Rafael Serna Pour le deuxième jour consécutif la présentation des toros fut un point fort de la corrida, même s'il eut de la confusion au moment de choisir les exemplaires qui entreraient au sorteo. Le premier n'étant pas celui souhaité par le ganadero. Les Fuente Ymbro ont donné un jeu irrégulier et le sobrero de Murteira a déçu. Si Rafael Serna à coupé l'oreille du jour, c'est sans conteste Álvaro Lorenzo qui a produit le meilleur trasteo de la tarde. Molina quand à lui est passé à côté de l’opportunité qui lui était offerte.
Álvaro Lorenzo fait face à un premier exemplaire lourd, bien armado sans excès, qui met la tête avec rythme dans la cape, accrochée à l'occasion, du matador. Sous le fer le toro donne des coups de tête tout en poussant. Sa faiblesse et sa mansedumbre sous-jacente sont mises en évidence avant le second puyazo. Quite de Serna par tafalleras sans bouger face à une charge molle et limpide. Bonne prestation d’Andrés Revuelta avec les palos. Brindis au Matador Macandro. Début de trasteo templado dessiné avec verticalité et proximité. Les derechazos affectés par le léger vent sont accrochés avec désarmé final. L’animal tire aussi des derrotes en sortie de muletazos que le matador ne maîtrise pas. À gauche Lorenzo aguante le parón puis allonge les naturelles. Dans la seconde série gauchère il finit par lier avec firmeza. Les derechazos suivants, bien que réalisés sans lié, exhibent un aguante et une fermeté dans les terrains les plus rapprochés. Les Mondeninas finales précèdent un pinchazo et une entière habile, trasera et desprendida. Salut et ovation mérités.
La faiblesse, la boiterie, les chutes et les protestations du public au second de Lorenzo font tomber le mouchoir vert au second tiers. Le sobrero de Murteira Grave (dont les frères ont donné un bon jeu, à Arles) fin et bajo, lance les sabots, sans conviction, dans la cape de Lorenzo. Son hésitation à combattre importune les gradins. L’épreuve de la pique révèle une agressivité fébrile lors des deux varas réglementaires. Sur la réserve, au second tiers, le bicho entre en derrotant dans la muleta du matador. Ce dernier cite à droite en essayant d'allonger l’embestida. À gauche il torée passe par passe, certaines naturelles étant accrochées. La tentative de poursuivre sur les deux cornes est avortée compte tenu du manque de combativité du toro. Pinchazo et entière. Silence.
Le second FY, léger et armé long, est passé en cape par Rafael Serna avec difficulté car le bicho est distrait et peu intéressé par le combat. Face au cheval l’animal garde la tête relevée et rompt rapidement le contact. Lors du second passage, il fait mine de pousser par le bas avant de s'éclipser une nouvelle fois. Les hésitations du toro au second tiers mettent en difficulté la cuadrilla de Serna jusqu'à ce que Ronquillo réussisse une pose au balcon. Brindis personnel. Doblones et toreo par le haut semblent prendre la mesure d’une charge mobile. Deux premières tandas droitières montrent un torero ferme et disposé face à des charges électriques. À gauche le calamocheo est marqué ce qui conduit à un désarmé. À ce stade le bicho avance en sautillant rendant le trasteo compliqué, mise en difficulté incluse. La suite à droite est dans le style arrimón avec des toques por fuera avant de ramener la charge vers l’intérieur. Plusieurs pinchazos et un avis sont suivis d'un bajonazo. Silence.
Rafa Serna fait le chemin jusqu'aux chiqueros pour recevoir son second. Il plonge à terre face à la charge limpia du FY. Le toro attaque avec alegría et Serna dessine des véroniques et demi, templées, de bonne facture. Sous une bonne vara le toro plie les pattes puis pousse brièvement. Il s’emploie parcimonieusement à la seconde. Quite de Molina par tafallera et espaldina terminée en cordobina torée. Brindis de Serna au public. À genoux il reçoit les embestidas puis se relève alors que le toro s’agenouille. Les premières droitières sont mécaniques alors que les naturelles sont à la fois efficaces et imparfaites esthétiquement. Les trajectoires allongées provoquent des olés. Les charges restent vives et Serna lie une série à droite engagée, avec rythme. Olés et musique. La suite baisse un peu en intensité sur la même corne et prend un air de bagarre. Suivent des doblones appuyés donnés avec la main gauche. Entière trasera en entrant droit et en perdant la muleta. Oreille sur pétition pour un trasteo volontaire face à un animal vibrant. Palmas au toro de FY.
Molina (présentation) reçoit son premier opposant a puerta gayola. La larga cambiada de rodillas est compliquée face à un superbe jabonero (annoncé melocotón). Le capoteo qui suit est désordonné, le matador ayant du mal à fixer et à dominer les embestidas. L’animal est à peine piqué, sur ordre, en deux passages brefs et de peu de relief. Quite par chicuelinas et demi de Lorenzo. Molina débute la faena par doblones alternés et terminés par le haut, suivis par des doblones sur la corne droite en allongeant la charge avec douceur. Le trasteo droitier est poussif, le toro proposant des charges désordonnées et une tendance à vouloir abandonner le combat. Molina abandonne immédiatement la tentative à gauche. Le toro rajado ne permet rien. Entière contraria. Silence.
Le dernier FY cornivuelto charge la cape de Molina avec une tendance à rester sur l’extérieur de la toile. Le toro réagit mal au fer puis pousse sans classe par deux fois. Quite mobile et bousculé de Lorenzo. Brindis au public. Le trasteo débute au centre à genoux par deux cambios por la espalda. Debout le torero poursuit à droite avec des toques décollés et por fuera. Il recherche une position fuera de cacho, donc marginale, qui ne lui permet pas de dominer les embestidas. Sur la corne opposée il choisit la même technique et est mis en difficulté. La faena est décousue. Les séries s’additionnent à somme nulle. Une demi-lame tendida et atravesada est suivie de pinchazo et entière lorsque sonne l’avis.
René Arneodau