Mont-de-Marsan – 22 juillet 2026 – 1ère de Feria de la Madeleine – Indigents les toros de Jandilla et défaillants les matadors à l`épée. Seule vuelta de Marco Pérez.

L’ouverture de la feria était prometteuse avec un cartel de deux matadors en tête du classement en cette moité de saison, Andrés Roca Rey et Borja Jiménez qui étaient accompagnés d’une figure montante, le jeune Marco Pérez. Ils étaient opposé à une corrida de Jandilla, fer célèbre auréolé de prix de la dernière San Isidro de Madrid. Malheureusement ces toros ne répondaient pas à l’attente d’un public pas encore chaud malgré la température caniculaire. Seuls le premier et le sixième par leur mobilité, animèrent l’après-midi ou soirée, c’est selon, Borja Jiménez et Marco Pérez donnèrent beaucoup de passes sans vraiment  convaincre ni même terminer leur trasteo par une bonne estocade. Roca Rey, roi du Pérou, s’appliquait au cinquième sans vraiment recevoir une récompense à cause de sa carence  - inhabituelle - à l’épée. Le reste du lot, y compris le 4ème, de Vegahermosa (même propriétaire et même origine que Jandilla), terciados, sans caste, presque pas ou mal piqués, se traînaient sur le sable de Plumaçon et n’offrirent aucune possibilité de succès.

Borja Jiménez, chef de cartel?, recevait un toro qui répétait dans les premiers capotazos puis s’arrêtait. “Tito” Sandoval piquait, peu, mais visait bien pour la seconde puya au même endroit de la première pique… Juan Carlos Rey plantait deux bonnes paires de banderilles. Les doblones et le tanteo prolifique n'apportaient quoi que ce soit. La charge de ce toro se réduisait dans les premières séries de la droite, il “protestait” en fins de passes. Mieux centré, Borja Jiménez effectuait une tanda complète avec la passe de poitrine.  Les passes de la droite se multipliaient pour arriver aux passes naturelles de long tracé, ouvertes. De retour sur la droite, des passes dans le dos pour la galerie et, pour finir, des manoletinas, un pase de la firma et un autre del desprecio… bougés. À l’épée, un pinchazo hondo, arrière. Sonnait un avis. Un descabello. Ce toro avait tenu le coup pour cette longue faena et même s’était animé sous le pinchazo… Le quatrième s’abîmait la corne droite à la suite d’un derrote dans un burladero. Les deux piques étaient aussitôt relevées et le toro se déplaçait au deuxième tercio mais… La faena de muleta débutait par un péndulo et passe de poitrine, doublés, avec peu de distance ni vivacité de charge du toro. Sans obtenir grand chose en allongeant les passes de la droite, Borja Jiménez s’appliquait toutefois pour une bonne série de derechazos mal terminée par un accrochage de muleta et il devait “rompre” face à une charge surprise du toro. Une estocade très en arrière avec l’artifice de couvrir la vue du toro avec la muleta. Mal.

                       

À son premier, Andrés Roca Rey ne faisait rien à la réception à cape mais réalisait un quite par saltilleras à la suite du tercio de varas, le toro ayant poussé à la première pique. La faena, entamée à genoux avec l’assortiment de passes de la droite et deux passes dans le dos, à mode de cambio, ne retenaient même pas l’attention du public comme si cela était normal. Le toro n’apportait rien. ARR de profil, tirant le toro rétif, toréant avec le pico de la muleta, l’indifférence du public était manifeste pour deux circulaires inverses - dosantina sans la passe de poitrine - et final entre les cornes. Des aplaudissements et sifflets ponctuaient cette série! ARR surprenait à l’épée par une brochette de pinchazos et sonnait un avis. Le toro s’était permis de s’affaisser par solidarité avec le mauvais matador (d’un jour…) Un puntillazo abrégeait le calvaire du matador et du public. Au cinquième, un toro un peu mieux fait, de poids, ne passait pas bien dans la cape de ARR dans une brega peu habituelle de sa part et quelques capotazos suaves sans résultat. Le simulacre de la suerte de varas n’annonçait rien de bon, Marco Pértez, dans quite sortait, son répertoire de cape. En début de faena ARR cherchait encore comment faire passer le toro et heureusement, peu à peu, il y parvenait. Dans un style qui laissait à désirer, de profil, usant les vuelos de la muleta, malgré cela, il réussissait des pases méritoires, se livrant et allant a más pour enfin intéresser le public qui réagissait. Des passes propres, une bonne série de naturelles “templées” faisait ressortir un fond du toro jusqu’alors insoupçonné. Sonnait un avis au milieu d’une série de la droite avant même d’avoir pris l’épée. Un autre avis après le mauvais usage de l’épée pour enfin porter une estocade entière desprendida et quatre ou cinq descabellos.

                     

Marco Pérez, dont c’était la présentation de matador à Mont-de-Marsan, se heurtait à un toro qui sortait allègrement du toril Il recevait, à genoux, pour des véroniques et, debout, par delantales, une chicuelina et revolera. Ce toro de pauvres hechuras, fléchissait des antérieurs après avoir été mal piqué par Alberto Sandoval (il y a des jours sans…) à moins que ce toro ne méritait aucun châtiment digne de ce nom…  On passera sous silence le quite de Borja Jiménez par des chicuelinas chiffonnées. Ce toro subissait une vuelta de campana. À la muleta, le jeune Salmantin, à genoux, encore, passait le toro en redondos qui pointait sa corne au passage. Debout cela se reproduisait sans conséquence, Marco ne s’émouvait pas pour autant. Par la suite, le toro ne donnait plus rien, sans “humilier”, sans terminer les passes, sans forces. Une estocade desprendida. Le sixième de Jandilla pouvait être crédité des meilleures qualités en comparaison de ses congéneres. Haut sur pattes, de belles armures. Après un tercio de piques désordonné, deux charges al relance, sans être piqué, le bon tranco du début de faena permettait à Marco Pérez de déployer une fois de plus son répertoire de passes mais aussi dans un style qui détonnait de l’idée que les aficionados se faisait de ce torero prodige. Ce style populiste mélangeait quantité et qualité de passes, parfois du temple, mais aussi de l’accélération. On remarquait de magnifiques passes de poitrine complètes, toréées, jusqu’à l’épaule contraire.  Des dosantinas avec cette fois-ci la passe de poitrine et aussi un changement de main terminé en naturelle. Marco Pérez sait toréer, c’est évident. Cette dernière faena était entachées de pinchazos qui précédaient une estocade entière avec la scorie de la muleta couvrant la face du toro au moment de l’embroque. Un avis.

                      

Borja Jiménez: silence aux deux. Andrés Roca Rey: deux avis et silence; un avis et silence. Marco Pérez: silence; un avis et vuelta al ruedo. Au terme du paseíllo, une minute de recueillement était observée à la mémoire d’Alain Lartigue un personnalité du monde taurin français apprécié de tous. Canicule. Arènes garnies même au soleil!

Georges Marcillac

Photos: André Viard pour mundotoro

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