Madrid 26 Mai 2024 – 15ème de Feria de San Isidro – Le calvaire de la corrida mixte.

L’annonce d’une corrida mixte, dans les premières arènes du monde, soulève des doutes parmis les abonnés qui se demandent s’il vont y assister. Les motifs de ne pas le faire s’entrechoquent avec le désir de ne pas manquer un moment supérieur de toreo à pied. Ceux qui aujourd’hui ont opté pour ne pas assister ont eu raison. Cayetano s’est efforcé pour éviter la dérive et Ginés Marín s’est justifié dans une tentative inefficace à son second Montalvo. Quant à Diego Ventura, son show ne s’est jamais mis en place. Les toreros à pied s’opposaient à 4 toros de Montalvo manquant de classe et de race, et le rejoneador Diego Ventuyta à 2 toros de « El Capea » afeitados (*) et lourdauds. (*) le Règlement Taurin – Article 48 – stipule que les cornes des toros destinés au rejoneo peuvent être manipulées et réduites  sans que soit affectée la structure osseuse. (NDLR)

Diego Ventura affronte un premier de El Capea brocho et « afeité jusqu’aux oreilles » qui suit docilement les trajectoires du cheval. Cette présentation est indigne de n’importe quelle arène de renom. Nonobstant la production de toutes les suertes habituelles de son registre, le rejoneador n’évite pas la bronca finale lorsque la mort se fait lente. Palmas au toro et silence.

Le second de El Capea pour Diego Ventura suit avec lourdeur les suertes du rejoneador. La tendance du toro à se désintéresser du combat n’empêche pas Diego Ventura de produire des quiebros et changements de trajectoires qui font frémir le public d’un jour. Les pirouettes et les poses de banderilles à la croupe sont applaudies. Tous les effets sont employés à la faveur d’un public réceptif. Plusieurs pinchazos sont suivis d’une lame entière. Applaudissements et salut.

Cayetano est débordé par la charge brusque et véloce du premier de Montalvo. Le bicho force a menos sous deux piques dont il sort pensif. Le vent importune le quite tenté par Ginés Marín. Mobile au second tiers, le montalvo charge la muleta appliquée de Cayetano en doblones et passes par le haut. Mal à l’aise à droite. le torero passe à gauche où sa fébrilité est tout aussi évidente. Le trasteo se poursuit sans que le matador ne prenne la mesure d’une charge anodine. Pinchazo en passant au large et entière desprendida et atravesada. Descabello. Silence.

Le second de Cayetano met le torero sur la défensive avec une charge plutôt collaborative. Le toro s’éteint dans la carioca qui lui est prodiguée, puis se retire rapidement de la seconde rencontre. Quite superficiel de Ginés Marín par delantales. Brindis au public. Voulant gagner les faveurs du public, Cayetano fait un début de faena varié mais fébrile. Il tatonne dans les derechazos. La charge est vive et la muleta accrochée. Sur la corne gauche le torero est mis en danger. Le vent aggrave la situation et Cayetano abandonne le combat. Deux épées défectueuses portées à distance de bras, avec 2 avis. Silence.

Le premier montalvo de Ginés Marín est particulièrement veleto. Le matador dessine de bonnes véroniques, jambe en avant ou pieds joints, surtout sur la corne gauche. L’animal est indolent sous le fer d’abord, puis plus actif au second passage. Brindis au public. L’entame de faena est mouvementée à droite et la faiblesse du bicho un facteur négatif sur les deux cornes. À gauche, les muletazos sont plus fluides qu’à droite où un toque fort est nécessaire pour canaliser la charge. Peu à peu Ginés Marín arrive à lier des séries en maintenant sa position et en s’imposant par à coups face à une charge irrégulière. Un arrimón lui vaut les applaudissements du public. Avis. Une demi-épée est portée avec précaution. Un descabello. Palmas et salut.

Le dernier Montalvo est renvoyé aux corales pour faiblesse du train arrière. Le sobrero de José Vázquez accepte deux véroniques de Ginés Marín avant de se mettre à chercher la sortie du ruedo. Il pousse brièvement tête haute sous le fer, avant de se retirer du combat. Orienté, il refuse longuement la seconde pique qu’il ne subira que contraint. Au second tiers, la charge apparaît décomposée et le toro plutôt sur la défensive. Brindis à Curro Vazquez. Le matador attaque directement à gauche dans une série décousue. Sur la corne droite, il bouge entre les derechazos car l’animal est pensif entre chaque passe. Le matador essaye de tenir son terrain et arrive à enchaîner deux ou trois derechazos. C’est à gauche qu’advient la série la plus complète à base de zapatillazos pour provoquer la charge. Marín force alors à droite face à un animal qui freine en sortie de passe et en relevant la tête. Le matador insiste en longueur sur les deux cornes sans amélioration du résultat. L’effort est incontestable. Estocade tendida et caída.

René Arneodau

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