de leur torería sans triompher… Seul David Fandila « El Fandi » coupait une oreille au sixième et l’intransigeance et sévérité du président empêchait Juan José Padilla de recevoir ce même trophée. Manuel Jesús « El Cid » repartait bredouille.  Sans doute, il fut le moins bien servi du lot pour briller.

Deux toros de Fuente Ymbro pouvaient être crédités d’une bonne note, tels les 1er et 6ème, le 3ème développait casta ou plutôt genio et ne permettait pas de faena. Le 1er par une charge rythmée, sans à-coups, meilleur sur la corne droite, plus réservé sur la gauche n’était pas mis totalement à profit par J.J. Padilla. Le 6ème plus vif, sans fixité d’entrée à la cape mais de bonne course dans les quites et aux banderilles, plus long de charge sur la droite, baissait un quelque peu sur la fin de faena avec l’excuse d’avoir été mis à contribution par « El Fandi » dans les tercios précédents.  Le 2ème, le seul cinqueño du lot, mettait à l’épreuve « El Cid » par l’irrégularité et le « piquant » de ses charges, le 4ème faible et rajado sur la fin et le 5ème , distrait et pas clair dans la muleta de « El Cid »  n’apportaient rien de bon ni pour le ganadero et encore moins pour les matadors. Dans l’ensemble, les suertes de varas ne détonnaient pas de la tendance observée durant cette feria, piques traseras, les deuxièmes « règlementaires » n’étaient jamais appuyées et il n’y eut vraiment pas de combat au cheval.

L’après-midi de David Fandila « El Fandi » était la plus complète, la plus sérieuse. Il recherchait et forçait le succès finalement obtenu au 6ème. Très varié aux banderilles, c’est avec ce toro qu’il déployait ses facultés physiques et son sens du spectacle : il plantait trois paires de rehiletes, une de la moviola, la suivante al sesgo por dentro et l’autre por fuera. Il avait animé un quite par zapopinas et demi-véronique à genoux au centre de la piste. La faena  était entamée de nouveau au centre, para un cite lointain, pour des passes en rond à genoux. Debout, « El Fandi » dessinait des derechazos, a gusto et, à gauche, il avançait la muleta pour allonger la charge du toro qui  n’avançait pas avec la même vivacité qu’à droite. Il terminait la faena par ayudado por alto, naturelle de remate par le bas et molinete. Le torero de Granada dominait la situation et se montrait sous le jour d’un torero sûr de lui, de recours techniques et gestes artistiques … Une estocade entière, estoconazo, un peu en arrière valait une oreille largement fêtée par le public, un peu mouillé mais heureux.

                

A son premier « El Fandi » avait résolu avec métier les difficultés que présentait ce toro de charge courte et rebelle, presque tobillero, colérique même lorsqu’il arrivait à accrocher la muleta. Une estocade desprendida achevait l’animal que El Fandi avait torée à la cape d’entrée par des véroniques bien dessinées – une demi-véronique à genoux en remate, accrochée – et des chicuelinas marchées pour conduire le toro au cheval le tout suivi d’un tercio de banderilles explosif.

Juan José Padilla ne parvenait pas à « incendier » comme à son habitude le public de Séville tout acquis au Pirata. La petite faena au bon premier montrait un Padilla en dessous de ses capacités de lidiador - pas nécessaires avec ce toro – recherchant des effets spectaculaires alors qu’il suffisait de toréer long, pausé et profiter de la charge rythmée et répétée du toro pour dessiner les derechazos et des naturelles classiques. La faena initiée à genoux près des tablas et terminée par des doblones confirmaient la qualité de ce toro qui recevait une estocade très en arrière.  Cela justifiait, sans doute, la décision du président de ne pas accorder l’oreille malgré une demande majoritaire ! Au 4ème, pauvre de hechuras, il n’y avait pas grand-chose à faire car ce toro ne montrait aucune envie d’entrer dans le leurre, restait court et terminait les passes en faisant mine d’aller vers les planches, rattrapé in extremis à chaque fois sans continuité donc et… sans intérêt ni pour le public ni le torero désabusé et contrit de son avant-dernière prestation à la Maestranza. On le sait : Juan José Padilla a décidé de se retirer à la fin de la saison. Il sera à Séville pour la San Miguel pour ses adieux…

Manuel Jesús « El Cid », sans doute le moins bien servi au sorteo,  commençait bien ses deux faenas. A son premier, le cinqueño, de belle présentation, sur la droite, à la muleta, il canalisait les charges vives de ce toro qui transmettait émotion mais qui doutait dans les naturelles. Après cela, le comportement du toro changeait pour ne plus répéter les charges du début. « El Cid » prenait l’épée pour un pinchazo et une estocade verticale entière. La réception du 5ème par véroniques améliorées en qualité et terrain, donnait quelque espoir, vite déçu car le toro sans fixité, distrait, chargeant dans toutes les directions – difficile brega ?  - « sans humiliation » à la muleta, ne permettait que des demi-passes. A la voix, « El Cid » incitait la charge de ce toro irrégulier dans le leurre et, découragé, terminait par un court macheteo avant de placer un pinchazo hondo ou demi-lame en sortant de la suerte et allongeant le bras.

Juan José Padilla : Un vuelta ; silence. “El Cid”: silence aux deux. “El Fandi” : silence et une oreille. Applaudissements aux 1er et 6ème à l’arrastre.

Georges Marcillac

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Séville 20 Avril 2018 - Oreille de José María Manzanares face aux mastodontes de Juan Pedro Domecq.

C'est à ne plus rien y comprendre.  Alors que les toros de El Pilar étaient sortis légers,  les Juan Pedro ont été choisis volumineux et hors de type pour un cartel de luxe auquel s'est invité un plein dans les tendidos. De nombreux experts nous expliquent que les toros ne peuvent pas fonctionner avec trop de poids.  Sauf que ceux de El Pilar et les Victorino Martín, de la Feria de Séville, sans excès de poids n'ont pas fonctionné. Et aujourd'hui les Juan Pedro Domecq ont été sélectionnés avec du volume alors que Séville les auraient acceptés dans le type.  Les figuras ont bien fait l'effort, chacun dans son style et Enrique Ponce s'est même fendu d'un arrimón.  Le tout dans une ambiance monotone laissant tout le monde sur sa faim.

Le premier Juan Pedro corniapretado, choque à plusieurs reprises aux burladeros avant de charger avec difficulté dans les véroniques faciles de Enrique Ponce.  Le toro pousse sous une carioca de fait.  Un bref quite en guise de mise en suerte de Ponce, puis un autre après le second simulacre de pique, attestent de la faiblesse du morlaco.  Le fade et distant début de faena est peu prometteur.  Le bicho hésite et sa charge est tronquée à droite.  L'animal charge avec le museau.  À gauche, l'équation à aucune inconnue est la même et le public s'en plaint.  Un arrimón du maestro lui vaut quelques applaudissements.  Un metisaca dans le flanc et un pinchazo hondo en arrière sont ponctués par un avis.  Silence.

Le second Juan Pedro de Enrique Ponce est accueilli classiquement et avec méthode.  Contrairement à Ginés Marín, la dernière partie de son corps à s'immobiliser dans les véroniques est sa jambe arrière.  Le bicho s'exécute sous deux piques mesurées.  Le maestro comprend rapidement son adversaire au point de codillear et de l'enrouler  dans les premières séries droitières.  Les naturelles, bien que dessinées une par une, n'en sont pas moins efficaces.  Ce que la charge manque en réunion, Ponce le compense par son engagement et  esthétique.  Demi-lame caída, trasera, tendida et atravesada.  Trois descabellos et avis.  Sifflets au toro, applaudissements et salut au Maestro.  

Le second Juan Pedro est massif.  José María Manzanares le fixe puis l'embarque en rythme mou pour des véroniques et une demie.  L'animal va par deux fois au cheval avec vivacité mais sans pousser.  Peu châtié il répond à un quite par véroniques compas ouvert et demi-véronique pieds joints dans un mouchoir de poche de Ginés Marín.  Jesús González "Suso" salue en banderilles pour sa prestation efficace.  J.M. Manzanares, après tanteo, cite à distance pour une série droitière courte dans laquelle le bicho colle.  Passant immédiatement à gauche et il réalise une série plus complète et profonde qui lance la musique.  La mesure est prise et Manzanares alterne les séries sur les deux cornes avec beaucoup de "temple" et profondeur à droite. Un desarme à gauche rompt quelque peu le charme.  Les ayudados avant l'épėe ont moins d'intensité que le reste de la faena.  Estocade entière au rythme d'un sprint.  Une oreille.  Applaudissements au toro.

Le cinquième  est le premier animal court sur pattes de la corrida.  Les véroniques de J.M. Manzanares vont de más a menos à l'image des charges de l'adversaire.  Le Juan Pedro pousse sous le fer en parallèle au peto, puis fait sonner l'estribo à la seconde rencontre.  Le toro est d'abord andarín entre les muletazos droitiers.  Le matador trouve ensuite le rythme lui permettant d'enchaîner des séries courtes. Les naturelles sont d'abord méthodiques, brouillones ensuite jusqu'au desarme.  L'animal devient éteint et rend inconséquente la fin de faena.  De multiples pinchazos irritent le public.  Avis, demi-lame et une tentative de descabello non concluante avant que le toro ne se couche. Silence.

Le troisième exemplaire embiste avec vivacité dans les véroniques de Ginés Marín,  chargeant la suerte et demi-véronique sur la hanche.  Le toro passe sous le peto lors de la première rencontre et envoie voler cheval et cavalier (picador et père du jeune torero)  Bien que cherchant à passer par devant le cheval, le toro s'active sous la seconde pique relevée rapidement.  Quite de Ponce par chicuelinas de menos a màs et larga en remate.  Brindis à Sergio Ramos (capitaine du Real de Madrid et sévillan) présent dans le callejón.  Tous les gestes de Ginés Marin sont empreints de précision et d'engagement depuis les premiers cites de loin.  Le toro est pronto aux toques mais ne répète pas sans eux.  Les séries sur les deux cornes s'en trouvent affectées ce que le matador compense par de l'aguante.  Aucune fioriture superflue et aucune technique avantageuse.  Tout est engagement face à une baisse de régime marquée du J.P.Domecq devenu statique.  Pinchazo et demi.lame croisée.  Applaudissements et salut.

Le sixième tarde à se soumettre à la cape de Ginés Marín.  Lorsqu'il trébuche, l'ire monte dans les tendidos.  Mouchoir vert.  Le sobrero du même élevage accuse le coup après une vuelta de campana et finit lui aussi au corral.  Le second sobrero de la corrida est le plus léger de la course et le plus en type. Ginés Marín le reçoit avec des véroniques et demie efficaces.  L'épreuve de la pique est mal supportée par le bicho qui trébuche sous les protestations.  Brindis au public. Le matador prend son temps puis débute en ligne pour ne pas peser sur la charge.  Peu à peu, il incurve les trajectoires à droite.  Lorsqu'il passe à gauche, le toro donne tous les signes de l'abandon et de la décomposition.  Marín abrège.  Entière desprendida et trasera. Silence.

René Philippe Arneodau

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Séville 19 Avril 2018 - L'échec des toros de Jandilla, alibi de l'échec des matadors.

Le lot de Jandilla - Vegahermosa est selon les déclarations du ganadero le lot qu'il a voulu envoyer à Séville. Il s'agit en l'espèce d'un lot disparate de présentation, comme hier les toros de "El Pilar", et faible dans l'ensemble.  En déclarant cela le ganadero semble absoudre les matadors de toute responsabilité dans l'échec du cartel.  Antonio Ferrera est passé en ombre chinoise sans poser les palitroques sous les protestations du public qui ne semble pas avoir pris connaissance de l'abandon de la suerte par le torero.  Il y reviendra si ses prestations ne sont pas meilleures que celles de Séville.  "El Juli" est sorti avec les honneurs et le bénéfice du doute.  Quant à Andrés Roca Rey il est apparut en conquérant infructueux.  Après cette corrida de farollilos, le "toro du troisième tercio", des jours précédants, reste le grand vainqueur de Séville pour le moment.  Le public s'est démarqué en sollicitant l'oreille du premier de "El Juli" après une infâme estocade qui à Madrid aurait apaisé toute velléité  de triomphalisme. Du moins, je l'espère.  

Avant le début de la corrida, El Juli salue, en honneur de sa Porte du Prince d'avant hier, sous l'ovation mêlée à celle destinée au drapeau catalan affublé de la mention "Catalunya es taurina" exposé dans les gradins.

Le premier de Jandilla permet à Antonio Ferrera d'exécuter quelques véroniques a gusto dans une série incomplète marquée par la faiblesse du bicho.  Ce dernier est épargné aux piques sans à peine faire bouger la monture.  L'entame de faena confirme sa mollesse malgré une charge prometteuse.  Ferrera maintient la muleta à mi-hauteur.  Peu à peu l'embestida se désunit, devient cabeceo et le toro finit par s'allonger au sol.  Ferrera a le mauvais goût de tenter de poursuivre à gauche, puis prend l'épée.  Pinchazo et entière.  Sifflets au toro.  

Le quatrième, un Vegahermosa, est léger et terciado.  Il est reçu par véroniques compas ouvert de Ferrera, puis en pieds joints en accompagnant le voyage et demie du même style. Le bicho est mis en suerte avec brio par son matador, surtout dans la longue revolera marchée.  Le toro s'emploie sous une bonne pique d'Antonio Prieto, puis tarde à retourner au cheval pour un simulacre.  Il fléchit pendant les premières séries droitières.  Ferrera change de terrain et semble obtenir un meilleur résultat en derechazos.  À gauche, les naturelles viennent de une en une, entrecoupées de derrotes du bicho.  Le matador insiste longuement pour peu de résultats.  Entière caída.  Silence.

Le second Jandilla, premier de Julián López "El Juli",  est de trapío indéfini malgré son volume.  Facile dans quelques lances entrecoupés de flexions du bicho, Juli n'insiste pas à la cape.  L'animal a du mal a se tenir debout durant les deux piques.  Juli met l'eau à la bouche dans une mise en suerte réussie.   Andrés Roca Rey met le feu par un quite sans deux passes identiques et de grande exposition, auquel El Juli réplique d'abord avec vulgarité puis avec une cordobina et une demi-véronique étincelantes de dominio et de lenteur.  Brindis au public.  L'entame de faena est du même acabit dans un style vertical du meilleur goût.  Suivent un passage à vide et un autre en demi-teinte sans ligazón.  La charge est devenue instable à droite.  El Juli trouve alors le rythme et l'esthétique à gauche.  Musique.  Toutes les naturelles sont dessinées sans aucune fioriture et sans contorsion dans des mouvements profonds.  De nouveau à droite, El Juli se positionne cette fois hors trajectoire pour enrouler et terminer par un changement de main à la grande joie des tendidos.  Les passes aidées finales sont exécutées pour compenser l'impossibilité de réaliser une dernière série de naturelles préalablement avortée.  Trois- quarts de lame défectueuse, basse, atravesada et en arrière dans le style maison.  Pétition d'oreille majoritaire refusée.  Vuelta. 

Le Jandilla cinquième, enmorillado et sans cou, fonce en ligne dans la cape timorée de El Juli.  Le toro pousse sous une première pique exécrable de Barroso qui se rachète à la seconde attaque de loin du bicho.  Ce dernier galope avec énergie durant le second tiers.  EL Juli l'oblige dès les premiers muletazos dont certains genou en terre.  Ce castigo semble avoir rompu la volonté de l'adversaire qui ne répond plus aux sollicitations quelle que soit la corne entreprise. Demi-lame en bajonazo.  

Andrés Roca Rey, à son premier, va a puerta gayola pour une larga cambiada de rodillas répétée ensuite le long des planches.  Suivent des chicuelinas de grande exposition au centre, avec demi-véronique.  Le toro au trapío de Séville va deux fois au cheval pour une seule pique.  Au second tiers l'animal galope et fait l'avion.  Roca Rey se jette à genoux le long des planches pour des passes ajustées dont le péndulo vers les planches, dont je pense qu'il s'agit d'une première.  Une série droitière ne contrôle pas la charge.  La suivante, main basse monte d'un cran.  À gauche, certaines passes sont contrôlées et d'autres non.     Fuera de cacho le Péruvien embarque le Jandilla dans quelques muletazos face à une charge qui s'est éteinte, puis dans un arrimón de justification.  Entière desprendida.  Ovation et salut.  

Le dernier Jandilla passe sans complication dans les véroniques de Roca Rey.  Il montre des signes de mansedumbre sous deux piques en se plaignant du châtiment et en sortant seul.  Quite très ajusté du matador par medio farol, gaoneras et longue revolera.  Le toro est prompt et galope au second tiers.  Brindis au public.  Estatuarios en poursuivant le mansito qui cherche à éviter le combat.  Le toro va loin dans les passes et s'ouvre en sortie de muletazo. Roca Rey en profite pour le passer autour de lui, dans toutes les directions aux accords de la musique.  Alors que le  bicho est  rajado, la musique continue et Roca Rey poursuit là où va le manso.  Festival en honneur des tendidos de sol, inclues les manoletinas finales.  Pinchazo, avis et entière dans des terrains inhabituels, toro dos aux planches et le torero entrant vers celles-ci.  Palmas.

René Philippe Arneodau

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Séville 18 Avril 2018 - Une oreille populaire pour José Garrido et déception des toros de "El Pilar".

 

Photo: Álvaro Pastor Torres

Photo: Álvaro Pastor Torres

Demi-entrée pour voir la corrida de "El Pilar" très disparate et trop juste de présentation.  Malgré des poids limités, sauf le premier sobrero, et jeunes en âge pour cinq d'entre eux, ils ont accusé de la faiblesse, tout en montrant de la noblesse.  En tout état de cause et bien qu'il m'en coûte de l'écrire, le spectacle de ce jour va donner des arguments à ceux qui ont été enthousiasmés par les deux dernières corridas de Garcigrande et Nuñez del Cuvillo.  Dans cette triste ambiance seul José Garrido a tiré son épingle du jeu, à base d'entrega, un peu pueblerina à son second dont il coupa l'oreille.  Une corrida de presque trois heures qui mît à l'épreuve les plus endurants d'entre nous.

Photo: Álvaro Pastor Torres

Le premier exemplaire est haut, fin quelque peu zancudo.  Ses retours de charges avec écarts obligent Juan Bautista à rectifier sa position sauf sur deux véroniques d'une grande douceur.  L'aldeanueva (les toros de "El Pilar" ont pour origine l'encaste Aldeanueva) pousse au cheval et en sort affecté.  Le maestro français distille un quite par chicuelinas et demi-véronique toujours marqué par la douceur, caractéristique tirée de l'embestida.  La seconde rencontre au fer est simulée.  Le quite d'infirmier de Alberto López Simón envoie le toro au tapis.  Juan Bautista débute à mi hauteur et en ligne pour éviter les fléchissements du bicho. Il en résulte un toreo en ligne sur les deux cornes de peu d'intensité, inclus des accrochages de muleta en sortie de passes.  Le tout est aimablement applaudi par le public.  Le toro est noble, le matador conventionnel.  Les enroulements de fin de faena ne sont pas plus en rythme avec l'embestida que le reste du trasteo.  Demi-lame en golletazo.  Sans reprendre l'épée le Français est longuet au descabello.  Silence.

Le second de Juan Bautista est bas et montado.  Bien que brusque en sortie, la charge du Pilar est longue et continue.  Les véroniques n'en prennent pas la mesure.  Avant la pique apparaissent les premiers signes de faiblesse.  Mouchoir vert.  Le sobrero porte presque cent kilos de plus que ses congénères et est plus dans le type que l'on connait de la ganaderia.  Lui aussi accuse une faiblesse dès les capotazos du Français.  Le Pilar a du mal à déplacer le cheval d'Alberto Sandoval qui porte deux bonnes piques courtes.  La faena débute à gauche, avec difficulté, là où le toro l'attendait au tiers.  Les premiers passages droitiers sont conventionnels, froids et en ligne.  Le matador semble subir plus qu'imposer.  Les séries gauchères le confirment.  Pinchazo et demi-lame en arrière.  Silence.

Alberto López Simón touche un exemplaire haut et peu épais au regard anovillado auquel il sert des véroniques dans les tercios à la demande du bicho.  Le tiers de piques a lieu dans le désordre d'abord, puis le bicho charge de loin et fort sans que la puya ne soit appliquée.  Bon quite de José Garrido par véroniques et une demie.  Álvarez et Jesús Arruga saluent au second tiers grace à la générosité du public.  Le début de faena est plus du tanteo que du toreo.  La charge est sincère et transmet.  Les derechazos ont du mal à imposer un rythme malgré l'enchaînement de passes accélérées.  À gauche, la muleta est accrochée lors des premières naturelles puis retirée de la tête prématurément.  Alberto insiste sans trouver le temple idoine.  Pinchazo et demi-lame trasera, tendida, desprendida.  Quelques palmas au toro.  Silence.  

Le cinquième a vraiment une apparence de novillo et manque de remate.  Abanto, il trébuche dès les premiers lances d'Alberto López Simón.  Mouchoir vert.  Le second sobrero du jour a encore une morphologie différente et les lances de López Simón ne présagent rien de bon.  Le tercio de varas est bien mené par Ángel Rivas et le bicho s'y emploie a menos avec des échappées vers le  toril.  Vicente Osuna salue après une voltereta et une bonne seconde paire de banderilles.  L'animal a galopé durant tout le second tiers.  À la muleta, il trébuche malgré une volonté de suivre le leurre.  Le trasteo de d'Alberto manque de profondeur.  Les derechazos sont initiés por fuera ou exécutés al hilo del pitón.  À gauche, le Madrilène subit.  Les passes se succèdent ensuite à droite sans contenu.  Demi-lame portée bras tendu depuis les extérieurs.  Descabello.  Silence.  

Photo: Álvaro Pastor Torres

Le troisième  est sans trapío, peu armé.  José Garrido le torée avec brio par véroniques et demi-véronique au centre.  Si le tercio de varas est peu brillant, le quite de Garrido par chicuelinas est toréé par le bas avec beaucoup d'entrega.  Celui de Juan Bautista par delantales est plus sobre.  Antonio Chacón salue pour une paire portée de loin et à bout de bras.  Brindis au public.  Garrido impose immédiatement des trajectoires incurvées à droite qui portent sur le public et déclenchent la musique.  Inspiré, il poursuit sur les deux cornes avec plus de difficulté à gauche mais en trouvant finalement la clé.  Le toro est pronto, le torero totalement engagé.  Ayudados por alto vers les planches et une nouvelle série de naturelles anachronique.  Estocade entière desprendida et tendida portée avec décision.  Avis.  La mort traîne en longueur ce qui explique probablement le refroidissement du public dont la pétition d'oreille monte trop tard en puissance, et sans réponse de la présidente.  Vuelta.

Photo: Álvaro Pastor Torres

La corrida se conclut avec la sortie d'un exemplaire qui répète dans la cape de José Garrido dans un va et vient indéfini.  L'animal s'emploie sans classe tête haute au cheval.  De la seconde rencontré, il sort sans être piqué.  Garrido entame avec un tanteo qui met en évidence la faiblesse du bicho.  Ce dernier se défend par cabeceo et accroche la muleta.  Lorsque Garrido prend la gauche, le rythme est continu à base de position marginale et trajectoires vers l'extérieur.  Avec plus d'envie que de pureté le torero de Badajoz appuie à droite et emporte l'adhésion des tendidos.  À la fin, il tente d'imposer un passage par naturelles pieds joints qui sans être de grande qualité donne une touche de classicisme au trasteo. Entière trasera et caída.  Pétition et oreille.

René-Philippe Arnéodau

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Séville 17 Avril 2018 Le Toro du troisième tercio triomphe à Séville avec Manzanares 2 et Talavante 1.

Incontestablement ce qui ressort de la corrida d'hier de Garcigrande et celle d'aujourd'hui de Nuñez del Cuvillo c'est que nous avons créé, au delà du medio toro, le toro du Troisième Tercio qui sort de toriles en donnant l'impression qu'il est sur le point de rendre les armes et qui, épargné à la pique, reprend du poil de la "bête" pour développer une envie irrépressible de charger .  On dit de ces toros qu'ils sont braves. Mais ils ne transmettent pas grand chose et laissent aux toreros le loisir de les toréer  a gusto tant leur noblesse est grande.  C'est la corrida du XXI siècle dans laquelle le public ignore l'être du toro de combat pour en apprécier la potentialité collaborative.  À cela Séville est rendue hier et aujourd'hui.

Sebastien Castella voit sortir de toriles un Cuvillo bas, court et trapu, sans cou.  Il le reçoit par lances genoux en terre, et lorsque l'animal trébuche, il résout la situation en s'enroulant en chicuelina, puis demie véronique et revolera.  Le toro proteste sous le fer à la première rencontre et s'emploie à la seconde.  Le maestro offre un quite par chicuelinas de menos a màs avec demie véronique.  La bonne prestation de José Chacón aux banderilles lui permet de saluer.  Avec des passes aidées par le haut et le bas, le Français prend la mesure d'une charge sans moteur et sans émotion.  De fait Castella ne trouve à aucun moment de solution de compensation à la fadeur du bicho et se fait accrocher la muleta à gauche.  La faena s'enfonce dans une lourdeur protestée par les tendidos.  Deux pinchazos et 3/4 de lame, trasera et desprendida, à bout de bras précèdent un avis.  Silence.  

Le second de Castella est un bel exemplaire avec mobilité brusque qu'il torée de cape avec rigidité.  Le Cuvillo va fort et brièvement par deux fois au cheval, sortant seul de la seconde rencontre.  Brindis au public.  Au centre Castella cite pour le péndulo.  Le toro tarde.  Lorsqu'il s'élance le matador le passe devant, derrière en totale verticalité et immobilité.  Dans les derechazos la charge est lourde et manque de transmission.  Le Français poursuit avec douceur et temple à droite.  Il résiste à un parón du bicho à sa hauteur à deux reprises.  À gauche, l'animal proteste par derrotes puis en raccourcissant sa charge.  Castella refait l'effort à droite sans grande collaboration de l'adversaire et termine par un arrimón d'abord apprécié, puis protesté par certains.  Un metisaca précède un pinchazo, un avis et une entière trasera et desprendida.  Ovation et salut.  Encore une fois Castella désireux de triompher dans sa Sevilla a été mal servi par le sorteo.

Le second Cuvillo  a une charge lancinante dont José María Manzanares profite dans des véroniques au rythme de la faiblesse du toro, lances appréciés par la Maestranza.  Il est épargné au cheval et magnifiquement passé en delantales, demie et serpentina par Alejandro Talavante.  Le toro reprend vie au second tiers et galope devant deux bonnes paires de palitroques de Rafael Rosa.  Manzanares ne tarde pas à embarquer le bichito dans des muletazos templés, profonds et plus serrés qu'à l'habitude.  Musique.  À droite une série est longue et relâchée.  Le cambio de mano de fin de série annonce des naturelles précieuses.  Le toro gratte le sol puis charge de loin pour une série qui culmine dans une naturelle longue et un pase de pecho qui l'est tout autant.  Le Cuvillo va a más de manière superlative et commence à pousser le maestro à la faute de manière marginale sans que le public ne décroche de l'ambiance.  Entière al recibir trasera, tendida et desprendida.  Deux oreilles demandées et accordées et grande ovation au toro "Encendido" qui après un départ des plus douteux a teminé sa vie en combattant. 

Avec la Puerta del Príncipe à portée de muleta José María Mazanares se voit offert l'opportunité de l'ouvrir face à un beau colorado qu'il accueille par larga afarolada de rodillas.  Le toro trébuche dans les véroniques pourtant prometteuses.  L'animalito est totalement épargné au premier tiers et quelques protestations montent.   Ce sont les banderilles qui feront oeuvre d'épreuve mineure.  Ainsi choyé l'animal bouge dans les premiers derechazos avec une tendance à raccourcir le voyage.  En séries courtes comme ils les aiment, Manzanares connecte avec le public.  À gauche le bicho sautille et Manzanares le canalise jusqu'à faire jouer la musique.  C'est alors que la tendance se renverse et que la faena va a menos sur la corne gauche.  Manzanares relance à droite dans une jolie série sans émotion sauf pour un écart du bicho qui manque l'emporter.  Une demi-lame au pas de course et un descabello mettent fin aux espoirs de triomphe.  Ovation et salut.

Le premier adversaire de Alejandro Talavante est un toro "joli" pour le torero.  Les tentatives de véroniques jusqu'aux medios ne donnent pas le résultat escompté.  Au cheval, le Cuvillo est sur la défensive avec une touche de mansedumbre.  Talavante débute au tercio en montrant le chemin au toro genou fléchi.  Ce toro qui n'a pas forcé durant les deux premiers tiers se réveille et répond aux sollicitations droitières avec brio aux deux extrémités de la muleta.  Musique.  Talavante est a gusto mais les séries sont conventionnelles.  La première série à gauche hausse considérablement le niveau et arrache très justement des "olés".  La suite sur la même corne est toujours de grande qualité avec quelques scories.  En suivant à droite la faena est plus vibrante que parfaite avec arrucina incluse.  Manoletinas compas ouvert et pase de pecho corps droit terminent l'oeuvre.  Quasi entière en étant accroché et soulevé violemment.  Une oreille avec pétition de la seconde.

Le dernier Cuvillo a la pointe droite escobillada.  Il saute dans la cape de Talavante qui n'insiste pas.  Au cheval il pousse sous une carioca puis sort seul, et rapidement, de la seconde rencontre.  Après tanteo Talavante passe l'adversaire à droite dans des derechazos qui laissent les tendidos de marbre.  À gauche, le passage brouillon ne fait pas mieux.  Talavante abrège.  Deux pinchazos et demi-lame  avant longueur au descabello.  

René Philippe Arneodau.

 

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Sevilla 16 Avril 2018 - Indulto de "Orgullito" de Garcigrande et Puerta del Príncipe pour El Juli.

Avant toute chose il convient de mentionner la qualité de la prestation de Enrique Ponce à son second toro, supérieur dans le style qu'on lui connait, costume immaculé de toute tache, tant sa maitrise des distances est précise. Alejandro Talavante, quant à lui, a tiré le lot ingrat d'une corrida permissive de Garcigrande & Co. "El Juli" a coupé deux oreilles à son premier toro dans un travail sans aucune transcendance. C'est à son second qu'il a véritablement brillé, d'abord en revenant, en début de faena, à son toreo de jeunesse plus vertical et esthétique, puis en mettant en valeur les qualités d' "Orgullito" pour lui sauver la vie. Ce dernier, incontestablement le meilleur exemplaire de la corrida, n'avait pourtant pas brillé au premier tiers sous l'épreuve du fer. Mais il est vrai que par la suite, avec l'aide de la maestria technique de Julián López, il a fait montre d'une endurance et d'une embestida noble, au raz du sol, longue et hors du commun, qui méritait l'enthousiasme du public. Indulto ? Pour les puristes certainement pas. Pour Séville la demande fut massive.

Le premier toro de Garcigrande a un trapío anodin pour une arène de cette importance. Les véroniques du maestro Enrique Ponce le sont tout autant, sans forcer son talent, mais en assurant la forme. L'embestida est toutefois collaboratrice. L'animal s'emploie a menos en deux rencontres au cheval. Le quite de Ponce par véroniques fait ressortir quelque hésitations du bicho. Le toro répond aux doblones du maestro. Les derechazos donnés sur le voyage sont marqués par le cabeceo du Garcigrande. Beaucoup d'accrochages de muleta, de toques por fuera et de distance superlative entre toro et torero. Ponce arrive cependant à imprimer un rythme et des trajectoires enchainées à droite. À gauche, il renonce face aux quelques aspérités de l'adversaire. Le regard complice avec le public laisse à penser que le torito est une alimaña, ce qu'il n'est pas, et justifie pour le maestro d'abréger. Demi-lame défectueuse. Divers descabellos et silence.

Le quatrième exemplaire est dans le type du toro de Séville. Ponce est en mode service minimum et subit les facéties de son opposant distrait et abanto. Entre deux piques données dans le désordre la tentative de quite de Ponce est avortée. Le Maestro insiste pour donner, à la fin du tiers, trois véroniques et demie dans le silence le plus complet de la Maestranza, mais qui pour lui révèlent une opportunité de faena. Brindis au public. La maestria de Enrique Ponce éclate sans s'annoncer. Doblones, trincheras, pase de pecho de dominio pour commencer. Les premiers derechazos sont profonds et liés. Musique. La suite baisse de ton avec des ruptures et des passages à vide, ainsi qu'une baisse de rythme du toro. Nonobstant Ponce distille son toreo sur les deux cornes et profite de la charge ouverte vers l'extérieur et ininterrompue. Lorsqu'il souhaite entamer ses fioritures finales le toro termine rajado. Alors Ponce lui impose des doblones somptueux vers les planches pour accompagner sa tendance naturelle. Entière caida d'effet rapide. Une oreille.

Julián López "El Juli" fait face a un Domingo Hernandez haut sur patte, excessivement brocho qu'il torée à la cape avec brio dans son style dominateur et rustre. Le toro s'emploi sous le fer. Quite de Juli par chicuelinas brusques et demie. La seconde pique est purement formelle. Alejandro Talavante dessine un quite, calqué sur celui du Juli, avec une touche finale en larga afarolada. Le toro est mobile et offre toutes les possibilités. Brindis à Justo Hernández, l'éleveur. Juli profitant de l'armure resserrée de l'adversaire débute sa faena à genoux. Nul meilleur que lui pour profiter de la mobilité du toro dans un trasteo droitier, jambe de sortie en retrait, qui déclenche la musique. A gauche quelques naturelles somptueuses ne sont pas réitérées. Juli alterne les séries sur les deux cornes avec quelques muletazos longs et lents mettant en valeur la collaboration supérieure du bicho. Entière en "julipie" mais dans la croix. 2 oreilles. Palmas au toro.

Le cinquième est "culo de pollo", armé long et en avant. El Juli dessine des véroniques et delantales mains basses et brusques. L'animal subit les deux rencontres règlementaires au cheval, entrecoupées par un quite de Juli par véroniques cette fois templées et esthétiques du meilleur effet. Brindis au public chaudement accueilli. Le début de faena va de tanteo à dominio. Au centre un Juli vertical se relâche et dessine des derechazos lents. Tout est douceur comme la charge du Garcigrande qui répond également de loin, sans hésitation. Juli duplique à gauche sans les excès habituels. En fin de faena, de retour dans son style contemporain, il met en valeur l'extraordinaire embestida du toro. Le public demande l'indulto. Juli insiste, accompagné de la musique, pour convaincre la présidence. Indulto accordé. Deux oreilles symboliques et vuelta avec le ganadero dans une parfait hommage à son ganadero de père récemment décédé.

Le troisième est un Garcigrande de meilleure présence et capacho. Il fait un tour du propriétaire pensif et n'inspire en rien Alejandro Talavante à la cape. L'animal fait sonner l'étrier et sort de la première pique sans se faire prier. Il subit la seconde. Talavante tente d'éviter que l'animal ne succombe à sa faiblesse en imprimant des trajectoires rectilignes sur les deux cornes. L'ambiance est d'une telle fadeur que le matador va chercher l'épée. Pinchazo et 3/4 de lame desprendida. Sifflets au toro. Silence.

Il revient à Talavante de conclure l'apothéose face à un Domingo Hernández de grand volume, corniapretado. Les adversaires ne se rencontrent pas à la cape. Au cheval, le bicho est peu combatif et cherche même à s'éloigner. Juan José Trujillo salut au second tiers. La faena débute avec de la mobilité de la part du toro qui tire des derrotes à droite en fin de passe. Il le fait également à gauche, mais Talavante arrive par moments à le canaliser. L'animal se retourne en avançant et en hésitant ce qui rend la tâche compliquée pour le matador. Celui ci insiste avec difficulté puis rend les armes. Sans entrain Le matador passe à plusieurs reprises bras tendu pour des pinchazos avant de porter une demi-lame défectueuse. Avis et descabellos. Silence.

Sortie par la Porte du Prince de Julian López "El Juli".

René Philippe Arneodau.

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Séville 14 avril 2018 – Des toros de Victorino Martín sans options de succès.

En cette après-midi printanière - enfin! – se déroulait la corrida de Victorino Martín, attendue, avec des toreros connaisseurs de cet élevage légendaire qui sortaient avec la devise noire en signe de deuil comme chacun le sait. Corrida bien présentée, homogène de hechuras typiques de cet encaste avec peut-être un seul iota pour le 3ème , plutôt basto, cárdeno oscuro, les autres cárdenos aussi mais plus caractéristiques de la robe albaserrada. Le poids moyen du lot était de 545 kg avec +/- 20 kg de différence. Dans l’ensemble les pensionnaires de Las Tiesas allaient au cheval pour un châtiment dosé, en tout cas pas excessif, avec à la sortie des signes de faiblesse. Le 5ème semblait être le mieux apte à entrer dans les capes et la muleta, se déplaçait d’une course régulière et franche durant le tiers de banderilles mais ne tenait pas la distance à la faena de muleta. Antonio Ferrera, Manuel Escribano et Daniel Luque étaient les préposés à affronter les victorinos, des spécialistes par ailleurs, mais sans option, en ce jour, de remporter le succès escompté.

Antonio Ferrera, malgré des gestes, attitudes et recours de torero expérimenté ne parvenait pas à briller dans aucune de ses deux faenas, la première à un toro qui n’ «humiliait» pas et qui, de plus, par faiblesse ni bravoure ne terminait pas son passage dans la muleta ou le faisait la tête en l’air, malgré les efforts du torero qui allongeait les passes et «perdait» des pas pour inciter le toro à répéter ses charges ; la deuxième faena fut quasiment inexistante car les génuflexions successives et l’absence de réponse aux cites obligeaient Antonio Ferrera à prendre l’épée et porter une estocade desprendida, entrant lentement. Il est possible que ce toro diminué, le 4ème , se blessait  comme conséquence de son engagement à la première pique, et à la seconde portée très en arrière.

Manuel Escribano était invité à effectuer la vuelta al ruedo au terme d’une faena? au 5ème, style infirmier, en raison de la faiblesse du victorino qui avec un peu plus de force aurait permis ce toreo au ralenti des toros mexicains (de même souche Saltillo) entrevu dans la muleta du sévillan. En réalité la vuelta récompensait la réception a porta gayola, qui d’ailleurs aurait pu mal se terminer, le toro se « croisant » dans la cape, le torero évitant la cogida, les deux largas cambiadas à genoux et les véroniques vibrantes qui suivaient ainsi que la paire de banderilles clouées dans un quiebro hasardeux au fil des barrières. La faena au 2ème qui ne baissait pas la tête dans la muleta, se résumait à de bonnes passes lentes au début pour se terminer par des demi passes, même un desarme, le toro se retournant sans derrote mais empêchant la finition des passes. Efficacité à l’épée.

Daniel Luque peut être crédité d’une bonne prestation sans atteindre des sommets mais avec sérieux, constance et maîtrise face à l’adversité. C’est à l’évidence au 3ème toro à la charge incertaine, qu’il montrait expérience et sang-froid. Le victorino virevoltait sur les pattes avant pour revenir dangereusement dans la muleta. Des demi passes donc,  sans brio évidemment mais toujours à bon escient. Au 6ème, avec patience et métier il parvenait à diriger la charge dans un trasteo bougé au début pour ensuite, le toro fixé, lier des passes de la droite... accompagnées de la musique ! Sur la corne gauche c’était moins bien, le toro chargeait la tête «arriba del palillo» (expression qui signifie que le toro chargeait sans baisser la tête, les cornes à hauteur de l’estaquillador qui soutient la muleta). Le toro capitulait…. Daniel Luque se distinguait, à son habitude, à la cape, par contre, il n’était pas dans un bon jour à l'épée, multipliant pinchazos avant de la placer pas toujours en bonne position…

Raúl Caricol et Alfredo Cervantes, de la cuadrilla de Daniel Luque, saluaient pour l’ exécution classique et pure de la pose des banderilles au 6ème.

Antonio Ferrera : silence aux deux. Manuel Escribano : saluts au tiers ; tour de piste. Daniel Luque : Applaudissements ; légère ovation.

Georges Marcillac

Photos. aplausos.com

 

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Séville 13 avril 2018 – Seul Alejandro Talavante émerge d’une corrida décevante, soporifique et sans intérêt.

Avec le ciel dégagé après tant de menaces de pluie, avec le premier cartel de figuras, la corrida pouvait s’annoncer bien meilleure que définitivement elle fut. Elle durait presque trois heures après le changement de deux toros - les 3ème et 6ème - d’un lot de deux fers de même origine Juan Pedro Domecq et Jandilla, ceux d’Olga Jiménez et García Jiménez,  de la propriété de la «Casa Matilla». En tête du paseillo, Miguel Ángel Perera pour son unique présence à l’affiche de la Feria cette année et Alejandro Talavante qui accompagnaient Andrés Roca Rey très attendu après son succès à la Maestranza, le jour de Pâques. Par leurs présentations et comportements, les toros  de la Peña de Francia (Salamanque) ruinaient les espoirs de Miguel Ángel Perera de bien figurer et Andrés Roca Rey, pas mieux loti, voyaient ses deux toros titulaires renvoyés aux corrales et remplacés par un toro d’Olga Jiménez (3ème) et un autre de Torrestrella (6ème). Les tercios de piques, pour la plupart, étaient escamotés, réduits à un simulacre, des picotazos, malgré la chute de la cavalerie enregistrée au 5ème, un toro de 585 kg qui partait de loin, impactait et envoyait cheval et picador au sol. Curro Javier de la cuadrilla d’Alejandro Talavante était accroché, déséquilibré au sortir d’une paire de banderilles et repris au sol sans dommage apparent, taleguilla déchirée. Paco Algaba était victime d’un derrote au bras gauche alors qu’il s’apprêtait à «puntiller» le 6ème. Javier Ambel, de la cuadrilla de Perera, Juan José Domínguez, de celle d’Andrés Roca Rey, saluaient après la pose des banderilles ainsi que Curro Javier malgré sa cogida.

Alejandro Talavante coupait une oreille du 5ème, un toro corpulent qui, au fil de la faena, montrait une nette tendance à se réfugier près des barrières à proximité de la porte de toril. Cela n’empêchait pas Talavante de construire une faena qui allait a más, parvenant à garder le toro dans la muleta surtout dans des séries sur la corne droite, à un toro, désintéressé mais noble. A noter les passes longues et de bonne facture, changement de main et passe de poitrine profonds d’Alejandro visiblement à l’aise et appliqué à la fois. Une estocade arrière concluait cette faena modeste mais sérieuse qui incitait toutefois le public à demander l’oreille, finalement concédée. Le second  sans fijeza aux banderilles, de charge courte dans la cape sans trop «humilier», semblait s’améliorer lors des passes de tanteo d’Alejandro Talavante.  Peu à peu, en «perdant» des pas pour engager la charge et faire baisser la tête du toro, il faisait en sorte que les dernières séries de naturelles étaient mieux réunies, certaines pieds joints. Malgré cela, le toro gênait le torero dans les finitions, les remates, en donnant de la corne. La mise à mort gâchait en partie le bon trasteo d’Alejandro Talavante, perdant subitement confiance et se jetant de côté pour deux pinchazos et une estocade basse.

Miguel Ángel Perera touchait le premier olga-jiménez, sans fixité, suelto à la cape et aux banderilles, de charge courte et lançant des coups de tête en fins de passes à la muleta. Avec ce «matériel» protestataire qui de plus se serrait dangereusement sur la corne droite – problème entrevu à la cape - il était difficile de construire une faena vite abrégée et terminée par deux pinchazos et une entière desprendida. Le 4ème se déplaçait et MAP en profitait pour le citer de loin et mais au deuxième derechazo, se produisait un accrochage et la perte de la muleta - desarme - A gauche ce n’était guère mieux, malgré l’effort de baisser la muleta dans des naturelles qui ne «disaient» rien et le public s’impatientait et protestait… Un pinchazo et une estocade arrière mettaient fin à une prestation décevante du torero déconfit.

Andrés Roca Rey, lui, devait affronter les deux sobreros remplaçant d’abord un toro mal présenté (même à Séville) et sans coordination dans sa course, ensuite un garcía-jiménez aussi mal présenté et faiblard… Le premier sobrero de 590 kg et cinqueño sautait dans la cape mais était assujetti avec décision par le jeune péruvien. Le péndulo doublé en alternance avec une passe de poitrine et un remate à gauche par le bas formait un bon début de faena mais le toro s’échappait. Venait ensuite une bonne série de la droite, la muleta basse soumettant ce toro fuyard, pour continuer au centre de la piste par des naturelles recevant, au passage, un coup de plat de corne. La faena se terminait près des planches par une demi-estocade un peu croisée. Sonnait un avis. La couleur de la robe du deuxième sobrero - un torrestrella sardo – lui donnait un air de toro bien proportionné malgré son poids de 490 kg. Il était néanmoins protesté par une partie du public. Sans être réellement piqué et sans caste, il décourageait Andrés Roca Rey qui abrégeait et plaçait un pinchazo hondo bas qui suffisait pour tomber le bicho auquel il restait suffisamment de force pour décocher un coup de corne au puntillero.

Miguel Ángel Perera: silence aux deux. Alejandro Talavante : un avis et silence ; un oreille. Andrés Roca Rey : un avis et saluts ; silence.

Georges Marcillac

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Séville 12 Avril 2018 - Luis Bolivar coupe une oreille pour son retour en Feria de première.

Temps pluvieux et un quart d'entrée pour voir un cartel peu attrayant en ces lieux. La Maestranza est généreuse et est prête à toutes les largesses. Le lot de La Palmosilla éclectique en trapío, force, mobilité, et comportement a offert  quelques opportunités de triomphe. Les toreros ont confirmé leur place actuelle dans  l'escalafón sans créer de surprises.

Le premier de La Palmosilla, harmonieux et bien armé, mais sans trapío, est faiblard et se retourne rapidement dans la cape de Luis Bolivar  dans la bregua sans se mettre en valeur. L'animal s'emploie mais ne bouge pas le cheval sous une première pique, palo vite relevé. La seconde rencontre est un simulacre. Quite de Joselito Adame par chicuelinas et revolera sous des protestations dues à la faiblesse du bicho. Luis Bolivar débute le trasteo par un tanteo destiné à mettre le toro dans la muleta sans l'obliger. La faiblesse de l'opposant ne permettra rien de plus malgré les tentatives sur les deux cornes. Pinchazo dans l'épaule et entière tombée. Silence.

Luis Bolivar torée son second de cape avec rythme et élégance sans réaction du public. Le toro s'emploie sous une pique relevée puis sort rapidement de la seconde. Joselito Adame entre en quite par medio farol, saltilleras et revolera. Le Colombien débute sa faena au centre, muleta dans la main droite. Le la-palmosilla galope mais fléchit aussi. Les derechazos sont dessinés sans corriger la position entre les passes et avec la jambe de sortie en retrait. La faena va a más à droite et la musique joue. À gauche, la charge est encore meilleure et longue. Bolivar en profite avec des passages meilleurs que d'autres. De retour à droite, le trasteo baisse de ton et la muleta est accrochée. Entière basse. Applaudissements au toro et oreille pour Luis Bolivar.

Joselito Adame reçoit le second par véroniques "templées" et esthétiques à gauche, le toro se collant à droite. Le La Palmosilla rentre et sort immédiatement de la première pique et s'emploie en carioca sous la seconde pique vite relevée. Quite brouillon de Rafael Serna. Le début de faena immobile d'Adame, par estatuarios, plaît aux Sévillans. À droite, l'animal conserve sa tendance à se serrer mais cela n'empêche pas le Mexicain de se confier sur les deux cornes. Le bicho est mobile mais ne transmet pas grand chose. Peu à peu, en restant hors trajectoire, Joselito Adame incite le toro à répéter, surtout à droite, tout en se faisant toucher fréquemment la muleta. A gauche, les passages sont laborieux. Manoletinas quand sonne l'avis avant tentative d'estocade a recibir terminée en pinchazo. Suit une entière basse al encuentro. Descabello avec second avis. Palmas au toro. Silence.

Le cinquième est le toro le plus sérieux de présentation. Ses charges accélérées n'incitent pas Joselito Adame à développer à la cape. Le bicho pousse puis s'endort sous le fer à la première rencontre. Il subit la seconde. Fernando Sánchez est invité à saluer pour sa performance aux banderilles. Les premiers recortes du Mexicain avec la muleta ne sont pas des plus justifiés. Le toro a du moteur et une charge qui transmet. Adame torée al hilo et se fait accrocher la muleta à droite. À gauche, la charge est rugueuse et courte. Le torero de Aguascalientes désiste pour revenir à droite où plus rien ne va pour le Mexicain qui n'a pas su maintenir le rythme prometteur du toro en début de faena. Pinchazo puis trois- quarts de lame desprendida et tendida. Palmas au toro.

Le troisième de La Palmosilla est un castaño de belle allure dont les forces s'évaporent dans les premières véroniques de Rafael Serna. Malgré son manque de résistance, le toro s'emploie en deux piques qui le font trébucher par la suite. Protestations. Brindis personnel. Le jeune torero mène le bicho aux tercios pour y dessiner des derechazos. L'animal trébuche et le sévillan insiste avec douceur et sans obliger, sur les deux cornes pour des muletazos suaves mais dénués d'intensité. Le public applaudit. Entière desprendida fulminante. Palmas et salut.

Le dernier de La Palmosilla est sur la défensive et sa charge tronquée. Elle oblige Rafael Serna à rester en mouvement. Au cheval, le bicho est manso d'abord, puis pousse lors de la deuxième rencontre. Le second tiers a lieu dans le désordre et sous la pluie. Brindis au public. Rafael Serna tâtonne longuement avant de se lancer dans des derechazos, fuera de cacho, à la merci du toro sur les deux cornes. La charge ayant ses défauts, la faena ne décolle pas. Pinchazo, puis 3/4 de lame. Silence alors que le public fuit les arènes pour échapper à la bourrasque.

René Philippe Arneodau.

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Seville 11 Avril 2018 - Pablo Aguado s'ouvre le chemin en coupant l'oreille d'un docile Torrestrella.

Pablo Aguado

Première corrida de la Feria d'Avril et troisième de l'abono. Corrida de Torrestrella pour trois jeunes matadors en recherche de reconnaissance. 2/3 d'entrée. Temps frais et venteux. La terna de jeunes, comme trop souvent, n'est pas venue à un tel rendez-vous avec l'attitude idoine pour convaincre qu'ils ont une place dans l'escalafón. Javier Jiménez passe inaperçu, Lama de Góngora malgré sa double campagne mexicaine est resté en dedans de ce qu'il aurait dû et pu réaliser. Quant à Pablo Aguado il est passé d'un toreo empêtré à son premier, au meilleur de la corrida face au dernier d'un lot de Torrestrella qui n'a mangé personne, mais auquel il a manqué caste, moteur et durée.

Le premier colorado, anovillado malgré ses 590 kg et sa haute charpente, galope et entre dans la cape de Javier Jiménez sans force et sans détermination. Deux piques prises tête à mi-hauteur confirment les mauvaises dispositions, accompagnées d'agenouillements. Brindis a Pablo Aguado. Le travail de muleta est conditionné par la mollesse des charges, une succession de muletazos en ligne, sans que le bicho n'"humilie" jamais. Entière trasera après pinchazo. Silence.

Le quatrième de la course est le plus léger et le plus armé. Il met la tête avec classe dans la cape de Javier Jiménez qui produit des véroniques plus esthétiques que profondes. Le toro fonce pour une première pique en arrière mais poussée. Il gratte le sol avant de s'élancer avec moins d'entrain pour la seconde puya dont il sort seul. Au second tiers, le toro hésite puis galope. Dans les capes, il fait l'avion. José Chacón brille en une paire, et plaît dans la seconde. Il salue. Le toro tire des hachazos dans les doblones de début de faena. Jiménez prend la gauche pour donner des naturelles désordonnées face à une charge ayant complètement changé depuis les deux premiers tiers. À droite le torero embarque en restant en dehors de la trajectoire pour des muletazos templés mais sans dominio. Un bref retour à gauche ne démontre rien de plus si ce n'est la marginalité du toreo de Jiménez. Pinchazo et demie lame caída et atravesada. Avis. Silence.

Le second Torrestrella, de meilleures hechuras, répond aux sollicitations de Paco Lama qui dessine des véroniques en marquant les embroques avec le vuelo extérieur de la cape. Le toro charge de loin et pousse sous deux bonnes piques de José María Expósito. Quite de Pablo Aguado par chicuelinas mains basses et deux demies. Le Torrestrella reste vif et mobile au second tiers. Brindis au public. Lama de Góngora appuie les premiers muletazos puis enchaîne deux séries à droite rythmées, main basse qui emportent l'adhésion de la Maestranza. La musique joue et la faena va a menos sur les deux cornes, le bicho perdant de son entrega et moteur. Deux pinchazos en entrant droit précèdent une entière desprendida d'effet rapide. Applaudissement au toro. Palmas et salut pour Paco Lama.

Le cinquème est bas et trapu. Lama de Góngora ne s'accouple pas avec sa charge à la cape. Le bicho fait sonnez les étriers par deux fois puis développe une charge décomposée au second tiers. Le toreo de Paco Lama est esthétique et cela se note dans les doblones de début de trasteo qui contrôlent les aspérités de la charge. Il fait de même dans les derechazos "templés" qui suivent, dans une position marginale, il faut bien le dire. Quand il prend la gauche le bicho a rendu les armes. C'est à la fin que le torero se croise dans les derniers derechazos, lorsqu'il n'y a plus de charge. Entière légèrement desprendida et trasera d'effet immédiat. Silence.

Le troisième Torrestrella doute avant de passer dans les véroniques brouillonnes de Pablo Aguado. Le toro bas armé corniapretado, montre une certaine mansedumbre au cheval, allant cependant a más sous la seconde. Quite de Jiménez par delantales. Le bicho démontre un bon tranco au second tiers. Brindis personnel (à sa mère). Les deux premières séries à droite confirment que le toro s'est amélioré. Musique. Aguado dessine des muletazos de qualité variée sur les deux cornes. C'est à gauche que la connexion se fait et que les deux protagonistes s'expriment dans une série. Le bicho raccourci ensuite sa charge et termine tête haute. Les naturelles finales de trois-quarts, à la Manolo Vázquez, sont d'excellente facture. L'animal n'obéit pas aux toques à mi-hauteur du matador qui porte deux pinchazos avant trois-quarts de lame. Quelques applaudissements au toro ainsi que pour Pablo Aguado qui salue.

Cette corrida, en demi teinte, se termine avec un exemplaire long et armé étroit que Pablo Aguado passe dans des véroniques dont certaines sont bien embarquées et appuyées. Au cheval le toro est indolent pour les deux rencontres règlementaires. Brindis personnel. Le début de faena est tonitruant par sa profondeur en doblones puis derechazos. Musique. Les charges sont douces et obéissantes. La muleta "temple" et guide sur les deux cornes. Le torero alterne les cites de trois-quarts et ceux al hilo. Le public est conquis par la profondeur et le rythme de nombreux muletazos. Pinchazo en "citant" al encuentro, puis porte une entière légèrement en arrière. Le public demande et obtient une oreille.

René Philippe Arneodau.

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