Don Joaquim Manuel de Vasconcellos e Sá Grave propriétaire de la ganadería potuguaise de Murteira Grave n’a pas manqué son rendez-vous avec Azpeitia. Trois de ses toros ont permis de briller à leurs matadors avec une mention spéciale à Emilio de Justo, un bel accessit à Victor Hernández pour sa présentation et une médaille en chocolat à Borja Jiménez qui n’a toujours pas trouvé la solution à l’épée. Les toros d’aujourd’hui procèdent de l’encaste Parladé par différentes branches telles celles de Gamero Cívico, Domecq et Nuñez, que trois générations de la famille de l’actuel propriétaire ont pu façonner depuis 1944. Les facettes de leur comportement donnaient une certaine idée de leur origine. Les deux premiers avaient la robe et hechuras qui les assimilaient à des Santa Coloma et montraient les mêmes difficultés de charges terminées par un hachazo qui génêrent copieusement Emilio de Justo et Borja Jiménez. Les hechuras des quatre suivants de poil negro mulato les distinguaient des précédents et leur jeu permettaient des faenas plus ou moins bien gérèes. Comme d’habitude le tercio de varas était écourté et les forces des uns et autres bichos étaient ainsi préservées. C’est le toro sorti en quatrième position qui avait l’honneur du tour de piste posthume bien que le cinquième en aurait mérité autant, de charge plus continue sans les égarements de Borja Jiménez dans sa faena et à l’épée.
Emilio de Justo ne fixait pas le 5ème à sa sortie en piste. Ce toro, cornicorto, corpulent de 538 kg. lançait ses pattes avant dans la cape. Il recevait une pique soutenue de Juan Bernal et sortait avec vivacité de la rencontre, course qu’il conservait au deuxième tiers des banderilles. Le tanteo à la muleta faisait apparaître une bonne charge, "humiliée", maintenue tout au long de la faena, s’ouvrant en fins de passes et permettant des séries liées, malheureusement accélérées - du temple rapide (sic). Emilio de Justo “citait” à distance et le toro répondait prompt au démarrage des charges qui allaient a más. La qualité de ces embestidas donnaient l’occasion à Emilio de Justo de toréer en naturelles de la droite pour enchaîner des vraies, de la gauche. Des changements de mains dans le dos et, pour finir, une série de doblones vifs, du mando. Le toro avait conservé un bon rythme de charge tout au long de la faena. Le toro cadré, les deux tentatives d’estoquer a recibir échouaient… et dans un autre terrain, de Justo portait une estocade trasera, tendida avec un petit saut énergique. Deux oreilles était concédées, une seule aurait été plus juste et le mouchoir bleu du président ordonnait la vuelta al ruedo de “Bogotá.40” né en novembre 2011, brave à la muleta. Le premier de Murtera Grave sautait dans la cape de de Justo qui ne pouvait le fixer. Après la seule pique, le toro chargeait sans la codicia nécessaire pour entamer la faena de muleta. Ses charges, courtes, étaient terminées par un hachazo, difficile à corriger, qui ne permettait même pas la passe de poitrine en fins de passes. Emilio de Justo se jettait pour l’estocade, l’épée atravesada, sortait sur le flanc gauche de l’animal qui finalement recevait un pinchazo, jugé suffisant, sans besoin du descabello.

Borja Jiménez n’était pas plus heureux avec le 2ème dont les charges dans la cape et la muleta imitaient celles du toro précédent, un petit saut en final de passes. Le début de faena par le classique pase cambio por la espalda n’avait pas l’effet souhaité justement pour ce même défaut. Les séries se limitaient à deux passes et passe de poitrine, le toro “protestant” dans les dernières naturelles. Le même scénario se répétaitt comme la veille par une collection de pinchazos… et un descabello! Ouf! Quelques sifflets accueillait le 5ème pour une encornure presque douteuse… Il sortait avec vivacité de la pique unique “dosée” par “Tito” Sandoval, dans une course claire, cadencée, qui déterminait Borja Jiménez à le “citer” de loin dans une première série de la droite. La suivante plus rapprochée ne s’ajustait pas à la qualité de charge entrevue précédemment. De là, des naturelles courtes, déplacement du torero vers la croupe du toro, des derechazos liés en défaussant la jambe contraire, le tout accéléré mais du goût du public. La dernière série voyait même la muleta accrochée… Une estocade entière, après deux pinchazos, en finissait avec cette faena en dessous de ce que laissait espérer le toro donc, non exploité, applaudi toutefois à l’arrastre.

Víctor Hernández recevait le 3ème sans un seul capotazo d’essai. Pieds joints, il dessinait des véroniques, courte la trajectoire du toro. Au centre du ruedo, quite par tafalleras, ferme dans sa position et maniement de la cape malgré la justesse des charges. Israel de Pedro piquait en une seule rencontre. Les statuaires du début et la passe iiée par le bas donnaient le ton de la faena qui suivait. Il fallait ménager ce toro juste de forces ce que Víctor Hdez fit, avec temple les premiers derechazos et les naturelles suivantes, deux excellentes, muleta avancée et dirigée jusqu’à derrière la hanche, dans un espace limité. Le retour sur la droite était complété par deuc passes circulaires inverses, un vrai exemple de pase cambiado por la espalda! Tout près des cornes, des luquecinas pour terminer et porter une estocade, trois-quarts de lame et deux descabellos. Un avis. L’oreille était concédée pour une faena pausée, sérieuse sans artifices. Le 6ème, un toro hondo, cornicorto, passait dans des véroniques de Víctor Hernández qui souffrait un désarme… Il demandait le changement du tercio de piques sans que ce toro fut piqué… Toro suelto au deuxième tercio et bonne paire de banderilles de Yelco Álvarez. À genoux, pour un seul péndulo et passe de poitrine, le toro restant court et lançant un derrote. Ce défaut de tête ne cessait tout au long de la faena, composée en majorité de naturelles, “citées” de trois-quarts, ferme le torero madrilène sur ses appuis et placement, obstiné à passer ce toro compliqué. La demi-estocade un peu tombée suffisait quand sonnait un avis. Faena valeureuse saluée par le public.

| Emilio de Justo: silence; deux oreilles et sortie a hombros. Borja Jiménez: silence; ovation et saluts. Víctor Hernández: un avis et une oreille; un avis et saluts. Le toro sorti 4ème recevait l’honneur de la vuelta al ruedo. De la cuadrilla de Borja Jiménez on remarquait Juan Carlos Rey à la brega et aux banderilles au 5ème, se livrant d’une frayeur à la sortie de la deuxième paire; de celle de Víctor Hernández, saluaient Marcos Prieto et Diego Valladar après la pose des banderilles au 6ème. Température agréable, éclaircies de soleil et arènes pleines. Comme d’habitude un écoutait avec émotion les chants du public pendant le tercio de banderilles et le zortziko funèbre de Aldalur à la mort du 3ème toro. |
Georges Marcillac
Photos de mundotoro,com