Valdemorillo (Madrid) – 6 février 2026 – 1ère de Feria – Novillada de Pablo Jiménez Pasquau qui a donné du jeu et permis le succès de Julio Méndez et surtout de Samuel Castrejón.

La saison taurine 2026 commençait comme d’habitude par la Feria de la Chandeleur et qui annonçait une novillada d’un élevage que l’on ne voyait plus trop à l’affiche. D’origine Juan Pedro Domecq, le lot de Jiménez Pasquau offrait à six jeunes novilleros la possibilité de passer l’examen de l’afición madrilène.  Des six, trois avaient terminé, en juillet dernier, en finale du Circuit des Novillas de la Communauté de Madrid de 2025: le vainqueur Álvaro Serrano de l’École Taurine de Navas del Rey (Madrid), le finaliste Julio Méndez de l’École Taurine de Badajoz et Sergio Rollón de l’Ecole Taurine de “El Juli” d’Arganda del Rey (Madrid). Au terme du paseíllo, ce dernier devait répondre aux applaudissements d’encouragements du public car, on se souvient, il avait subi une terrible cornada au triangle de Scarpa qui avait mis ses jours en danger après quarante minutes d’attente des premiers soins à l’infirmerie de Valdetorres del Jarama avant qu’un hélicoptère ne l’emportât à un hôpital de Madrid. C’était son retour après une longue convalescence. Les trois autres du cartel étaient Mario Vilau de l’École Taurine de Catalogne, Felix San Román crédité de 14 paseillos l’an dernier et Samuel Castrejón de l’École Taurine “Yiyo” de Madrid dont c´était la présentation avec picadors.

On attendait Samuel Castrejón après son triomphe du concours  “Camino à Las Ventas” de l’an passé  et les aficionados ne furent pas déçus. Dès les premiers capotazos et des véroniques sur le côté droit et une demi-véronique par le bas, “évanouie”, déjà les olés fusaient et allaient l’accompagner tout au long d’une prestation mesurée, sans précipitation et lucide. Un quite par chicuelinas, la main de sortie tombée, une larga avec changement de main, une larga cordobesa pour mettre en suerte au cheval, ne trompaient pas sur le talent et la facilité de maniement de la cape du jeune Castrejón. A la muleta, le recital continuait malgré une charge incomplète du novillo. Seuls les gestes de réception à la muleta et les premiers derechazos, toréés, découvraient un sens du mando et du temple que les naturelles en deux séries et les remates en molinete et passes de poitrine confirmaient à merveille. L’épée tombait bas - avec derrame – et le novillo s’effondrait… Deux oreilles  - une seule s’imposait, pour l’estocade… - semblaient être la récompense logique d’une telle faena, le président finalement les accordait  mais, dans un moment d’égarement, il sortait le mouchoir bleu pour une vuelta al ruedo non méritée du novillo de nom “Garrote-11” né en janvier 2023.

     

L'autre triomphateur de l’après-midi fut Julio Méndez qui accueillait son novillo par de bonnes véroniques “templées” et style.  Le novillo ne poussait pas sous le fer, tête à mi- hauteur dans le peto mais il répondait promptement à tous les cites de la cuadrilla et de son matador. Un bon quite par gaoneras exécutées immobile, au centre de la piste, suivies de la revolera et brionesa, montraient les bonnes dispositions du novillero qui muleta en main déployait un savoir faire, dans un style propre de passes de la droite et naturelles, de profil, courant bien la main.  Des circulaires inversées, n’apportaient rien au trasteo mais un final de faena, spectaculaire, de vraie lidia avant la mise à mort, relevait le niveau… L’estocade était portée avec décision, en bonne place et d’effet rapide. Une seule oreille, les deux fortement demandées, et le président recevait une bronca. Quant à Julio Méndez, il effectuait deux vueltas al ruedo

                               

Álvaro Serrano recevait un novillo léger, épointé de ses deux cornes, à genoux enveloppé dans son capote (cf: Morante à Séville et à Madrid…) et un farol pour continuer par de bonnes véroniques. Des tapatías marchées terminées par une revolera amenaient le novillo pour une pique rechargée après avoir été relevée… Un nouveau quite de repertoire par gaoneras et caleserinas bougées. Le novillo, mobile, passait dans la muleta avec un cabeceo qui ne gênait en rien Álvaro Serrano qui allongeait les passes, muleta basse et charges “humiliées”. Les retours par le bas en fins de passes - une pointe de caste du novillo – ne troublaient pas Álvaro qui, à la fin, portait une estocade avec décision, un peu tombée. Une oreille était accordée.

                           

Mario Vilau allait à porta gayola à la sortie d’un novillo plus costaud pour ensuite lui appliquer des capotazos sans réponse de l’animal. Venaient des gaoneras bougées sans aucun sens avant une pique ratée, dans l’omoplate du bicho. Il y eut de tout dans la faena de muleta, des passes où le novillo passait, oui, mais il ne se passait rien… Il fallut arriver à une série à genoux pour observer que le novillo méritait un autre traitement que celui qui lui avait été prodigué auparavent: des circulaires inversées, du temple, grâce au novillo? maintenant “humilié” et surtout conduit avec mando obligatoire dans cette position! Une oreille sanctionnait une faena bien terminée par une estocade desprendida, delantera.

                     

On passera sous silence l’actuación? de Felix San Román face à un novillo peu encorné, descompuesto dans la cape. La faena, ponctuée de sifflets, ne ressemblait à rien, le novillero terminait les séries par des desplantes incongrus jusqu’à se faire prendre… sans dommage apparent. Sonnait un avis. Il reprenait sa faena avant de porter un pinchazo hondo,  très bas et croisé qui., soudain, faisait son effet…

Sergio Rollón, pour sa réapparition, n’était pas le mieux servi par un novillo qui, dès les premiers capotazos, lançait un léger derrote, suffisant pour rendre incommode tout passage dans la cape ou la muleta. Malgré cela, le trasteo volontaite et parfois stylé du novillero de Burgohondo (Ávila) était encouragé par le public. Des pertes de cape ou de muleta, accrochées, n’arrangeaient rien à l’affaire. Une demi-estocade, tendida suffisait pour en terminer avec une sensation désagréable compte tenu des circonstances… Un avis.

                                

Les novillos de Jiménez Pasquau de présentations et comportements inégaux, sans être excessivement piqués, pourraient être crédités d’une note juste au dessus de la moyenne. Quant aux novilleros, l’indulgence devrait être de mise, pour leur première corrida de la saison… tout en célébrant le succès indéniable d’un novillero prometteur: Samuel Castrejón.

Álvaro Serrano: une oreille. Mario Vilau: une oreille. Julio Méndez; une oreille et deux vueltas al ruedo, la deuxième forcée. Sergio Rollón: una avis, saluts et une vuelta de sympathie. Felix San Román: un avis et silence. Samuel Castrejón: deux oreilles et sortie a hombros. Sergió Rollón réunissait sa cuadrilla et ses compagnons de la finale de l’an dernier pour un émouvant brindis. Il recevait le brindis de Julio Méndez et de Felix San Román. Trois-quarts d’entrée.

Georges Marcillac

Photos de mundotoro

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