L’annonce du décès d’un personage du monde taurin n’est en soi qu’une circonstance, hélas de tous les jours, qui alimente la rubrique nécrologique des médias et en l’occurrence des sites web taurins. Celui de Ricardo Ortiz n’est pas banal car hier, Vendredi Saint, il recevait une cogida qui s’avérait mortelle d’un des toros de El Pilar ou de Puerto de San Lorenzo qui seront combattus cet après midi à la Malagueta pour la traditionnelle corrida picassiana. En effet, c’est sans doute au cours du débarquement et premier reconocimiento, en préparation de la corrida d’aujourd’hui, que l’ex-matador, employé comme corralero de Lances de Futuro empresa des arènes de Málaga, procédait aux opérations de maniement des toros dans les corrales et était surpris par l’un d’entre eux qui lui portait un coup de corne fatal.
Ce tragique accident permet de rappeler qu’un toro brave est un animal estrêmement dangereux et qu’en dehors de son habitat habituel il peut réagir violemmet et charger l’intrus comme cela c’est produit hier… C’est en tout cas un nouvel exemple et avertissement des risques que l’on encours face à un toro que certains ont tendance à assimiler à un “brave” animal domestique.
Ricardo Ortiz, né à Málaga en 1974, fut un novillero puntero des années 90 et vainqueur du célèbre Zapato de Oro de Arnedo en 1991. Il prenait l’alternative en 1994 à Quito (Equateur) des mains de Miguel Arroyo “Joselito”. Issu d’une famille éminemment taurine, il était le fils de Manolo Ortiz (1951-2021) matador de toros, ensuite banderillero qui forma avec son frère Pepe Ortiz et Curro Álvarez la fameuse “Cuadrilla del Arte” avec le matador Miguel Márquez (1946-2007) et d’autres figuras de l’époque (années 80) dans les arènes de la Casa Chopera. Ricardo Ortiz vécut des hauts et des bas dans sa carrière, en particulier il eut des déboires avec la justice pour possession de drogue et passait sept mois en prison… Il reprenait l’épée en 2003…
Ce triste évènement m’amène à conter une expérience personnelle vécue avec Ricardo Ortiz. La Peña de Lutèce – parisienne, donc – dont j’étais membre, eut l’idée et surtout l’opportunité d’organiser dans le vlllage de Saint-Gein, près de Villeneuve de Marsan, trois novilladas sans picadors en 1989, 90 et 91. Déjà résident à Madrid, je fus mandaté, pour la dernière du 3 août 1991, d’engager les novilleros et surtout de visiter des élevages pour la sélection des erales. En qualité que veedor... amateur, mon choix se portait sur les erales de “Las Cañadas” une ganadería de la province de Ciudad Real, d’origine Samuel Flores. Entre temps, je prenais contact avec Manolo Ortiz pour engager son fils Ricardo. Celui-ci devait toréer en nocturne à Málaga le 2 août. Il arrivait à Saint-Gein juste avant le paseíllo et terminait de s’habiller dans la Mercedes qui avait roulé toute la nuit et le matin pour arriver à l’heure dans Les Landes! Le cartel était composé de Ricardo Ortiz, Paco Cervantes, novillero d’Alicante et fils d'un banderillero de Nimeño II et David Saugar “Pirri” de l’école taurine de Madrid et de la dynastie des “Pirri”. Ces jeunes toreros ne purent vraiment pas briiller face à des erales un peu compliqués…. mais de belles hechuras… puisque c’est moi qui les avait choisis… dont un trop important aux dires des cuadrillas et je dus contacter en urgence un picador avec sa monture heureusement disponibles à Villeneuve de Marsan où était programée une novillada l’après-midi même. Tout une aventure!!
Ricardo Ortiz – 1974-2026 – R.E.P.
Georges Marcillac