Valdemorillo 8 février 2026 – 3ème et dernière de Feria – Juan Ortega coupe deux oreilles au 5ème et renforce son cachet à la Candelaria. Pauvre corrida de Torrealta.

A guichets fermés se déroulait cette dernière corrida de Feria car l’affiche promettait et avait attiré de nombreux aficionados de Madrid et des provinces alentour. José Igacio Uceda Leal, le Madrilène, se présentait comme chef de cartel devant deux Sévillans, réputés artistes, Juan Ortega et Pablo Aguado. Les toros? venaient d’Andalousie  et leur sang devait être très dilué par toutes les pluies qui actuellement inondent tout le sud de l’Espagne. En effet, la pauvreté des produits de Torrealta, leurs hechuras et comportement, sans caste ni force, doit être soulignée. La faute en incombe à l’empresa et aux veedores pour avoir sélectionné des toros impropres à la place de Valdemorillo, de 3ème catégorie, certes, mais à quelques lieues de Madrid dont la majorité des aficionados venaient de la capitale por cette belle affiche. La variété des robes des torrealta cachait leur indigence. En réalité, tous venaient tout juste de passer les quatre ans… à un ou deux mois près.  La suerte de varas, inexistante, n’était même pas protestée sauf lorsque le picador s’appuyait un peu trop sur la pique…

Juan Ortega signait de loin le meilleur de l’après-midi aussi bien à la cape qu’à la muleta,  au toro, le 5ème, castaño de robe et brocho de cornes mais ancho de sienes. Ce toro avait du ressort de telle sorte que, n’étant pas quasiment piqué, il conservait un certain allant au deuxième tiers et à la muleta sans pour autant avoir une charge de grande qualité. Un toro medio comme aiment le réclamer ganaderos et toreros, c’est à dire sans difficultés, ni bon ni mauvais… Les bonnes véroniques, un quite par chicuelinas, de trois-quarts, furent la meilleure entrée en matière à la cape. Les passes hautes aidées, très toreras, composaient le début de la faena pour aussitôt de la main gauche dessiner des naturelles "protestées" par le toro. La série qui suivait, de derechazos et remates par molinete étaient d’un grand niveau, la suivante plus réunie et liée, torero vertical et le toro “humilié”, avec pour remate la  passe de poitrine genou en terre et desplante. De nouveau, de la gauche, mais en direction de la querencia du toril, le toro se désunissait et il fallait revenir dans un terrain plus favorable pour des passes de mise en suerte, en mouvement mais de la même élégance que lors des passes fondamentales. L’entrée a matar, lente, épée et muleta synchrones, estocade presque parfaite, desprendida, le toro était blessé à mort. Deux oreilles. Une seule aurait suffi. La fougue du 2ème à sa sortie retombait après une seule pique rechargée et le bicho se déplaçait juste pour ne pas chuter. Dans ces conditions, malgré le style et l'élégance des gestes de Juan Ortega, la faena perdait tout intérêt. Un pinchazo tendido et une estocade desprendida en terminait avec ce toro insipide.

   

José Ignacio Uceda Leal recevait à la cape son premier, courtaud et peu encorné, qui sautait dans le leurre, les pattes en avant. Â la muleta, l’absence de force et de charge du toro, au tanteo, se confirmait dès que les passes l’obligeaient à charger. Des pinchazos  et une épée entière portée en allongeant le bras. Silence. Sortait un toro jabonero, corne gauche abîmée, pour des véroniques quelconques d'Uceda Leal avant de recevoir une pique seulement pointée et aussitôt relevée. La charge descompuesta  dans les passes hautes du tanteo n’auguraient rien de bon. Uceda Leal maintenait le bicho sur pattes. On notait une bonne naturelle, unique dans un ensemble de passes non terminées. Un trois-quarts de lame suffisait pour coucher le bestiau. La vuelta al ruedo du Madrilène ne s’imposait pas!

Pablo Aguado n’était pas plus heureux. Le 2ème de Torrealta, un burraco désigné par erreur comme cárdeno, était accueilli par de bonnes véroniques cadencées et amené vers le centre du ruedo. À la muleta, la corne droite semblait meilleure que la gauche… À mi-hauteur, sans codicia, le toro se déplaçait dans des charges fatiguées. Pablo Aguado “perdait” des pas pour "citer" le toro qui fléchissait des pattes avant… Un pinchazo hondo, planté bas et oblique suffisait! La malchance poursuivait le Sévillan au 6ème qui, malgré ses hechuras de toro fait, ne supportait pas le contact sous la pique. Des signes inéquivoques de mansedumbre étaient aggravés par des chutes répétées. Des tentatives à l’èpée avant de planter un pinchazo hondo mettaient un terme à cette corrida décevante mais aussi impropre d’un cartel aussi attractif.

José Ignacio Uceda Leal:  silence; vuelta. Juan Ortega: silence; deux oreilles et sortie a hombrosPablo Aguado: silence aux deux. Iván García, de la cuadrilla de Pablo Aguado, saluait pour deux paires de banderilles spectaculaires au 6ème. Gradins et callejón garnis de personalités du mundillo et la politique. Lleno total.

Georges Marcillac,

Photos de mundotoro.com

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